Photo : Le Secrétaire Général sortant de l’ONU, Antonio Guterres, à New-York
À l’occasion de sa dernière intervention en tant que Secrétaire général des Nations Unies devant l’Assemblée générale, Antonio Guterres, dont le mandat s’achève dans quelques jours, a de nouveau placé la réforme du Conseil de sécurité au cœur de son message. Dans son adresse à la 81e session de l’Assemblée générale, qui se tient à New-York, il a dénoncé la sous-représentation persistante de l’Afrique au sein de l’organe chargé de la paix et de la sécurité internationales, estimant que cette situation est « injuste et indéfendable ».
« L’Afrique doit être à la table »
Pour Antonio Guterres, la réforme des institutions internationales est devenue incontournable afin de mieux refléter les réalités géopolitiques contemporaines. Il a notamment insisté sur la nécessité de rendre le Conseil de sécurité « plus représentatif » et davantage en phase avec les équilibres actuels du monde. « L’Afrique doit être à la table, pas au menu. », a lancé le Secrétaire général, soulignant qu’après huit décennies, le continent, qui compte le plus grand nombre d’États membres de l’ONU et constitue un acteur majeur des opérations de maintien de la paix, demeure sans représentation permanente au Conseil de sécurité. Cette situation, selon lui, ne peut plus être prolongée indéfiniment. Guterres estime que mettre fin à cette sous-représentation relève à la fois de la justice, de l’équité et de la crédibilité même de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Une réforme devenue un enjeu de crédibilité
Le Conseil de sécurité compte actuellement 15 membres, dont cinq permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Les dix autres membres sont élus pour des mandats de deux ans. Aucun État africain ne figure parmi les cinq membres permanents. La composition actuelle du Conseil est régulièrement critiquée pour son décalage avec les réalités du monde contemporain. Pour Guterres, cette réforme ne concerne donc pas uniquement l’Afrique : elle participe d’une transformation plus large de la gouvernance mondiale. Le Secrétaire général a ainsi apporté son soutien aux négociations intergouvernementales conduites sous l’égide de l’Assemblée générale afin de rendre le Conseil plus représentatif, plus transparent et davantage conforme aux réalités géopolitiques actuelles.
La revendication africaine déjà structurée
La demande africaine ne se limite pas à une déclaration politique. Dans le cadre des négociations sur la réforme du Conseil de sécurité, la position africaine défendue par le groupe africain prévoit notamment au moins deux sièges permanents pour des États africains, ainsi qu’une augmentation du nombre de sièges non permanents attribués au continent. La position africaine prévoit également que, si le droit de veto est maintenu, les nouveaux membres permanents africains puissent en bénéficier. Cette revendication s’inscrit dans le cadre du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, qui constituent depuis plusieurs années les principales références de la position commune africaine sur la réforme du Conseil de sécurité.
Un dernier plaidoyer avant la fin de son mandat
Pour Antonio Guterres, cette prise de position intervient alors qu’il achève son mandat à la tête des Nations Unies. Elle s’inscrit dans la continuité de ses appels répétés à une réforme de l’architecture de la gouvernance mondiale. Quelques jours plus tôt, il avait déjà plaidé pour une transformation des institutions internationales héritées de l’après-Seconde Guerre mondiale, estimant que le nouvel équilibre mondial impose une réforme du Conseil de sécurité. Son dernier passage devant l’Assemblée générale donne ainsi une portée particulière à son appel : après près d’une décennie à la tête de l’ONU, Guterres laisse parmi ses principaux plaidoyers celui d’une Organisation davantage représentative des réalités du XXIe siècle. Reste désormais la question essentielle : les États membres transformeront-ils cette volonté politique en réforme concrète du Conseil de sécurité ? La réponse n’est pas à la rédaction differenceinfobenin.com du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo. Le processus de négociation devra encore surmonter les divergences entre États sur le nombre de nouveaux sièges, leur statut et surtout la question du droit de veto. Wait and see, dit-on à New-York.


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