Photo : Les autorités béninoises en famille avec les participants, à Cotonou, ce mardi 3 novembre
Le Bénin entend consolider son dispositif de prévention et de riposte face aux menaces sanitaires et environnementales à travers une approche intégrée associant la santé humaine, animale et la préservation des écosystèmes. Cette ambition a été réaffirmée, ce mardi 3 novembre à Cotonou, à l’occasion du lancement de la 11ᵉ édition de la Journée Mondiale de l’approche « Une seule Santé ». Une rencontre qui a mobilisé des autorités gouvernementales et territoriales, des professionnels de la santé, des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) ainsi que des représentants de la société civile.
Une approche fondée sur l’interdépendance des secteurs
Placée sous le thème « Unir les secteurs pour la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes », cette édition vise à favoriser une meilleure appropriation de l’approche _« Une seule Santé », à mettre en lumière les avancées réalisées au Bénin et à renforcer une coopération durable entre les différents acteurs concernés. À l’ouverture de la cérémonie, le Préfet du Littoral, Gilbert Déou, a rappelé que la santé des populations est étroitement liée à celle des animaux et à l’équilibre de l’environnement. Pour lui, aucun secteur ne peut, à lui seul, apporter des réponses suffisamment efficaces aux risques sanitaires auxquels les populations sont exposées. D’où la nécessité d’une action concertée entre les différents domaines concernés.
Pollution, changements climatiques : les alertes du ministre Georges Alè
Cette nécessité d’une réponse collective a également été soulignée par le Ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alè. Il a attiré l’attention sur les conséquences sanitaires de plusieurs phénomènes environnementaux, notamment la pollution, la dégradation des terres, la contamination des eaux et les changements climatiques. Face à ces menaces, le ministre a plaidé pour une gouvernance intégrée, un partage plus efficace des informations et un renforcement des mécanismes de veille et d’alerte précoce. Autant de leviers indispensables pour anticiper les risques et organiser une riposte coordonnée.
Santé animale et végétale : le secteur agricole appelé à jouer sa partition
De son côté, le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a insisté sur la nécessité d’élargir cette approche à la santé végétale. Il a ainsi rappelé que la protection de la santé des populations passe également par une meilleure surveillance de la santé animale et des végétaux. Parmi les initiatives déjà engagées, il a cité les campagnes de vaccination des animaux de compagnie contre la rage, conduites depuis 2019, ainsi que la formation en épidémiologie de terrain. Il a, par ailleurs, appelé à une synergie renforcée entre les services et les structures intervenant dans ces différents domaines.
Près de 16 000 agents communautaires mobilisés contre les risques sanitaires
Prenant la parole à son tour, le Ministre de la Santé, Prof Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, a mis en évidence les liens entre l’émergence des maladies infectieuses, les pressions exercées sur les écosystèmes et les changements climatiques. Il a rappelé les efforts engagés par le gouvernement pour renforcer la prévention et la surveillance sanitaires. Parmi les actions évoquées figure notamment la mobilisation de près de 16 000 agents de santé communautaire, aux côtés du renforcement des mesures de prévention contre la rage. Sur ce dernier point, le ministre a affiché un objectif précis : « parvenir à zéro décès humain dû à la rage au Bénin à l’horizon 2030 ». Pour atteindre cette ambition, il a exhorté les populations à faire vacciner leurs animaux domestiques et à éviter tout contact avec les animaux errants. À travers cette 11ᵉ édition de la Journée mondiale de l’approche « Une seule Santé », le Bénin réaffirme ainsi l’importance d’une réponse collective aux défis sanitaires et environnementaux. La protection de la santé humaine ne pouvant être durable sans celle des animaux et des écosystèmes, la coordination entre les secteurs apparaît comme un impératif pour mieux prévenir les risques et protéger les populations.








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