Photo : Les participants en famille, à Cotonou, mardi 6 octobre
À l’initiative de la CGTB et de la COSI Bénin, deux journées de réflexion ont réuni, les 6 et 7 octobre à la Bourse du Travail de Cotonou, les différents acteurs du secteur Bois et Bâtiment autour des enjeux liés à la protection sociale, aux conditions de travail et à l’application du SMIG. La Confédération Nationale des Employeurs du Bénin (CONEB), présidée par Albin Fèliho, a activement pris part aux échanges.
La CONEB réaffirme son engagement en faveur du dialogue social
Inscrites dans le cadre du Programme Régional Afrique Bois et Bâtiment, ces rencontres ont bénéficié de l’appui de CNV Internationaal (Pays-Bas), de la CFDT (France) et de la CSC-BIE (Belgique). La CONEB était représentée par une délégation conduite par son Directeur Exécutif, Madjidi Zin. Au cours des travaux, ce dernier a porté auprès des centrales syndicales partenaires le message du président de la Confédération, Albin Fèliho, réaffirmant l’attachement du patronat béninois à un dialogue social franc, responsable et constructif. Durant deux jours, employeurs, travailleurs, organisations syndicales et acteurs institutionnels ont ainsi confronté leurs analyses sur plusieurs problématiques qui touchent directement le quotidien des travailleurs du secteur des BTP.
Sécurité sociale : quelles garanties pour les travailleurs licenciés ?
La première journée, tenue le mardi 6 octobre, a été consacrée à la « Problématique de la gestion de la sécurité sociale des travailleurs des chantiers de construction victimes de licenciements ». Un inspecteur du travail, commis pour la circonstance, a présenté aux participants les principales dispositions légales relatives à la protection sociale en République du Bénin. Cette présentation a notamment permis de lever certaines incompréhensions et de mieux faire connaître les droits et obligations découlant de la législation sociale. Les échanges ont mis en lumière une difficulté persistante : la méconnaissance, aussi bien par certains travailleurs que par certains employeurs, du suivi des cotisations et des allocations de la CNSS. Les participants ont également souligné la nécessité de renforcer les mesures sociales d’accompagnement dans un contexte marqué par la multiplication des emplois précaires, particulièrement dans le secteur des BTP.
Accidents du travail : la question de la prise en charge
La protection des travailleurs victimes d’accidents du travail a également occupé une place importante dans les discussions. Dans un secteur où les risques professionnels peuvent être particulièrement élevés, les participants ont insisté sur la nécessité de garantir une prise en charge effective des travailleurs victimes d’accidents et de mieux responsabiliser l’ensemble des acteurs intervenant sur les chantiers. Parmi les pistes évoquées figure notamment l’instauration d’une prime de chômage pour les travailleurs licenciés à la fin d’un chantier. Une telle mesure permettrait, selon les participants, d’apporter un soutien temporaire aux travailleurs durant la période de transition précédant leur retour à l’emploi.
Le SMIG au cœur de la deuxième journée
Le mercredi 7 octobre, les travaux se sont poursuivis autour de la mise en œuvre du décret portant revalorisation du SMIG dans le secteur des BTP. Les discussions ont notamment porté sur les effets de cette revalorisation sur la politique salariale des entreprises et sur le rendement des travailleurs. Après une présentation de l’inspecteur du travail, les participants ont été répartis en groupes de travail afin d’identifier des pistes d’amélioration et de formuler des recommandations. Trois principales orientations se sont dégagées : garantir l’équité et la légalité dans le traitement salarial des travailleurs, instaurer une veille constante sur l’application des dispositions en vigueur et organiser régulièrement des séances de formation et d’information au profit des employeurs et des travailleurs du secteur.
La sous-traitance en cascade dans le viseur
Les participants ont par ailleurs porté une attention particulière à la sous-traitance en cascade, largement répandue dans le secteur des BTP et considérée comme l’une des principales sources de précarisation de l’emploi sur les chantiers. Cette situation expose davantage les travailleurs aux accidents du travail. Lorsque survient un accident, certains travailleurs peuvent se retrouver sans la prise en charge nécessaire et être remplacés rapidement, ont relevé les participants. Pour les acteurs réunis à la Bourse du Travail, cette réalité appelle une réponse concertée et courageuse de l’ensemble des parties prenantes : employeurs, travailleurs, organisations syndicales et pouvoirs publics.
La CONEB plaide pour un secteur plus responsable
À travers sa participation active à ces deux journées, la CONEB entend réaffirmer sa vision d’un secteur Bois et Bâtiment à la fois compétitif, performant et socialement responsable. Pour l’organisation patronale, la performance d’une entreprise ne saurait être dissociée du respect de la législation, de la protection des travailleurs et du dialogue avec les partenaires sociaux. Dans cette perspective, information, concertation et conformité apparaissent comme des leviers essentiels pour améliorer durablement les relations professionnelles et les conditions de travail dans les BTP. La CONEB a enfin salué l’initiative de la CGTB et de la COSI Bénin, ainsi que l’accompagnement de leurs partenaires techniques et financiers, qui ont permis la tenue de ces échanges consacrés aux défis sociaux du secteur Bois et Bâtiment.





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