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France : Emmanuel Macron remplace l’ENA par l’ISP qui ressemble à ceci

Photo : Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une visite sur le thème de l’autisme, le vendredi 2 avril


Institut du Service Public (ISP). C’est bien par cette appellation que le serpent de mer remonte (pour de bon) à la surface en France. En effet, ce jeudi 8 avril, le président français, Emmanuel Macron, a officialisé la suppression (maintes fois évoquées) de l’École Nationale de l’Administration (ENA). Une école de l’enseignement supérieur français, souvent dépeinte comme un lieu de reproduction d’une élite jugée hors sol et technocratique. Pour la remplacer, le locataire de l’Élysée, à Paris, la capitale française, annonce, à l’occasion de la Convention managériale de l’État, la création de l’Institut du Service Public (ISP). Emmanuel Macron tourne ainsi la page des « énarques » et promeut un système aux carrières moins figées. Il est à souligner que le dirigeant français avait évoqué la disparation de l’ENA (dont il est lui même issu) le jeudi 25 avril 2019, en marge du « grand débat » organisé pour sortir de la crise des gilets jaunes. « Pas pour se donner le plaisir de supprimer, mais pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux. », avait-il indiqué. Deux ans plus tard quasiment jour pour jour, le chef de l’État rend sa copie et son entourage vante « un changement en profondeur et inédit depuis l’ordonnance de 1945 du général de Gaulle. », laquelle avait donné naissance à l’ENA.

Mettre fin à la rente à vie 

Une « révolution » qui consiste dans un premier temps à « mettre fin à la rente à vie et au parcours automatique en vigueur », en supprimant le système d’affectation dans les grands corps (Cour des comptes, Conseil d’État et inspection générale des finances) par classement en sortie d’école. « L’affectation dans ces corps était devenue une fin en soi, alors que l’engagement doit être fait au service du public et de l’intérêt général. », justifie l’entourage d’Emmanuel Macron, lequel souhaite par cette réforme aboutir à « des cadres de carrière moins cloisonnés ». Cela passe par la création d’un corps unique dans lequel seront versés tous les élèves de l’ISP en sortie d’école, celui des « administrateurs de l’État ». Ceux-ci auront vocation à être affectés « en fonction des besoins », et non sur le seul critère de classement, et ce, sur tout le territoire français. À l’Élysée, on insiste par ailleurs sur l’importance de l’échelon départemental dans cette réflexion. Ce n’est qu’après avoir effectué ces « missions de terrain » qu’il sera possible dans un second temps de postuler dans les grands corps. Un système qui, selon Paris, permettra « aux fonctionnaires méritants de montrer tout au long de leur carrière leur valeur, et non en fonction d’un classement obtenu en fin d’école ».

Un tronc commun

Autre changement de fond, la création d’un tronc commun aux 13 écoles de la fonction publique française, de l’Institut National des Études Territoriales à l’École Nationale de la Magistrature en passant par l’École des Hautes Études en Santé Publique. L’idée, « construire en quelque sorte une unité de valeurs, de principes », note l’Élysée, citant notamment la transition écologique, la transition numérique, ou encore « les principes républicains ». L’objectif derrière ces grandes manœuvres : répondre à la « défiance croissante entre les français et leurs élites administratives et politiques » en décloisonnant la haute fonction publique. Une défiance que la crise sanitaire liée au Coronavirus, dont la gestion parfois ubuesque a prêté le flanc aux critiques, n’a fait que renforcer. Reste maintenant à savoir si cette réforme aura le temps de voir le jour d’ici la fin du quinquennat. Car si la loi de Transformation de la fonction publique du 20 août 2019 a donné à l’exécutif l’autorisation de légiférer par ordonnance, celle-ci expire au mois de juin. Un délai particulièrement court au regard des nombreux dossiers occupant l’exécutif français.  

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