Press "Enter" to skip to content

Nobel : Le prix d’économie 2021 attribué à David Card, Joshua Angrist et Guido W. Imbens

Photo : Les lauréats David Card, Joshua Angrist, et Guido W. Imbens


Terminus ! Tout le monde descend. C’était le dernier qui allait clôturer la saison Nobel 2021. Et c’est fait en trio. Le canadien David Card et le duo formé par l’israélo-américain Joshua Angrist et l’américano-néerlandais Guido W. Imbens ont reçu, il y a quelques instants, le prix Nobel d’Économie, ce lundi 11 octobre, pour leurs travaux dans le domaine de l’économie expérimentale. « Le trio nous a apporté de nouvelles idées sur le marché du travail et montré quelles conclusions peuvent être tirées d’expériences naturelles en termes de causes et de conséquences. », a salué le jury Nobel. Avec ce Nobel, l’Académie suédoise récompense l’économie expérimentale, domaine de recherche apparu après la Seconde Guerre Mondiale et inspiré de la psychologie. « Leur approche s’est étendue à d’autres domaines et a révolutionné la recherche empirique. », a souligné le jury du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », le dernier né des fameuses récompenses. Les trois hommes ont été récompensés par l’Académie suédoise pour leurs contributions à l’économie expérimentale.

« Grâce à ses travaux, nous avons également réalisé que les ressources des écoles sont beaucoup plus importantes pour la réussite future des élèves sur le marché du travail qu’on ne le pensait auparavant. »  

Jury Nobel

David Card a été récompensé pour « ses contributions empiriques à l’économie du travail ». Grâce à des « expériences naturelles », Card a analysé les effets du salaire minimum, de l’immigration et de l’éducation sur le marché du travail, allant à l’encontre des théories empiriques communément admises. Les résultats de ses recherches ont notamment montré que l’augmentation du salaire minimum n’entraîne pas nécessairement une diminution des emplois. « Ses études du début des années 1990 ont remis en question les idées reçues, ce qui a conduit à de nouvelles analyses et à de nouvelles perspectives. », selon le jury Nobel. « Grâce à ses travaux, nous avons également réalisé que les ressources des écoles sont beaucoup plus importantes pour la réussite future des élèves sur le marché du travail qu’on ne le pensait auparavant ». Le chercheur canadien reçoit la moitié du prix, doté de près d’un million d’euros. Il faut noter qu’à l’heure actuelle, ce choix de Nobel pour David Card est très important. En effet, contrairement à une pensée majoritairement acceptée dans l’inconscient collectif, la science économique a démontré empiriquement qu’une hausse du SMIC ou de l’immigration n’aurait pas d’effet négatif.

Un Nobel contrairement aux théories communément admises 

Angrist, 61 ans, et Imbens, 58 ans, ont conjointement été récompensés pour « leurs contributions méthodologiques à l’analyse des relations de cause à effet ». Au milieu des années 1990, ils ont réalisé des percées méthodologiques en permettant de tirer des conclusions solides sur les causes et les effets pouvant être tirés d’expériences naturelles, par exemple en matière d’éducation. Une difficulté qui se pose, car les conséquences d’une expérience ne sont pas les mêmes suivant les groupes suivis. Avec seulement deux lauréates parmi les 86 récipiendaires du prix (l’américaine Elinor Ostrom en 2009 et la française Esther Duflo 10 ans plus tard), soit 97,7% de lauréats masculins, le Nobel d’économie est le moins féminin dans un titre où les hommes sont globalement surreprésentés. Eh bien, il faut relever que l’économie vient mettre un terme à une semaine de Nobel dont la saison a notamment été marquée par le prix de la paix à deux confrères journalistes d’investigation, la directrice du média philippin Rappler, Maria Ressa, et le rédacteur en chef du journal russe Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov. Rendez-vous l’année prochaine.

Be First to Comment

Laisser un commentaire

Mission News Theme by Compete Themes.