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ONU : La lettre du Comité des Nations Unies contre la torture à l’État sénégalais pour s’opposer à la libération de l’ex-dictateur tchadien, Hissène Habré

Photo : L’ex-dictateur tchadien, Hissène Habré (en blanc), amené de force au tribunal de Dakar lors de son procès en 2016


Condamné par la justice sénégalaise, en 2016, à la prison à vie pour crimes contre l’humanité, l’affaire de l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré, refaire surface. Cette fois-ci, c’est l’Organisation Nations Unies (ONU) qui entre dans la danse. Le Comité des Nations Unies contre la torture a adressé une lettre à l’État du Sénégal pour exprimer son opposition à une éventuelle libération de l’ex-dictateur tchadien. En effet, selon les proches d’Hissène Habré, le prisonnier tchadien au Sénégal devrait être libéré pour des raisons de santé. Ce qui ne sonne pas bien à l’oreille de l’ONU qui se pose des questions. Les crimes internationaux, sont-ils des crimes comme les autres ? Non, répond le Comité des Nations Unies contre la torture. Dans sa lettre au gouvernement sénégalais, le Comité affirme que « les personnes condamnées de crimes contre l’humanité ne sauraient faire l’objet de libération prématurée ». Il faut rappeler qu’en 2016, lors de la tombée du verdict de l’ex-homme fort de N’Djamena, le ministre de la Justice sénégalais, Sidiki Kaba, n’était pas opposé à une quelconque grâce présidentielle d’Hissène Habré.

Une « campagne » pour obtenir la libération d’Hissène Habré

Aujourd’hui que des voix s’élèvent à Dakar pour réclamer la libération de l’ex-dictateur du Tchad, le Comité a jugé bon d’écrire au Sénégal pour dire non. Il est à rappeler qu’il y a quelques mois, en 2019, les proches d’Hissène Habré, notamment son épouse, ont soutenu que l’ex-dictateur tchadien devait sortir de prison parce qu’il s’y était cassé le bras en tombant. La réaction de Dakar ne s’est pas fait attendre. Elles ont démenti l’affirmation considérée par les victimes d’Hissène Habré comme d’une « campagne » pour obtenir sa libération. Ce sont bien ces victimes qui ont saisi le Comité des Nations Unies contre la torture pour demander de réagir sur une éventuelle libération de leur bourreau. Ce dernier s’est d’ailleurs étonné de voir que les victimes de l’ex-homme fort de N’Djamena n’ont toujours pas été indemnisées. Sa lettre ci-dessous rappelle que le Sénégal n’est pas libre de faire ce qu’il veut d’un prisonnier condamné, non pas par la justice sénégalaise, mais par la justice internationale, en l’occurrence les Chambres africaines extraordinaires, un tribunal créé par le Sénégal et l’Union africaine.

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