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Côte d’Ivoire : Six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal, les préfets mis au défi

Photo : Les autorités gouvernementales et préfectorales ivoiriennes en famille, à Yamoussoukro, ce samedi 5 septembre


En Côte d’Ivoire, la lutte contre l’orpaillage illégal franchit un nouveau cap. Les autorités préfectorales se sont engagées à œuvrer à l’éradication du phénomène dans un délai de six mois dans leurs circonscriptions administratives respectives. Un engagement pris à l’issue de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, tenu du 3 au 5 septembre, à Yamoussoukro.

Six mois pour passer à l’offensive

Le message est désormais clair : le corps préfectoral entend accélérer la lutte contre l’orpaillage illégal sur le terrain. Réunis à Yamoussoukro, les Préfets de Région ont pris l’engagement d’œuvrer à l’éradication de ce phénomène dans un délai de six mois au sein de leurs circonscriptions respectives. Présidé par Fidèle Sarassoro, ministre, secrétaire exécutif du Conseil National de Sécurité (CNS), cet atelier a réuni dans la capitale ivoirienne plusieurs acteurs majeurs de la lutte contre cette activité clandestine, notamment les ministres de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, ainsi que des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques. L’objectif de cette rencontre était de parvenir à une meilleure harmonisation des mécanismes d’intervention et de renforcer l’efficacité de l’action publique face à un phénomène qui constitue une menace à la fois environnementale, économique et sécuritaire.

Les préfets en première ligne

Au cœur du dispositif, le corps préfectoral occupe une position stratégique. En première ligne dans la mise en œuvre de l’action de l’État au niveau territorial, les préfets sont directement confrontés aux réalités de l’orpaillage clandestin. Les Préfets de Région ont ainsi partagé leurs expériences de terrain, exposé les difficultés rencontrées dans leurs circonscriptions et formulé des propositions destinées à améliorer la coordination, la rapidité et l’efficacité des interventions. L’ambition affichée est de passer d’une logique d’interventions ponctuelles à un dispositif davantage anticipatif, coordonné et permanent.

Renseignement, drones et surveillance renforcée

Parmi les priorités identifiées figure le renforcement du renseignement, de l’alerte et de la surveillance. Il s’agit notamment de détecter rapidement les nouvelles installations clandestines afin d’empêcher leur implantation durable. Le préfet de l’Indénié-Djuablin, Kouadio Kouassi Eugène, a illustré cette approche par l’utilisation de drones dans son département. « Pour prévenir ce phénomène, un dispositif de surveillance par drones a été mis en place. Ces appareils survolent le département au moins une fois par semaine afin de détecter toute nouvelle installation et de faire remonter rapidement les informations aux autorités. », a-t-il expliqué. Une expérience qui témoigne de la volonté des autorités territoriales de miser davantage sur les nouvelles technologies pour renforcer la surveillance des zones exposées.

Coordination et sanctions au cœur du dispositif

Pour concrétiser l’engagement des Préfets de Région, plusieurs actions prioritaires ont été identifiées. Elles concernent notamment l’amélioration de la coordination territoriale, le renforcement des capacités opérationnelles et l’application effective des sanctions. L’enjeu est également d’accélérer la circulation de l’information entre les différents services impliqués afin de permettre des interventions plus rapides contre les sites clandestins. Car pour les autorités ivoiriennes, la lutte ne saurait se limiter à la fermeture des sites. Elle doit également s’accompagner d’un dispositif permettant d’empêcher leur réouverture et de sanctionner effectivement les responsables.

Réhabiliter les terres détruites

Autre recommandation majeure issue de l’atelier : la réhabilitation et la restauration des sites affectés par l’orpaillage illégal. Les participants ont notamment préconisé de s’appuyer sur les programmes de Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (THIMO) pour accompagner la restauration des espaces dégradés et offrir des perspectives aux populations concernées. La dimension environnementale de cette lutte apparaît d’autant plus importante que l’exploitation clandestine entraîne une dégradation des terres et une pollution des ressources en eau.

Une coopération renforcée avec les pays voisins

La Côte d’Ivoire entend également renforcer sa coopération avec les pays frontaliers. Les participants ont recommandé la mise en place d’initiatives conjointes, particulièrement pour lutter contre la pollution des cours d’eau partagés. Cette approche transfrontalière apparaît essentielle face à un phénomène qui ne s’arrête pas aux frontières administratives et nationales.

« Notre pays ne peut tolérer » : Sarassoro hausse le ton

Pour Fidèle Sarassoro, le succès de cette nouvelle stratégie reposera toutefois sur plusieurs exigences : les moyens mobilisés, la discipline collective, la rigueur dans la coordination, la célérité dans la prise de décision et surtout la fermeté dans l’application des sanctions. Le secrétaire exécutif du CNS a livré un message sans ambiguïté aux acteurs de l’orpaillage illégal. « Notre pays ne peut tolérer que des individus ou des réseaux organisés, au mépris de nos lois, dégradent nos terres, polluent nos cours d’eau, détruisent nos forêts et compromettent l’avenir de nos enfants. », a-t-il déclaré. Avec l’engagement pris par les autorités préfectorales, les six prochains mois seront donc décisifs. La Côte d’Ivoire que dirige Alassane Dramane Ouattara depuis bientôt 20 ans veut désormais mesurer la lutte contre l’orpaillage illégal non plus seulement à l’aune des opérations menées, mais à celle de la disparition effective des installations clandestines dans les circonscriptions concernées. Le compte à rebours est lancé.

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