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Burkina Faso : Ibrahim Traoré inaugure la première raffinerie d’or du pays et frappe un grand coup

Photo :  Le président du Faso, Ibrahim Traoré, à Ouagadougou, ce lundi 28 septembre


Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa volonté de maîtriser davantage la chaîne de valeur de ses ressources minières. Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a présidé, ce lundi 28 septembre, à Ouagadougou, la cérémonie officielle d’inauguration de la Raffinerie d’or du Burkina Faso (RAFFINOR-BF), présentée comme la première raffinerie d’or construite sur le territoire national. Réalisée pour un coût de plus de 11 milliards de francs CFA sur fonds propres de l’État burkinabè, cette infrastructure doit permettre au pays de transformer une partie de son or sur place, plutôt que d’exporter systématiquement la matière première pour son affinage.

Une infrastructure dédiée à la transformation de l’or

Érigée sur une superficie de 5 hectares, RAFFINOR-BF comprend notamment un bâtiment administratif, une unité industrielle, un magasin de stockage, un restaurant ainsi qu’un terrain de sport. Pour les autorités burkinabè, la mise en service de cette infrastructure traduit une volonté de faire évoluer le secteur minier, en passant progressivement d’un modèle essentiellement fondé sur l’extraction et l’exportation des matières premières à une approche intégrant davantage de transformation locale. Lors de la cérémonie, le capitaine Ibrahim Traoré a souligné la portée stratégique de cette réalisation. « L’inauguration de cette usine est un symbole fort. Qu’il s’agisse de l’or, du manganèse, du cuivre, du zinc ou de tous autres métaux, notre ambition n’est plus d’être juste un pays qui extrait et qui amène sa matière première dehors, nous voulons affiner tous nos métaux sur place. », a déclaré le président du Faso.

Une capacité d’affinage appelée à augmenter

Le directeur général de RAFFINOR-BF, Adama Sawadogo, a indiqué que l’usine est dotée d’équipements modernes, fermés et automatisés, conçus pour assurer une exploitation propre. L’installation a également été pensée de manière modulaire, avec la possibilité d’ajouter de nouvelles lignes d’affinage à celles déjà installées. Selon le directeur général, la première phase offre une capacité théorique d’affinage de 164 tonnes d’or par an. La deuxième phase doit permettre de porter cette capacité théorique à 515 tonnes par an, faisant de l’extension progressive de l’outil industriel un élément important de la stratégie burkinabè de transformation locale.

Produire, mais surtout maîtriser toute la chaîne de valeur

Pour le président Ibrahim Traoré, l’objectif dépasse la seule transformation de l’or. Il s’agit de parvenir à une maîtrise progressive de l’ensemble de la chaîne de valeur minière. « Tout ce qui est industrie extractive, nous voulons avoir toute la chaîne de valeur sur place et nous commençons par l’or. », a-t-il déclaré, ajoutant que le Burkina Faso entend également valoriser d’autres ressources présentes dans son sous-sol. Le chef de l’État a ainsi cité notamment le manganèse, le cuivre et le zinc, tout en réaffirmant la volonté des autorités de ne plus limiter leur ambition à l’extraction des ressources.

  • De l’or brut aux lingots à 99,99 %

Le ministre chargé des Mines, Yacouba Zabré Gouba, a présenté RAFFINOR-BF comme la première raffinerie d’or du Burkina Faso construite selon les normes internationales les plus élevées pour la transformation du doré en lingots d’or d’une pureté de 99,99 %. À ses yeux, l’affinage sur le territoire national devrait permettre de créer davantage de valeur autour de la production aurifère, tout en renforçant la maîtrise et la traçabilité du secteur. « L’affinage de l’or sur notre territoire permettra de créer plus de richesses, de générer des emplois qualifiés, de renforcer la traçabilité de notre production et d’améliorer le contrôle des flux financiers. », a expliqué le ministre.

Un outil contre les pratiques illicites

Au-delà de la transformation industrielle, le gouvernement burkinabè mise également sur la raffinerie pour renforcer la surveillance des circuits de commercialisation de l’or. Selon Yacouba Zabré Gouba, la transformation locale devrait contribuer à lutter plus efficacement contre certaines pratiques illicites, notamment la fraude, le commerce clandestin et le blanchiment de capitaux. Le ministre a également insisté sur la nécessité de concilier exploitation des ressources naturelles, protection de l’environnement et justice sociale. « Les richesses naturelles doivent contribuer à améliorer les conditions de vie du peuple dans le respect de l’environnement, de la justice sociale et dans l’intérêt des générations futures. », a-t-il déclaré.

La jeunesse au cœur de la souveraineté industrielle

Pour les autorités burkinabè, la souveraineté minière ne saurait toutefois se limiter à la possession d’une infrastructure industrielle. Elle doit également reposer sur la disponibilité de compétences nationales capables d’exploiter, d’entretenir et de développer les équipements. Le ministre Zabré Gouba souhaite ainsi que RAFFINOR-BF devienne également un véritable centre de développement des compétences. _« Cette infrastructure devra également devenir une école de compétences pour notre jeunesse. »_, a-t-il affirmé, estimant que la souveraineté consiste aussi à être capable de faire fonctionner l’outil industriel, de l’entretenir, de l’améliorer et, à terme, d’en concevoir d’autres. Avec l’inauguration de RAFFINOR-BF, le Burkina Faso affiche ainsi une nouvelle ambition dans la valorisation de ses ressources minières : extraire, transformer et maîtriser davantage la chaîne de valeur sur son propre territoire.

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