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Fièvre de Lassa : L’OOAS du Prof Vincent Palokinam Pitché mobilise les partenaires internationaux pour financer un vaccin

Photo : Le DG OOAS, Prof Vincent Palokinam Pitché


L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), sous la direction du Professeur togolais Vincent Palokinam Pitché, renforce son engagement dans la lutte contre la fièvre de Lassa. L’institution spécialisée de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) apporte son appui à une table ronde de haut niveau prévue ce dimanche 11 octobre, à Berlin, en Allemagne, pour examiner un mécanisme de financement collaboratif destiné à accélérer le développement d’un vaccin contre cette maladie, tout en consolidant les capacités régionales de recherche et de production.

Un financement concerté pour accélérer la recherche vaccinale

Organisée en marge du Sommet Mondial de la Santé, cette rencontre réunira des partenaires régionaux et internationaux autour d’un objectif central : définir un cadre de financement capable de soutenir les différentes étapes du développement d’un vaccin contre la fièvre de Lassa. La table ronde est convoquée par IAVI, MedAccess et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), avec l’appui de l’OOAS et de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Le financement de cette initiative est assuré par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Les échanges porteront notamment sur les progrès accomplis dans l’élaboration du cadre de financement proposé, la complémentarité des rôles des différents partenaires et les prochaines étapes concrètes, y compris d’éventuels engagements financiers.

La fièvre de Lassa, un défi sanitaire régional

La fièvre de Lassa demeure une menace importante pour la santé publique en Afrique de l’Ouest. Le développement d’un vaccin nécessite des investissements soutenus, particulièrement pour les phases avancées des essais cliniques, le renforcement des capacités de recherche et la mise en place de moyens de production régionaux. Or, les faibles incitations commerciales associées aux vaccins contre les maladies susceptibles de provoquer des épidémies compliquent la mobilisation des ressources. D’où la nécessité d’une approche collaborative permettant de réunir des financements publics, philanthropiques et d’autres sources de soutien. Pour l’OOAS, l’enjeu est de favoriser une mobilisation coordonnée des partenaires afin de faire progresser la recherche vaccinale, tout en consolidant les capacités sanitaires de la région.

Dans la continuité des engagements pris à Abidjan

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la table ronde ministérielle organisée à Abidjan en septembre 2025 par l’OOAS, en collaboration avec les gouvernements ivoirien et nigérian. La rencontre avait réuni les ministres de la Santé ou leurs représentants de onze pays d’Afrique de l’Ouest. À l’issue des travaux, les participants avaient soutenu la poursuite du développement du candidat vaccin d’IAVI contre la fièvre de Lassa, fondé sur le virus recombinant de la stomatite vésiculaire (rVSV), comme initiative pilote régionale. Ils avaient également convenu de l’importance de mobiliser des ressources nationales, régionales et internationales dans le cadre d’une approche de cofinancement. À Berlin, l’OOAS entend porter les priorités des États membres de la CEDEAO et plaider pour une appropriation régionale accrue du projet, ainsi que pour des investissements coordonnés dans la préparation vaccinale.

L’OOAS mise sur le renforcement des capacités régionales

Représentée à cette rencontre par le Dr Virgil K. Lokossou, Directeur des Services de Santé, l’Organisation mettra également en avant les retombées plus larges des investissements dans le développement d’un vaccin. Au-delà de la perspective vaccinale, ces investissements peuvent contribuer au renforcement de la recherche clinique, des capacités de laboratoire, de la surveillance épidémiologique et des systèmes réglementaires. Ils constituent aussi un levier pour améliorer la préparation des pays ouest-africains face aux futures menaces épidémiques. Dans cette dynamique, l’OOAS a piloté un Groupe de travail régional sur la prévision de la demande. Sur la base de consultations nationales, d’entretiens avec des experts et des contributions de groupes de travail nationaux consacrés à la fièvre de Lassa, ce groupe a élaboré des projections destinées à éclairer l’argumentaire d’investissement en faveur du vaccin.

Un modèle de financement pour d’autres maladies épidémiques ?

Le cadre proposé vise à combiner les contributions de partenaires publics, philanthropiques et d’autres acteurs du financement pour soutenir le développement du vaccin contre la fièvre de Lassa. S’il aboutit, ce mécanisme pourrait servir de modèle pour le financement de vaccins contre d’autres maladies prioritaires à potentiel épidémique. Le candidat vaccin expérimental développé par IAVI, fondé sur la technologie rVSV et soutenu par la CEPI ainsi que par le Partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques (EDCTP), illustre l’importance d’un financement durable de la recherche, accompagné d’investissements dans les capacités régionales. À travers son appui à cette rencontre de Berlin, l’OOAS réaffirme ainsi son rôle de coordination sanitaire régionale. Sous la direction du Professeur Vincent Palokinam Pitché, l’institution entend contribuer à rapprocher les partenaires, à promouvoir une responsabilité partagée dans le financement de la recherche et à renforcer les moyens dont dispose l’Afrique de l’Ouest pour anticiper les crises sanitaires et y répondre.

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