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Music : Koffi Olomidé attend lundi 13 décembre prochain la fin du « cinéma » des accusations d’agressions sexuelles

Photo : Le chanteur congolais Koffi Olomide, au palais de justice de Versailles avec son avocat Emmanuel Marsigny, lundi 25 octobre


Ouvert hier, lundi 25 octobre, le procès en appel du célèbre chanteur de rumba congolaise, Antoine Agbepa Mumba alias « Koffi Olomidé » a connu sa dernière ligne droite. Présent en chair et en os, celui qui aime s’appeler « le grand Monpao » a balayé en bloc du revers de la main toutes les accusations d’agressions sexuelles et de séquestration qui le visent devant le tribunal correctionnel de Versailles, en France. Lors des débats devant la cour d’appel de Versailles près de Paris, Koffi Olomidé s’est bien défendu de vive voix. « C’est faux, c’est tout faux ! », en présence de l’un de ses conseils, Me Emmanuel Marsigny. La star de la rumba congolaise était accusée d’« agressions sexuelles et séquestration » de quatre de ses anciennes danseuses. Un acte que l’artiste musicien, chanteur, auteur-compositeur et producteur de renommée internationale aurait posé lors des tournées de son groupe musical en France. « Je suis fier d’avoir des danseuses qui gagnent 600 euros par tournée.  », a dit le chanteur franco-congolais devant le parquet qui a regardé dans le rétroviseur. 

« Le jugement de 2019 laisse perplexe à certains égards. »

Cour d’appel de Versailles 

Contrairement en 2019 devant le tribunal correctionnel de Nanterre, Koffi Olomidé, 65 ans, renommée internationale, barbe grisonnante et pull blanc, n’a pas gardé sa bouche B quand le parquet de Versailles a demandé de revenir sur le « naufrage » du premier jugement et de reconnaître coupable, selon lui, « cet homme puissant », star internationale qui vit désormais dans sa villa française. Le grand Monpao s’est pour la première fois expliqué en public sur les charges qui pèsent sur lui. Pour son premier procès qu’il n’avait pas assisté en 2019 devant le tribunal correctionnel de Nanterre, rappelons que le présumé accusé avait été condamné en première instance à deux ans de prison avec sursis pour « atteinte sexuelle » sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits, et relaxé pour l’essentiel des autres charges qui pesaient contre lui. Entre temps, le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel. « Le jugement de 2019 laisse perplexe à certains égards. », a estimé lors de l’audience de ce lundi, la présidente de la Cour d’appel de Versailles,  au début du procès en appel, suscitant l’approbation des conseils des parties civiles.

« Ça s’est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture, (…) dans des studios d’enregistrement. »

Une plaignante 

À l’ouverture du procès, en présence bien évidemment de l’accusé et notamment des plaignantes, la cour a invité ces dernières à occuper les premières loges du prétoire. De cette position, les quatre femmes danseuses de Koffi Olomidé, toutes de noir vêtues comme si elles étaient en deuil, ont suivi religieusement et consciencieusement la présidente donnée lecture du long rapport d’enquête. Ces quatre femmes congolaises, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013, accusent leur employeur de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et de les avoir forcées à avoir des relations sexuelles avec lui. D’après certaines, Koffi Olomidé tient des relations sexuelles avec elles régulièrement. « Ça s’est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture, (…) dans des studios d’enregistrement. », a raconté l’une d’elles, en larmes à la barre. Les plaignantes ont déclaré avoir été forcées à subir des relations sexuelles « plusieurs fois », puis « trois fois par semaine » pour l’une ou « trois ou quatre fois dans le mois » pour une autre. Depuis ce naufrage, aucune d’elles n’à tenter de retourner dans leur pays d’origine, le Congo, par « peur », selon elles, des conséquences face à une star internationale qu’elles surnommaient avant l’affaire le « président ». Par contre, l’une a déclaré avoir fait au moins une tentative de suicide. 

« C’est du cinéma, ça, Madame. »

Koffi Olomidé

Le principal accusé ne reconnaît pas du tout l’accusation de séquestration. Koffi Olomidé, à la barre, de sa voix grave, peu audible, mais d’un ton assuré, interrompant parfois la présidente de la cour, a déposé devant la juridiction qu’« elles allaient sur les Champs-Élysées » et que parfois « elles demandaient qu’on les accompagne », alors qu’elles ont affirmé à l’instruction qu’elles étaient escortées contre leur gré. L’accusé a dénoncé les « mensonges » des parties civiles. « Ce sont des récits concertés, un complot pour casser ma carrière. », a déclaré le grand Monpao, reconnaissant cependant qu’il avait un « droit de regard » sur leurs sorties car, assure le chanteur, « au Congo, ils ont tous le rêve français ». Koffi Olomidé a plaidé qu’il devait vérifier qu’elles ne cherchaient pas à rester en France à l’issue de la tournée parisienne. Il faut souligner que les danseuses plaignantes avaient raconté pendant l’enquête s’être finalement échappées du logement en juin 2006, avec une corde de drap, après avoir endormi les gardes à l’aide de somnifères. « C’est du cinéma, ça, Madame. », a soutenu à la barre la star de la musique identitaire de deux pays frères de l’Afrique centrale, le Congo et la République Démocratique du Congo (RDC), à savoir la rumba. « Le retour au Congo était imminent, elles savaient qu’on allait repartir au Congo. », poursuit l’accusé. « Elles voulaient donc rester en France à tout prix. », a affirmé Koffi Olomidé qui n’était pas seul sur le banc des accusés. 

« Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine !  »

Koffi Olomidé

Aux côtés de la renommée internationale de rumba, il faut noter deux autres hommes, proches de la figure emblématique de la musique congolaise. Ils ont également été rejugés, accusés de complicités. Tout comme le principal accusé, l’un d’eux a aussi évoqué des « mensonges » des parties civiles afin de rester en France. « J’était obligé de les suivre lorsqu’elles sortaient du pavillon. », a-t-il affirmé. « Car elles ne connaissaient pas la route pour faire les courses par exemple. », a expliqué cet accusé. Signalons que dans leur récit au juge d’instruction, les quatre jeunes femmes avaient également raconté que Koffi Olomidé les faisait venir parfois à l’hôtel, parfois en studio d’enregistrement, pour les forcer à avoir des rapports sexuels avec lui. « C’est faux, c’est tout faux ! », s’est écrié à la barre le chanteur congolais. « Je n’ai jamais séquestré ces filles », ajoute-t-il. « Moi, j’ai cherché à les protéger et elles ont trahi ma confiance. », a-t-il lancé. « À aucun moment je n’étais seul avec ces filles. », Koffi Olomidé s’est évertué à répéter avant de s’interroger. « Comment vous pouvez faire l’amour dans un studio ? J’hallucine ! Il y a des ingénieurs du son, il y a des assistants… Ça n’existe pas ! », a-t-il lancé à la cour. La star de rumba congolaise a aussi vivement rejeté les accusations de mauvais traitements pour lesquelles il est également renvoyé. Il convient de noter que huit ans de prison ferme ont été requis, au soir de l’audience d’hier, contre l’artiste. Le jugement a été mis en délibéré au lundi 13 décembre prochain.

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