Photo : Le ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Sévon-Tépé Kodjo Adedze, à Lomé, jeudi 11 juin
Faire du logement décent une réalité pour tous. À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Habitat (JMH), célébrée, lundi 5 octobre, le Togo remet au centre du débat la question du logement, mais aussi celle du cadre de vie et de la transformation de ses villes. Dans son message, le ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Sévon-Tépé Kodjo Adedze, insiste sur une conviction : un logement ne saurait être réduit à quatre murs et un toit. Il doit s’inscrire dans un environnement organisé, sûr, accessible et adapté aux besoins des populations.
« Un logement décent pour tous »
Le thème international de cette 41e édition de la Journée Mondiale de l’Habitat, « Un logement décent pour tous », prend une résonance particulière dans un contexte d’urbanisation rapide. Pour le gouvernement togolais, l’enjeu est désormais de conjuguer production de logements, aménagement du territoire, équipements urbains, infrastructures et qualité du cadre de vie. Sous l’impulsion des autorités togolaises, le ministère entend ainsi poursuivre les actions visant à développer une offre de logements accessible et abordable tout en anticipant les défis liés à l’évolution des villes.
Kpomé-Dalavé, la nouvelle ville qui veut changer l’échelle
Au cœur de cette stratégie figure le projet de nouvelle ville de Kpomé-Dalavé, développé sur 1 177 hectares. Le projet doit constituer une nouvelle polarité urbaine, avec des logements décents à coût abordable et des équipements nécessaires à un cadre de vie organisé, inclusif et durable. L’objectif affiché est de contribuer à désengorger les espaces urbains existants tout en offrant une alternative planifiée à l’expansion urbaine.
Lomé veut se renouveler et se densifier
Parallèlement, l’exécutif togolais poursuit la transformation de la capitale à travers le Projet de Renouvellement Urbain de Lomé (PRU). Le projet vise notamment une meilleure organisation des espaces urbains, le développement d’une offre de logements adaptée aux besoins locaux et la réalisation d’infrastructures destinées à améliorer le cadre de vie. Autre ambition : faire émerger une filière nationale de matériaux locaux de construction, afin de renforcer les capacités nationales et de favoriser une production plus adaptée aux réalités du pays. Cette orientation rejoint d’autres initiatives déjà engagées. En juin 2026, une usine de préfabrication de tuyaux bas carbone a notamment été inaugurée à Adétikopé, dans le cadre du projet RAINE consacré à l’assainissement et à la résilience face aux effets du changement climatique.
Le logement, une responsabilité collective
Le ministre rappelle cependant que la question du logement ne peut relever du seul État. Collectivités territoriales, architectes, urbanistes, constructeurs, promoteurs immobiliers, institutions financières, société civile, partenaires techniques et financiers et citoyens sont appelés à conjuguer leurs efforts. L’objectif est de favoriser une offre plus diversifiée, accessible et de qualité, mais aussi d’améliorer les quartiers existants et de construire de nouvelles villes capables de répondre aux besoins des générations présentes et futures.
Trois rendez-vous pour prolonger la réflexion
La célébration de la Journée Mondiale de l’Habitat ne s’arrête pas au message ministériel. Le lundi 5 octobre, une conférence-débat organisée au Centre UniPod de l’Université de Lomé a notamment porté sur le logement convenable, l’urbanisation durable et la sécurisation foncière. Ce jeudi 8 octobre, l’Ordre National des Architectes du Togo doit tenir une conférence de presse à la salle CEDEAO du CASEF. Enfin, les 14 et 15 octobre, la Commission d’Inspection des Travaux de Construction doit poursuivre ses visites dans les communes ciblées afin de renforcer le contrôle des travaux et la sensibilisation au respect des règles de construction et de sécurité.
Construire autrement
À travers ces différentes initiatives, le Togo entend inscrire la question du logement dans une vision plus large de transformation urbaine. Pour le ministre Sévon-Tépé Kodjo Adedze, l’enjeu est désormais de faire en sorte que l’objectif international du « logement décent pour tous » dépasse le cadre d’un thème annuel pour devenir progressivement une réalité dans les territoires. De Kpomé-Dalavé au renouvellement de Lomé, le défi est donc double : produire davantage de logements accessibles et construire des villes mieux organisées, plus inclusives et plus résilientes.


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