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Diplomatie contemporaine : Jules-Armand Aniambossou, premier homme à représenter et servir successivement 2 États

(Photo : Jules-Armand Aniambossou, reçu par le Président de la République d’Ouganda, Yoweri Museveni)


Depuis ce vendredi 16 août 2019, il est écrit dans les annales de l’histoire de la diplomatie contemporaine, que le franco-béninois Jules-Armand Aniambossou est le premier homme à représenter et servir successivement deux États en qualité d’ambassadeur plénipotentiaire. Jamais de mémoire d’homme et dans l’histoire de la diplomatie contemporaine, cela n’était arrivé. Jules-Armand Aniambossou est désormais depuis vendredi, accrédité à Kampala capitale de l’Ouganda en tant qu’ambassadeur de la République Française dans ce pays. Le franco-béninois est ainsi le premier à réaliser cette grande différence diplomatique. Faut-il rappeler qu’avant l’arrivée à la Marina et jusqu’à la prise de fonction du chef de l’État béninois Patrice Talon le 6 avril 2016, c’est Jules-Armand Aniambossou qui était le patron de la diplomatie béninoise à Paris. Mais une fois la Rupture a pris un Nouveau Départ, et suite à un tour de passe-passe diplomatique entre Porto-Novo et Paris au sujet d’un binational, Jules-Armand Aniambossou se verra refuser l’ampoule de sa résidence sise à la Rue Faubourg Saint-Honoré de Paris dans la capitale française par le chef du gouvernement du Bénin. Mais le chef de l’État français va lui offrir un trône dans les étoiles diplomatiques contemporaines.

La pierre rejetée qui devient…

Malgré le désir, le souhait et la disponibilité exprimés de Jules-Armand Aniambossou auprès de Porto-Novo pour continuer à servir son pays d’origine, le français sera éjecté de la maison diplomatique béninoise à Paris. Le brillant énarque français, sera recueilli dans l’administration française. C’était d’ailleurs là que l’ex-chef de l’État Thomas Boni Yayi l’avait démarché et l’avait déniché au profit de la diplomatie béninoise. Il convient de noter que dans l’administration française, le franco-béninois a une très riche carrière, fulgurante et exceptionnelle. L’alternance se produit à la tête des deux États béninois et français. Emmanuel Macron venait de remplacer François Hollande à l’Élysée. Cette alternance française va changer beaucoup de choses pour Jules-Armand Aniambossou. Relevons que le nouveau locataire de l’Élysée est en effet, un promotionnaire du franco-béninois à l’École nationale d’administration (ENA) française, mais et aussi amis dans la vie. Le désormais ex-ambassadeur n’a plus donc qu’à se plonger dans un sommeil dans lequel il rêve pour son avenir politico-professionnel. Le diplomate qui se démenait sans gain de cause à rempiler à l’ambassade du Bénin, vient alors de voir que son camarade de classe et ami Emmanuel Macron prendre fonction présidentielle à l’Élysée. Le plus jeune président dans l’histoire de la France ne va pas aller par quatre chemins pour caser son ami Jules-Armand Aniambossou au nez et à la barbe de Porto-Novo qui l’avait platement snobé. Macron va promouvoir Aniambossou à la tête du Conseil Présidentiel pour l’Afrique (CPA), un Think tank qui chapeaute et donne une orientation à la politique africaine de l’Élysée. Cette promotion place définitivement le béninois d’origine en position incontournable pour Porto-Novo qui devra faire allégeance à ce CPA pour nourrir les relations bilatérales entre le Bénin et la France.

Jules-Armand Aniambossou en mission dans les Grands Lacs

La France, dans sa perspective de l’offensive diplomatique en direction des pays majoritairement anglophones et est-africains, va confier cette mission au franco-béninois. Le chef de l’État français nomme Jules-Armand Aniambossou ambassadeur de France dans presque toute la région des Grands Lacs avec pour résidence en Ouganda. Cette accréditation est placée pour la conduite de cette nouvelle offensive française sur les pays anglophones du continent. Mais à Porto-Novo, cette promotion de l’ex-ambassadeur béninois à Paris est perçue comme, la gouvernance Talon pouvait craindre raisonnablement, un risque que celui qui a gagné totalement la confiance d’Emmanuel Macron ne souffle à l’oreille de ce dernier quelques inimitiés de Porto-Novo. C’est le moins qu’on puisse constater. Car, de nos sources, le locataire de la Marina avait sollicité un rendez-vous de l’Élysée en juillet dernier. Mais Patrice Talon ne l’aurait pas obtenu. C’est bien ce qu’on pourrait croire au devant de l’évidence. De toute évidence, de quelles explications que cela puisse susciter, il est à reconnaitre que le cas Jules-Armand Aniambossou est un paradoxe préoccupant pour un pays comme le Bénin. Un pays dont son président reconnaît devant le monde entier qu’il serait déserté cruellement de compétences. Vivement que le pays n’en perde encore d’autres comme le béninois d’origine.

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