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Engagement à Réduire les Inégalités (ERI) : Oxfam et Development Finance International (DFI) doigtent l’indéterminisme des gouvernements d’Afrique de l’Ouest

« Système philosophique d’après lequel le cours naturel des choses n’est soumis à aucune loi, à aucune causalité intelligible, qu’il s’agisse des actes humains ou des faits naturels. » C’est bien cela l’indéterminisme. Eh bien, c’est ce qui ressort dans le tout premier rapport régional sur l’indice de l’engagement à réduire les inégalités (indice ERI) pour le compte de 2019, lancé par Oxfam et Development Finance International (DFI) à l’endroit des gouvernements d’Afrique de l’Ouest, le Bénin y compris bien évidemment. En effet, le tout premier indice de l’engagement ouest-africain à réduire les inégalités en 2019, démontre combien les dirigeants ouest-africains sont les moins engagés du continent. Faut-il le rappeler que l’indice se base sur trois (03) piliers ci-après pour mesurer, comparer et classer l’engagement des gouvernements ouest-africains :

  1. les dépenses publiques ;
  2. la fiscalité ;
  3. le marché du travail.

Hors mis ces critères, le rapport tient compte aussi d’une analyse régionale dans les domaines comme celui de l’agriculture et des droits fonciers. Il n’est plus à démontrer, c’est connu de tous que l’Afrique est le plus pauvre de la planète. Outre cela, le continent se retrouve également sur le banc des plus inégalitaires, avec toutes ses potentialités de richesse et de revenus les plus inégalées de la planète. Quel paradoxe ! Voilà maintenant que les inégalités en Afrique de l’Ouest sont à leur comble et ont atteint un niveau bien critique.

Inacceptable

Chose bizarre, puisque les gouvernements de cette sous-région affichent leur indéterminisme à réduire ces inégalités contrairement à leurs homologues du continent. Dans le même temps, un 20% de citoyens s’enrichit aisément du travail pénible des 80% restant dont la plupart n’a pas accès aux premiers éléments vitaux, comme l’accès à un soin et à une éducation de qualité, ou encore à des emplois décents. Et le Directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest ne dira pas le contraire. « (…) Les gouvernements ouest-africains exacerbent les inégalités en sous-finançant les services publics, tels que la santé et l’éducation. », a reconnu Adama Coulibaly. « Cet indice montre (…) que les gouvernements de la CEDEAO sous-financent le secteur agricole, tout en sous-taxant les entreprises et les plus riches, et en ne luttant pas efficacement contre l’évasion et l’évitement fiscal ainsi que la corruption. C’est inacceptable », a martelé le Directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest.

Soulignons qu’en dépit de tout cela, le présent rapport présente également un agenda politique ambitieux visant à lutter contre les inégalités en Afrique de l’Ouest, non seulement pour les gouvernements nationaux, mais et surtout pour ceux de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « La crise des inégalités en Afrique de l’Ouest n’est pas une fatalité. Sans un effort radical dans l’engagement à la réduction des inégalités, la crise ne fera que s’aggraver. », affirmera Joel Akhator Odigie de l’organisation régionale pour l’Afrique de la Confédération Syndicale Internationale (ITUC-Africa). « Les gouvernements peuvent construire un avenir meilleur pour tous, y compris les femmes et les filles qui sont les plus touchées par les inégalités – pas seulement pour quelques privilégiés », va-t-il ajouter.

L’exhortation de la communauté internationale

Notons que l’Oxfam lance cet indice à la veille du forum politique de haut niveau (HLPF) de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) pour le développement durable. Ce forum qu’abrite la ville de New-York aux États-Unis depuis ce mardi 9 juillet, exhorte les dirigeants, notamment les gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest à plus se préciser, donnant priorité à la lutte contre les inégalités. Car, s’il faut le rappeler que la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) est dans sa quatrième année en 2019, et l’un des 17 ODD à atteindre, est bien la réduction des inégalités. C’est donc le tournant décisif pour les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest appelés à être plus déterminants. Le Directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest le sait bien. « Il est temps que les gouvernements ouest-africains de marquer un tournant. Pour renforcer leur engagement, les gouvernements ouest-africains doivent promouvoir une fiscalité progressive, augmenter les dépenses sociales, renforcer la protection du marché du travail, investir dans l’agriculture et renforcer les droits fonciers des petits agriculteurs. », a précisé Adama Coulibaly. « Nous ne pouvons pas vaincre la pauvreté sans lutter contre les inégalités. » a-t-il assuré. Vivement que ces gouvernements de l’Afrique Occidentale puissent se soucier de cet objectif de développement durable. Si l’intérêt général de la Nation est avant tout, bien sûr.

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