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AIST à Cotonou : La BOAD de Serge Ekué en première ligne pour transformer les milliards verts en projets

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à Lomé, jeudi 11 juin


Partenaire de l’organisation du 17e colloque international de l’Association Internationale des Services du Trésor (AIST), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) n’est pas un acteur périphérique des débats ouverts à Cotonou. Dans un contexte où les experts appellent à faire parvenir la finance climatique jusqu’aux territoires, l’institution basée à Lomé, dirigée par le béninois Serge Ekué, se retrouve au cœur d’un enjeu stratégique : transformer les engagements financiers en réalisations concrètes. Un défi qui fait directement écho aux BOAD Development Days.

À Cotonou, les discussions sur les finances publiques au service de l’impératif environnemental ne sont pas restées cantonnées aux salles de conférence de Sofitel Marina de Cotonou. Elles renvoient directement à une question devenue centrale pour les États ouest-africains : comment transformer les milliards mobilisés pour le climat en projets réellement visibles dans les territoires ? Dans cette bataille, un acteur régional apparaît incontournable : la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). Partenaire du colloque de l’AIST, l’institution financière régionale basée à Lomé est déjà engagée sur le terrain du financement durable. Sous la présidence de Serge Ekué, la Banque revendique notamment une ambition de contribuer à l’intégration et à la transformation durable de l’Afrique de l’Ouest, avec la résilience au changement climatique parmi ses axes stratégiques.

Le « dernier kilomètre » : là où la BOAD est attendue

Lors de la première table ronde du colloque, consacrée au passage de l’engagement international à l’action publique, Luc-Marie Constant Gnacadja, ancien ministre de l’Urbanisme, maire de Cotonou et président de l’ANCB, a posé une question qui résonne particulièrement avec la mission des banques de développement. Son constat : les instruments internationaux existent, les conventions sont nombreuses et les mécanismes de financement également. Mais le véritable problème se situe au niveau du « dernier kilomètre », celui qui sépare les instruments internationaux des territoires. L’ancien ministre est allé plus loin en interpellant directement les institutions financières internationales et multilatérales.

« Si vous mobilisez et que vous ne décaissez pas, c’est un indicateur de contre-performance pour vous. »

Cette phrase résume l’un des grands défis de la finance climatique africaine. Car annoncer des milliards ne suffit plus. Il faut les transformer en infrastructures résilientes, en projets énergétiques propres, en agriculture durable, en systèmes d’assainissement, en protection des côtes, en aménagement urbain adapté et en solutions concrètes pour les populations.

La BOAD face à son propre défi

C’est précisément sur ce terrain que la BOAD peut jouer un rôle majeur. L’institution régionale est déjà accréditée auprès de trois grands fonds de financement climatique : le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), le Fonds d’adaptation et le Fonds vert pour le climat. Elle dispose également d’une expérience dans le développement et le financement de projets liés au climat. La question n’est donc plus seulement de savoir si la BOAD dispose des instruments. La question est désormais celle de l’impact.

  • Comment accélérer le passage de la mobilisation financière au décaissement ?
  • Comment permettre aux États et aux collectivités d’accéder plus rapidement aux ressources ?
  • Comment faire émerger davantage de projets bancables ?
  • Comment faire en sorte que la finance climatique atteigne effectivement les territoires les plus exposés ?

Autant de questions qui placent la Banque de développement régionale au centre du débat ouvert à Cotonou.

Quand les « BOAD Development Days » résonnent à Cotonou

Le maire de Cotonou n’a d’ailleurs pas manqué de faire référence aux BOAD Development Days au cours de son intervention. Cette référence n’est pas anodine. La première édition de cette initiative, organisée en juin 2025, avait justement été consacrée au « Financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunités et solutions ». La BOAD présentait alors les Development Days comme un forum d’échanges et un catalyseur d’actions concrètes pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Le rapprochement avec le colloque de l’AIST apparaît donc évident. À Cotonou, les Trésors publics réfléchissent à la manière d’intégrer l’impératif environnemental dans la gestion des finances publiques. À Lomé, la BOAD travaille précisément sur les mécanismes permettant de financer le développement, la transition énergétique et la résilience climatique. Deux approches, un même impératif : faire passer l’argent du climat de la promesse à l’action.

Serge Ekué et la bataille du financement durable

Sous l’impulsion de son président Serge Ekué, la BOAD a renforcé son positionnement sur les financements durables et les partenariats destinés à accroître sa capacité d’intervention. En 2025, la Banque avait approuvé 935,8 milliards de FCFA de financements pour 64 projets structurants dans l’UEMOA et mobilisé 1 522 milliards de FCFA de ressources, selon ses données institutionnelles. Elle a également poursuivi le développement d’instruments destinés à soutenir la résilience et la transformation durable de la région. En 2026, la dynamique se poursuit. La BOAD a notamment renforcé ses partenariats dans des secteurs liés à l’énergie, à l’agriculture, aux ressources naturelles et aux financements innovants. Le défi posé à Cotonou rejoint donc directement celui auquel la Banque est confrontée : comment faire davantage avec les ressources disponibles et surtout comment rapprocher la finance des besoins réels des populations ?

De Lomé à Cotonou, une même bataille

Le colloque de l’AIST offre ainsi une vitrine particulière à la BOAD. L’institution n’est pas simplement un partenaire financier d’un événement consacré aux finances publiques et à l’environnement. Elle est elle-même un instrument régional de transformation économique. Et le message lancé par Luc Gnacadja peut être lu comme une interpellation adressée à tout l’écosystème du financement du développement : les milliards mobilisés ne valent que par leur capacité à produire des résultats. Pour la BOAD de Serge Ekué, le défi est donc considérable : contribuer à faire franchir à l’Afrique de l’Ouest ce fameux « dernier kilomètre ». Car demain, la performance d’une banque de développement ne se mesurera plus seulement au volume des financements approuvés. Elle se mesurera aussi au nombre de territoires transformés, de populations protégées et de projets verts effectivement réalisés. Dans la capitale économique béninoise, le débat est lancé. Et la BOAD, depuis son siège de Lomé, se trouve désormais au premier rang pour y répondre.

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