Photo – Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara à Abidjan, vendredi 7 août
La Directrice générale de la Protection Sociale, Fatou Fofana Soro, revient sur les réformes engagées sous la présidence d’Alassane Dramane Ouattara pour améliorer les pensions de retraite et renforcer les droits des ayants droit. Entre la Prime spéciale de retraite, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la pension d’orphelin, les mesures annoncées visent à apporter un soutien financier accru aux retraités et aux familles endeuillées.
En Côte d’Ivoire, la protection sociale connaît de nouvelles évolutions avec les réformes destinées à améliorer les conditions de vie des retraités et à mieux protéger leurs ayants droit. Instituée en 2024 par le président de la République, Alassane Dramane Ouattara, la Prime spéciale de retraite constitue l’une des mesures phares de cette politique. À cette initiative s’ajoutent les améliorations apportées au calcul des pensions et la réforme de la pension d’orphelin, adoptée en Conseil des ministres le 23 septembre dernier. Dans un entretien consacré à ces dispositifs, vendredi 9 octobre, la Directrice Générale de la Protection Sociale (DGPS), Fatou Fofana Soro, en présente les principales dispositions, les bénéficiaires et les perspectives de pérennité financière du système.
Une prime annuelle pour soutenir les retraités et leurs familles
Annoncée le 6 août 2024 par le chef de l’État ivoirien, la Prime spéciale de retraite est un complément de revenu versé chaque année au mois de septembre aux bénéficiaires des prestations de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et de la Caisse Générale de Ryetraite des Agents de l’État (CGRAE). Selon Fatou Fofana Soro, cette mesure vise notamment à soutenir les ménages confrontés à des dépenses supplémentaires pendant la période de rentrée scolaire. Contrairement à une aide ponctuelle, elle est reconduite chaque année et concerne les retraités, mais également les veuves et les orphelins mineurs bénéficiaires des prestations concernées. Son montant a évolué depuis sa mise en place. En 2024, la prime représentait un tiers de la pension mensuelle. Depuis 2025, elle correspond aux deux tiers de cette pension. À titre d’illustration, un retraité percevant mensuellement 300 000 FCFA reçoit une prime de 200 000 FCFA au mois de septembre. Ses revenus de pension et de prime atteignent ainsi 500 000 FCFA pour ce mois. L’impact financier de cette mesure se traduit déjà par des chiffres significatifs. D’après la Directrice générale de la Protection sociale, plus de 55 milliards de FCFA ont été versés à quelque 220 000 bénéficiaires.
Des pensions de retraite mieux valorisées
Au-delà de la prime annuelle, les autorités ivoiriennes ont engagé des réformes visant à améliorer les modalités de calcul des pensions de retraite. Les nouvelles dispositions évoquées par Fatou Fofana Soro concernent les travailleurs salariés affiliés à la CNPS, avec pour objectif de mieux valoriser les années de cotisation.
- La première avancée porte sur le doublement de la pension minimale, passée de 30 000 à 60 000 FCFA. Cette mesure vise à améliorer le niveau de revenu des retraités dont les pensions étaient les plus faibles.
- La deuxième évolution concerne le taux d’annuité liquidable, un paramètre déterminant dans le calcul de la pension. Celui-ci est passé de 1,7 % à 2 %, permettant une meilleure prise en compte des droits constitués au cours de la carrière professionnelle.
- Troisième changement majeur : le déplafonnement du taux de remplacement, auparavant limité à 50 %. Cette évolution permet de lever cette limite dans le cadre des nouvelles modalités de calcul, selon les explications de la responsable.
À travers ces ajustements, la réforme ambitionne de renforcer les droits à la retraite et de mieux reconnaître les années de travail et de cotisation des assurés du secteur privé.
Pension d’orphelin : une protection étendue dès le décès d’un parent
Autre avancée importante, la réforme de la pension d’orphelin marque un élargissement des droits sociaux accordés aux enfants confrontés à la perte d’un parent. Avant la réforme adoptée par le Gouvernement ivoirien le 23 septembre dernier, cette prestation était réservée aux enfants ayant perdu leurs deux parents, le père et la mère. Désormais, le décès d’un seul parent, qu’il s’agisse du père ou de la mère, peut ouvrir droit à cette pension. Le dispositif concerne les enfants de moins de 21 ans dont le parent décédé était assuré ou retraité, sous réserve des conditions applicables. Le montant de la prestation correspond à une enveloppe représentant 50 % de la pension du parent décédé, destinée aux orphelins bénéficiaires. Ainsi, lorsqu’un parent percevait une pension mensuelle de 200 000 FCFA, une enveloppe de 100 000 FCFA est prévue pour les orphelins concernés, selon les modalités du dispositif. Cette extension a considérablement élargi le nombre de bénéficiaires. D’après Fatou Fofana Soro, celui-ci est passé de moins de 200 à plus de 1 836 en 2026. Cette progression témoigne de l’élargissement de la couverture sociale aux enfants qui, jusque-là, ne pouvaient pas bénéficier de cette prestation après le décès d’un seul de leurs parents.
Des droits renforcés pour les assurés et leurs ayants droit
Pour la Directrice générale de la Protection sociale, les deux ordonnances adoptées en Conseil des ministres le 23 septembre dernier produisent deux effets majeurs : la protection et l’augmentation des droits des retraités, d’une part, et le renforcement de la protection des enfants, d’autre part. L’objectif est de consolider les mécanismes de solidarité au sein du système ivoirien de protection sociale. En améliorant les revenus des retraités et en élargissant l’accès à certaines prestations pour les enfants, les autorités entendent mieux accompagner les ménages face aux risques liés à l’âge, à la cessation d’activité et au décès d’un parent. La réforme de la pension d’orphelin revêt, à cet égard, une dimension particulière. Elle permet de mieux prendre en compte les conséquences économiques du décès d’un seul parent sur les conditions de vie des enfants.
Une viabilité financière projetée à long terme
Si l’amélioration des prestations constitue une priorité, la pérennité financière des régimes de retraite demeure un enjeu essentiel. Sur ce point, Fatou Fofana Soro se veut rassurante, en s’appuyant sur les études et les projections disponibles. Pour le secteur public, les projections font état d’excédents jusqu’en 2040. Dans le secteur privé, les perspectives resteraient positives au-delà de 2050, avec un solde technique projeté supérieur à 155 milliards de FCFA. La responsable souligne toutefois que la durabilité de ces résultats dépend de plusieurs conditions. Elle cite notamment le paiement régulier des cotisations, la déclaration de l’ensemble des travailleurs, la bonne gestion des réserves et le suivi actuariel régulier des régimes. Ces exigences sont déterminantes pour préserver l’équilibre financier du système et garantir le paiement des prestations aux générations actuelles et futures de retraités.
Des acquis sociaux à consolider
En conclusion, la Directrice générale de la Protection sociale met en avant plusieurs indicateurs illustrant l’évolution du système ivoirien. Elle évoque une augmentation cumulée de 40 % des pensions du secteur privé sur une décennie, ainsi que la progression de l’allocation familiale, passée de 1 500 à 7 500 FCFA, soit une hausse de 400 %. À ces avancées s’ajoutent le doublement de la pension minimale et les sommes mobilisées au titre de la Prime spéciale de retraite, qui dépassent désormais 55 milliards de FCFA pour 220 000 bénéficiaires. Pour Fatou Fofana Soro, le défi consiste désormais à faire en sorte que chaque assuré connaisse ses droits, soit correctement déclaré et puisse effectivement bénéficier des prestations auxquelles il peut prétendre. « La retraite se prépare pendant toute la vie professionnelle. », rappelle-t-elle, soulignant que derrière chaque pension se trouvent des années de travail, une personne et une famille. À travers ces réformes, le Gouvernement ivoirien affiche ainsi sa volonté de poursuivre le renforcement du système de protection sociale, en accordant une attention particulière aux retraités, aux veuves et aux enfants orphelins.


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