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Médias – Souvenir douloureux : Jean-Christophe Houngbo dort éternellement depuis 10 ans avec toute sa petite famille

Photo : Feu confrère Jean-Christophe Houngbo et sa petite famille


Drame doublement historique en 2011, dans une famille : Houngbo, à Porto-Novo, la capitale béninoise. Jean-Jules Jaurès Houngbo (moins de 2 ans), Félicité (34 ans) et Jeanne d’Arc Kodja (14 ans) deux sœurs. Ces trois personnes étaient respectivement fils, épouse en état de grossesse avancée (8 mois) et belle-sœur de notre feu confrère Jean-Christophe Houngbo, précédemment chef bureau Régional Ouémé-Plateau du quotidien « Le Matinal ». Toute une famille retrouvée morte dans sa maison, le mercredi 29 juin 2011, sise à Danto Sohomè, dans la commune d’Akpro-Missérété. Quant au père de la famille, après avoir été évacué d’urgence au Centre Hospitalier Départemental Ouémé-Plateau (CHDO-P) le même jour, il a fini par rejoindre cette dernière le vendredi 29 juillet 2011 au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou où la vaillante énergie sera finalement éteinte. Soit un mois jour pour jour après une lutte silencieuse et implacable contre la mort pour rester en vie. C’est bien là, l’image de quatre (04) décès mystérieux dans le département de l’Ouémé, au Sud-est du Bénin, il y a exactement 10 ans. La rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE » invitent leurs lecteurs à observer quelques minutes de lecture pour comprendre comment un drame sans précédent avait été produit.

Un rendez-vous avec le destin ?

Il faut simplement noter que la vie peut bien tourner en une seconde d’un rien du tout à un vrai cauchemar. En juin et juillet 2011, la vie a été une histoire stupéfaite et terrifiante dans le département que dirige actuellement, la préfète Marie Akpotrossou. En effet, le mercredi 29 juin 2011, après avoir passé plusieurs années dans la location, notre feu confrère Jean-Christophe Houngbo a décidé de vivre le reste de sa vie dans sa propre maison, mais sans être dans le secret de la vie. Car le regretté et sa petite famille n’auront jamais passé plus qu’une seule nuit dans la nouvelle maison avant de regagner le ciel ensemble. Est-ce un rendez-vous avec le destin ? Eh bien, difficile de le dire, parce que cette nuit, qui devrait être paisible, a été bien dramatique. Il a fallu 48 heures après cette première et dernière nuit, pour retrouver toute la famille enfermée sur elle-même et entièrement décimée par une mort non seulement abominable, effroyable, mais aussi bien mystérieuse qui reste depuis 10 ans inexplicable. Durant ces deux jours, le feu confrère Jean-Christophe Houngbo très téméraire et endurant luttait contre la mort, car il a été retrouvé médicalement vivant, mais quasi anéanti et impuissant aux côtés de sa famille morte. Urgemment, il a été évacué au CHDO-P par les sapeurs-pompiers comme le seul rescapé d’une tragédie dans laquelle le feu confrère à perdu son fils aîné, son épouse portant son deuxième enfant et sa belle-sœur.

Que s’est-il passé ?

Placé sous soins intensifs depuis le jour de la découverte macabre, tout le peuple béninois notamment le monde des médias avait été plongé dans un espoir de retrouver Jean-Christophe Houngbo vivant un jour au regard de l’équipe médicale composée de professionnels qui s’affairaient à son chevet. Au même moment, plusieurs questions trottaient dans la tête des béninois, la première restait et reste : que s’est-il passé ? Une question qui est toujours restée pendue dans l’esprit des hommes et femmes des medias béninois jusqu’à ce jour, mais aux côtés de laquelle trois hypothèses se présentaient : un empoisonnement ; une intoxication alimentaire et enfin une intoxication par inhalation. Il faut signaler qu’en attendant que ces hypothèses sérieusement évoquées ne permettent d’élucider ce drame, la gendarmerie de la Brigade territoriale d’Akpro-Missérété avait été sur les lieux où elle avait découvert à la cuisine du riz préparé et de la sauce à la tomate. À en croire une source de la famille de Jean-Christophe Houngbo, c’est ce repas que le regretté et sa petite famille auraient pris dans la soirée du mercredi 29 juin 2011, probablement le dernier repas le jour où la mort s’est invitée dans la maison. Il est à préciser qu’il a fallu également procéder à l’ouverture forcée du portail de la maison, puis la porte d’accès à la pièce dans laquelle se trouvait la famille avant de sortir, l’enfant courbé sur sa mère aux côtés du père dans le lit et la belle-sœur sur une natte, tous sans vie sauf le père.

Une enquête judiciaire ouverte

Pour comprendre les circonstances réelles du drame, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Porto-Novo avait demandé qu’une autopsie soit faite sur les dépouilles qui se reposaient à la morgue du CHDO-P. Jusqu’à ce jour, jeudi 29 juillet 2021, souvenir de cette disparition totale d’une famille, il y a 10 ans, aucune suite n’a été donnée. Il faut préciser qu’au début de cette douloureuse histoire sans précédent, la peur a gagné le rang des confrères de la rédaction de Jean-Christophe Houngbo dès 01h de la nuit du mercredi au jeudi où ils n’avaient plus les nouvelles de l’illustre disparu. Au téléphone, à ce qu’il faut retenir, avec sa rédaction, au cours de la conversation professionnelle le feu confrère « était pressé de raccrocher », précisant qu’« il est sous le coup de la fatigue après un voyage sur Ouidah » où il a été pour « couvrir le huis-clos des députés de l’Union fait la Nation (UN) ». Ces dernières paroles à l’endroit de Maximin Tchibozo, son Directeur de Publication (DP) d’alors, serait la suivante : « Dp, DP, Dp, je suis fatigué… gère le reste ». C’était dans le cadre de son article sur la rencontre politique de l’UN à Ouidah. Le dernier article sur terre pour le chroniqueur Parlementaire hors-pair. Une demi-heure de temps après, le journaliste est devenu injoignable toujours dans le cadre professionnel. Il est à rappeler que Jean-Christophe Houngbo avait aussi l’habitude d’éteindre son portable. Cette fois-ci, ce n’était pas le cas, mais c’en était la dernière conversation professionnelle pour l’ex-chef bureau Régional Ouémé-Plateau du quotidien « Le Matinal ».

Le point du départ de l’alerte…

Durant toute la journée du lendemain jeudi, les maintes tentatives pour joindre le feu confrère ont été vaines laissant place à une inquiétude qui a plongé dans la peur ses confrères de la rédaction du quotidien « Le Matinal » et ceux de l’Assemblée nationale béninoise où il est patron de l’ambiance confraternelle. Plusieurs descentes effectuées à son domicile ne donnaient aucun signe de présence humaine. La sonnerie de la maison ne fonctionnait plus, car cette dernière était alimentée par un groupe électrogène qui a cessé d’être opérationnel dès ce jeudi-là où elle baignait dans l’obscurité totale. Au même moment, la famille de Jean-Christophe Houngbo mourrait certainement à ses côtés où lui-même réduit à son ombre, est incapable d’empêcher le pire de se produire. Seuls à la maison, ils y sont restés recroquevillés dans leur chambre jusqu’à vendredi, jour où l’inquiétude a fini par gagner presque tout le monde. Ainsi durant 48 heures, le feu confrère était resté injoignable d’où le point du départ de l’alerte. Toute chose qui a mis dans les esprits que Jean-Christophe Houngbo et sa famille ont été porté disparu. Informées, les forces de sécurité publique n’avaient pas considéré la nouvelle, synonyme d’une grande mobilisation de la part des proches, confrères, amis et parents du défunt qui allaient selon les méthodes et moyens personnels pour rechercher les présumés disparus. Du côté de la belle-famille, elle était à un pas de découvrir la tragédie. En cause, dans la matinée, elle a eu l’inspiration d’aller dans la maison, de défoncer le portail, mais sans défoncer la porte d’accès à l’intérieur du bâtiment avant de faire demi-tour pour manque d’expériences.

Une découverte macabre…

Il faut dire que le passage de la belle-famille a permis à un autre groupe de recherche des présumés disparus d’aller plus loin dans l’après-midi. Ce dernier, une fois dans la maison du feu confrère Jean-Christophe Houngbo, a constaté que l’une des fenêtres du bâtiment a été envahie par un essaim de mouches. Ce qui a poussé ce groupe à retenir son souffle et manifester sa curiosité à défoncer la porte donnant accès au salon. S’introduisant ensuite dans la chambre indiquée par l’essaim de mouches, il a fait une découverte macabre et terrifiante. À l’aide d’une lampe torche, c’est d’abord Jean-Christophe Houngbo qui a été repéré. « Monsieur ! », a lancé un membre du groupe au père de la famille décimé qui luttait encore contre la mort juste aux côté des corps sans vie de son épouse et son fils, et de sa belle-sœur sur une natte à même le sol. Une chambre remplie de frayeur ! Cette histoire terrifie la presse béninoise jusqu’à ce jour avec une question : quelqu’un, cherchait-il à se venger de Jean-Christophe Houngbo ? mais qui est restée sans réponse depuis 10 ans. Faut-il le rappeler encore que tout le monde, notamment dans le rang des professionnels des médias, avait pensé que le malheur qui a frappé impitoyablement le chroniqueur parlementaire pourrait avoir comme source ceux qui croient avoir subi une offense de sa part pour ses articles jugés par ces derniers comme des attaques à leur encontre.

Des menaces directes ou indirectes…

Le feu confrère Jean-Christophe Houngbo a été plusieurs fois menacé directement ou indirectement par des personnalités au plus haut sommet de l’État béninois. Des dignitaires et autorités sociales ont même menacé à visage découvert ou non, soutenant régler leurs comptes avec le journaliste. Toute chose qui avait renforcé les interrogations de ses proches exprimées autour d’un enlèvement quand il a été signalé injoignable et introuvable par ces derniers. À l’arrivée, la découverte de son corps presque inanimé enfermé sur lui-même dans sa chambre aux côtés de sa famille sans vie, a plus relevé la considération des menaces de ceux qui voulaient se venger. Inutile de rappeler combien Jean-Christophe Houngbo, fort de ses trois (03) mandatures au Parlement béninois, en sa qualité de journaliste, dispose d’un carnet d’adresses impressionnant. Le feu confrère a ses entrées dans le monde des diplomates accrédités au Bénin, du même que dans celui des hommes politiques sans oublier le monde des syndicalistes, de la société civile, ou encore au sein de la sécurité tous corps confondus et bien d’autres mondes. Notre métier est un métier qu’il faut aimer et le feu confrère est l’un des journalistes béninois courageux, battants, voir téméraire. Jean-Christophe Houngbo, affectueusement appelé « JC » de son vivant par le Promoteur et Directeur Général du groupe de presse « DIFFÉRENCE », Bienvenu DJISSA, est un spécialiste de la primeur de l’information. Il aimait bien son métier. JC pratiquait le journalisme par amour. Non avec passion. L’homme avait horreur de l’injustice et est toujours prêt à défendre bec et ongles ses droits. Soulignons simplement que quand l’homme est convaincu d’une cause, il la défend jusqu’au bout.

JC, une plume caustique…

Jean-Christophe Houngbo, indiquons-le, ne faisait pas dans la dentelle pour dénoncer les faits et les hommes politiques béninois dans ses analyses et ses commentaires. Sa plume est caustique. Elle est comme une pluie qui n’épargne personne. Elle n’a pas d’amis ni d’ennemis. C’était simplement une plume qui était au service de la justice et non seulement à celui de la liberté, de la démocratie, mais aussi et surtout au service de la bonne gouvernance. Il est donc clair que ce n’était alors pas une plume qui plairait à tout le monde. Néanmoins, de grands hommes politiques ont tout de même fini par l’adopter à contrario à d’autres qui étaient déterminés à en découdre avec lui. À cet effet, le feu confrère recevait régulièrement des menaces de tous genres au téléphone. Ce qui l’obligeait à être toujours sur le qui-vive sans bien sûr, compter sur la mort, méchante et rusée, qui le guettait et lui, et toute sa famille, et ce, dans la maison qu’il s’est échiné à construire. L’impitoyable trépas emporta ainsi sur-le-champ quatre (04) êtres très chers à JC. Un mois après, lui-même a pris le départ précipité de son épouse enceinte d’environ 8 mois, de son fils de moins de 2 ans et de sa belle-sœur de 14 ans. Jean-Christophe Houngbo n’écrit éternellement plus depuis une décennie, mais ses écrits têtus comme leur auteur sont toujours-là soutenus par les écrits du poète romantique irlandais, Thomas Moore, je cite : « Comme le vase dans lequel jadis, fusent distillées les roses. Brisez ce vase, réduisez-le en éclats, si vous aimez, longtemps encore persistera le parfum des roses ». Fin de citation.

« … un drame d’une cruauté exceptionnelle »

Moïse Mensah

Après la disparition mystérieuse du feu confrère Jean-Christophe Houngbo, les messages de compassion se sont succédés au Groupe de presse « Le Matinal ». Des personnalités politiques, diplomatiques, aux organisations de la défense de la presse béninoise en passant par les confrères et fans du disparu, les messages étaient vibrants. En tant que Groupe de presse « DIFFÉRENCE » et étant « L’information qui fait la différence au Bénin », il est préférable de se rappeler d’un important message d’une personnalité béninoise. Un message plus qu’un soutien à la Presse béninoise, mais aussi et surtout en guise d’hommage de taille bien mérité à l’éminent confrère disparu, il y a dix (10) ans qualifiant l’homme qui était « un journaliste iconoclaste de très très grand talent ». « L’information, c’est le quatrième Pouvoir et il doit contribuer à l’éducation de la Nation. (…) Nous souhaitons que plus jamais, on ne vive pas ce drame, ni en votre sein, ni au sein de la Nation tout entière, parce que c’est un drame d’une cruauté exceptionnelle. », Moïse Mensah, ex-Haut Commissaire à la Gouvernance Concertée, extrait de son hommage à Jean-Christophe Houngbo, le jeudi 25 août 2011 au siège du quotidien « Le Matinal », à Akpakpa, Cotonou, la capitale économique du Bénin. Rappelons que Jean-Christophe Houngbo avait 47 ans.

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