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Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana disent non à la vente de la récolte 2020-2021

Entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, c’est l’union qui fait la force. Les deux premiers producteurs mondiaux du cacao s’entendent sur la commercialisation de la récolte 2020-2021. Ils refusent de vendre leur cacao en dessous de 2600 dollars la tonne. À cet effet, à Accra au Ghana, les deux pays frontaliers de l’Afrique de l’Ouest, ont pris une décision historique à la sortie d’une négociation qui a duré 48 heures. Laquelle décision est de suspendre les ventes de la récolte 2020-2021. Cet acte qui retentit dans les oreilles des acheteurs mondiaux de la fève comme une première, est une tentative pour influencer le marché mondial. Ce mariage de la fève entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, est historique. Car faut-il le rappeler que les deux géants étaient des concurrents du cacao jusqu’à présent. Leur concertation vient de l’effondrement des cours en 2015-2016. Depuis lors, ils s’entendent pour envisager des actions conjointes. Les deux producteurs représentent à eux seuls 65% de la production mondiale. En refusant de vendre leur prochaine récolte, la Côte d’Ivoire et le Ghana comptent peser lourd sur le marché mondial du cacao.

Pas de vente de la récolte 2020-2021

La commercialisation de la récolte 2020-2021, est tuée dans l’œuf. Car elle n’a même pas encore poussé. Par leur méthode de verser le prix aux producteurs, la Côte d’Ivoire et le Ghana vendent toujours la récolte au moins douze (12) mois d’avance. Il faut préciser que la situation sur le marché est profitable. En cause, la demande de cacao est forte. Avec l’allure où vont les choses, le risque que la récolte soit inférieure en Afrique de l’Ouest dès octobre prochain est fort. Ce qui veut donc dire que les cours sont alors plutôt bons maintenant. Ce qui est d’ailleurs reconnu par l’industrie chocolatière, qui admet que les producteurs devraient être mieux payés cette fois-ci.

Un calcul politique ?

Comme 2020 est une année électorale en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux pays de l’Afrique de l’Ouest seront en plein mouvement électoral. Alors, l’idée des deux géants de production du cacao de maintenir le niveau encore en 2020 pour pouvoir bien payer les producteurs, est bien d’une fin électoraliste. Car la satisfaction de ces derniers, impactera le suffrage des deux chefs d’État, ivoirien et ghanéen, s’ils se présentaient à leur propre succession. Il faut aussi souligner que la gestion des choses ne sont pas les mêmes dans les deux pays. En Côte d’Ivoire par exemple, les producteurs sont non seulement victimes de la chute des cours antérieurs,mais et aussi, des erreurs de gestion du Conseil café cacao (CCC), l’organe public de régulation. Cet organe montre toute son incapacité à faire respecter le prix minimum de 750 francs CFA le kilogramme. Alors, cette annonce de Côte d’Ivoire et du Ghana suscite le scepticisme des planteurs.

Il est important de relever que la Côte d’Ivoire avait tenté d’influencer seul le marché. C’était il y a 39 ans. Le pays avait stocké les fèves, et vu qu’elles ne se conservent pas indéfiniment, le chef de l’État d’alors, le feu président Félix Houphouet Boigny avait fini par céder. Ce qui a entraîné l’effondrement des cours.

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