Photo : Les éléments de la Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention (BSSI) du ministère ivoirien à Abidjan, ce mardi 6 octobre
La Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention (BSSI) du ministère ivoirien des Eaux et Forêts affiche des résultats significatifs dans la lutte contre les atteintes aux ressources naturelles. Cette unité spécialisée à vocation opérationnelle a dressé 1048 procès-verbaux et déféré 555 personnes devant les juridictions compétentes, selon les chiffres communiqués, ce mardi 6 octobre, à Abidjan. Ces données ont été rendues publiques par la Directrice de cabinet du ministère des Eaux et Forêts, le conservateur général Elvire Joëlle Zouzou, épouse Mailly, lors de la tribune d’échange hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS), organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG).
Trois fronts majeurs pour la BSSI
Les opérations menées par la Brigade concernent principalement trois domaines : l’orpaillage illégal, le sciage illégal du bois et la criminalité faunique. Sur le terrain, l’unité intervient notamment pour identifier les activités clandestines, procéder aux interpellations et saisir les équipements ou produits issus de ces pratiques, en lien avec les services compétents.
Orpaillage illégal : 475 personnes déférées
Dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal, la BSSI a établi 77 procès-verbaux et procédé au déferrement de 475 personnes devant les juridictions compétentes. Plus de 315 sites d’orpaillage illégal ont également été déguerpis. Les opérations ont permis la saisie de 197,7 millions FCFA, ainsi que de nombreux matériels utilisés dans cette activité, notamment des motopompes, des pelleteuses et différents engins motorisés. Ces interventions s’inscrivent dans la volonté des autorités ivoiriennes de renforcer la lutte contre l’exploitation clandestine des ressources minières et ses conséquences sur l’environnement.
Sciage illégal : plus de 360 000 pièces de bois saisies
Le deuxième grand front d’intervention concerne le sciage illégal du bois. À ce niveau, la BSSI a dressé 956 procès-verbaux. Parmi eux, 22 ont donné lieu à une procédure judiciaire, tandis que les 934 autres ont été traités par voie administrative. Au total, 77 personnes ont été déférées. Les agents ont également saisi 360 276 pièces de bois et 125 tronçonneuses, mettant ainsi en évidence l’ampleur des moyens mobilisés dans les activités clandestines d’exploitation forestière.
La criminalité faunique également dans le viseur
La protection de la faune constitue le troisième axe majeur des interventions de la BSSI. Dans ce domaine, 15 procès-verbaux ont été établis, dont deux ont fait l’objet d’une procédure judiciaire. Trois personnes ont été déférées. Les opérations ont également permis de saisir plusieurs espèces vivantes ainsi qu’environ 10 758 kilogrammes de viandes boucanées. Ces produits et animaux ont été mis à la disposition du Zoo d’Abidjan.
Des opérations qui se poursuivent sur le terrain
Les résultats présentés ne marquent pas la fin des opérations. Selon le conservateur général Elvire Joëlle Zouzou, les interventions se poursuivent dans plusieurs zones du pays. Le mercredi 30 septembre dernier, la BSSI a notamment saisi 1 185 pièces de bois à Toulepleu et à Daloa. Quelques jours auparavant, le 22 septembre, le détachement de Tengréla avait procédé à l’interpellation de huit personnes dans la forêt classée de Bessé Boka. Ces opérations témoignent de la présence de la Brigade sur différents fronts et de la poursuite des actions de surveillance et d’intervention.
Une unité créée pour renforcer la lutte environnementale
La Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention a été instituée par le décret N°2018-36 du 17 janvier 2018. Elle constitue une unité spéciale destinée à renforcer les capacités opérationnelles du ministère des Eaux et Forêts en matière de surveillance et d’intervention. Sa mission couvre notamment la lutte contre la criminalité forestière, faunique et environnementale. Avec ses opérations contre l’orpaillage illégal, le sciage clandestin et les atteintes à la faune, la BSSI s’impose ainsi comme l’un des instruments opérationnels du ministère ivoirien des Eaux et Forêts pour protéger les ressources naturelles et faire respecter la réglementation sur le terrain.


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