Photo : Le DG OOAS, Prof Vincent Palokinam, et les participants en famille, à Abuja, lundi 2 novembre
La qualité des soins commence bien avant la prise en charge du patient. C’est le message au cœur de la 11ᵉ réunion statutaire du Conseil régional pour la formation des professionnels de santé dans l’espace CEDEAO, ouverte du 2 au 4 novembre 2026 à Abuja, au Nigeria. Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), cette rencontre entend renforcer la qualité de la formation, la mobilité des compétences et la disponibilité du personnel qualifié dans la région.
L’accès à des soins de qualité ne devrait pas dépendre du lieu de résidence des populations. Pourtant, en Afrique de l’Ouest, l’insuffisance de professionnels de santé qualifiés et leur répartition inégale continuent de limiter l’accès aux services sanitaires, particulièrement dans les zones reculées et auprès des communautés vulnérables. Face à ce défi, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), institution spécialisée de la CEDEAO chargée des questions de santé, place la formation des ressources humaines au centre de ses priorités. C’est dans cette perspective que se tient, du lundi 2 au mercredi 4 novembre, à Abuja, au Nigeria, la 11ᵉ réunion statutaire du Conseil régional pour la formation des professionnels de santé dans l’espace communautaire. La rencontre rassemble des responsables d’établissements de formation en santé, des ordres professionnels et des organismes de réglementation autour d’un objectif commun : améliorer la préparation des professionnels appelés à assurer la prise en charge des populations.
Palokinam Pitché insiste sur la qualité et la répartition du personnel
À l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’OOAS, Prof Vincent Palokinam Pitché, a souligné l’importance de disposer d’un personnel de santé bien formé, motivé et équitablement réparti sur le territoire communautaire. Pour lui, ces conditions sont indispensables pour rapprocher les services de santé des populations et répondre efficacement à leurs besoins. Le responsable de l’OOAS a notamment mis en avant trois leviers essentiels : la coopération régionale en matière de formation, le partage d’expertise et la reconnaissance des qualifications. Ces mécanismes doivent contribuer à renforcer les compétences disponibles et à favoriser une meilleure circulation des professionnels de santé dans l’espace CEDEAO. L’enjeu dépasse ainsi la seule formation initiale. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux professionnels qualifiés de rester en poste et d’exercer là où les besoins sont les plus importants.
La sécurité des soins se construit dès la formation
Le président du Conseil régional pour la formation des professionnels de santé, Prof Agnon Ayelola Koffi Balogou, a rappelé que la sécurité des soins ne commence pas au moment où un professionnel entre en contact avec un patient. Elle prend racine dans la qualité de son apprentissage et dans les conditions de son encadrement. À ce titre, il a insisté sur la nécessité d’un enseignement rigoureux, de stages cliniques de qualité, d’un encadrement efficace et d’évaluations crédibles. Il a également appelé à des décisions concrètes, assorties de responsabilités clairement définies, de délais réalistes et de mécanismes de suivi mesurables. Dans l’allocution prononcée au nom du ministre coordinateur de la Santé et de la Protection sociale du Nigeria, Prof Muhammad Ali Pate, l’accent a également été mis sur le développement de compétences adaptées aux besoins sanitaires et sur la nécessité de garantir la présence des professionnels qualifiés dans les communautés qui en ont le plus besoin.
Des diplômes mieux reconnus et un plan d’action régional en perspective
Au terme des trois jours de travaux, les participants devraient finaliser un projet de proposition relatif à la reconnaissance mutuelle des diplômes et certificats dans l’espace CEDEAO. Un plan d’action régional pour la formation dans les domaines prioritaires des ressources humaines en santé figure également parmi les résultats attendus. Ces deux instruments pourraient contribuer à une meilleure harmonisation des parcours de formation et à une reconnaissance accrue des qualifications à l’échelle communautaire. Par ailleurs, l’OOAS prévoit de procéder, en 2027, à l’évaluation de son Programme de développement des ressources humaines en santé. Cette démarche devra permettre d’identifier plus précisément les lacunes persistantes et d’orienter les futurs appuis. À travers cette réunion statutaire d’Abuja, l’OOAS entend ainsi faire de la formation un pilier de l’amélioration durable des systèmes de santé ouest-africains. Car, au-delà des diplômes et des compétences acquises, l’objectif demeure de garantir aux populations des soins plus sûrs, accessibles et de meilleure qualité, quel que soit leur lieu de résidence.





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