Photo : Les autorités ivoiriennes et les partenaires sociaux en face à face, à Abidjan-Plateau, mercredi 30 septembre
Le gouvernement ivoirien et les partenaires sociaux veulent maintenir le dialogue comme principal cadre de règlement des préoccupations des travailleurs. Réunis mercredi 30 septembre, à Abidjan-Plateau, à l’occasion de la grande rentrée du dialogue social, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les négociations, dans la perspective d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires et agents de l’État. Le gouvernement présente cette démarche comme un levier de paix sociale et de consolidation de la trêve sociale 2022-2027.
Un engagement renouvelé autour du dialogue
La rencontre était présidée par Anne Désirée Ouloto-Lamizana, ministre d’État, ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration. Elle avait à ses côtés Pierre N’Gou Dimba, ministre de la Santé, N’Guessan Koffi, ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Louis Moulot, ministre délégué chargé de l’Enseignement Technique, ainsi que N’Dèye Coumba Diop, Directrice Pays du Bureau International du Travail (BIT). Du côté des travailleurs, Soro Mamadou a porté la voix des partenaires sociaux, notamment du G8 et des syndicats de fonctionnaires et agents de l’État. Pour Anne Désirée Ouloto-Lamizana, la disponibilité exprimée par les organisations syndicales constitue un signal en faveur de la poursuite des discussions. Elle a salué leur volonté « d’écouter, de négocier, de proposer » et de rechercher les compromis nécessaires lorsque l’intérêt général l’exige. La ministre a souhaité que cette dynamique permette non seulement de préserver la paix sociale, mais également d’en approfondir durablement les fondements.
La question des primes reste sur la table
Parmi les dossiers suivis par les partenaires sociaux figure la question de l’extension des primes à l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’État. Sur ce point, Anne Désirée Ouloto-Lamizana a indiqué que le dossier reste en cours d’instruction. Une étude a notamment été réalisée pour éclairer les pouvoirs publics, mais ses conclusions ne constituent pas, à elles seules, une décision gouvernementale. « Les arbitrages viendront en leur temps et, lorsqu’ils auront été rendus, l’information officielle sera donnée avec toute la clarté et toute la responsabilité qu’exige un sujet de cette importance. », a-t-elle déclaré. Le gouvernement maintient ainsi le dossier dans le cadre de la concertation, sans annoncer à ce stade de décision définitive sur les primes.
Trois rendez-vous annoncés pour octobre et novembre
Pour donner une nouvelle impulsion aux mécanismes de concertation, plusieurs échéances ont été annoncées. Le Comité consultatif de la Fonction publique doit se réunir le 15 octobre 2026. Les Comités sectoriels de dialogue social doivent, pour leur part, reprendre leurs travaux au cours du mois d’octobre dans les différents départements ministériels. Enfin, le Comité de dialogue social dans la Fonction publique doit tenir une réunion au mois de novembre. Ces différents cadres doivent permettre de poursuivre l’examen des préoccupations des travailleurs et de favoriser le règlement concerté des dossiers en suspens.
Le G8 réaffirme sa disponibilité à négocier
Prenant la parole au nom des partenaires sociaux, Soro Mamadou a réaffirmé l’engagement du G8 à privilégier la négociation et le dialogue social. Le G8 regroupe l’UGTCI, la CISL Dignité, la FESACI-CG, l’UNATRCI, HUMANISME, la CS-PFN, l’ITCI et la COSYFOP, les huit organisations signataires de la trêve sociale 2022-2027. Selon Soro Mamadou, le niveau atteint par le dialogue social permanent ne laisse d’autre voie que la poursuite de la négociation. Les organisations syndicales se disent disposées à écouter, proposer, prendre leurs responsabilités et faire des concessions lorsque l’intérêt général l’exige, tout en défendant les intérêts des travailleurs.
L’après-2027 déjà en ligne de mire
Cette relance du dialogue intervient alors que la trêve sociale conclue pour la période 2022-2027 approche de son échéance. Les discussions permettent notamment de faire le point sur les engagements pris, les acquis enregistrés et les dossiers encore en instance, tout en préparant la prochaine étape du dialogue social. À cette occasion, les responsables syndicaux ont également rendu hommage au président Alassane Ouattara pour les revalorisations salariales et les différentes mesures sociales en faveur des fonctionnaires et agents de l’État, actifs comme retraités. Entre revendications, négociations et calendrier de concertation, le gouvernement et les partenaires sociaux affichent ainsi leur volonté de maintenir le dialogue au cœur des relations professionnelles dans la Fonction publique ivoirienne.




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