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Coronavirus – Vaccin : Attention ! deux ministres positifs après avoir reçu leurs doses d’AstraZeneca, l’efficacité de la vaccination remis en cause ?

De nombreuses personnes sont testées positives au Coronavirus en étant vaccinées, mais cela ne remet pas en cause l’efficacité de la vaccination. Le Premier-ministre français, Jean Castex, qui a été testé positif hier soir, lundi 22 novembre, contaminé par sa fille de onze (11) ans, au Coronavirus, n’est plus le seul au sein du gouvernement à devoir se mettre à l’écart à cause de contamination. 24 heures après, un autre membre de son gouvernement vient à l’instant d’être déclaré positif. Dans la soirée de ce mardi 23 novembre, la ministre française déléguée à l’Insertion au sein du ministère du Travail a elle aussi annoncé sur Twitter avoir contracté le Coronavirus. « Après avoir été déclarée cas contact d’une personne testée positive au Covid-19, j’ai réalisé ce matin un test PCR qui s’est avéré positif. », a détaillé Brigitte Klinkert sur le réseau social à oiseau bleu.

« Les vaccinés n’ont plus de chance d’attraper la maladie. »

Jean Castex

En juillet dernier, pour justifier la fin de l’isolement des cas contacts avec un schéma vaccinal complet,  le Premier-ministre français, Jean Castex, lançait cette phrase sur TF1 : « Les vaccinés n’ont plus de chance d’attraper la maladie ». Quatre mois plus tard, le chef du gouvernement français, vacciné, a été diagnostiqué positif au Coronavirus. La contamination de Jean Castex quatre mois après cette petite phrase tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Certains y voyant la preuve que les vaccins ne sont pas efficaces face au Coronavirus, d’autres demandant à ce que la 3ème dose soit généralisée. S’il est clair qu’aucun épidémiologiste n’aurait pu dire que le vaccin « empêche d’attraper la maladie », ce qui est clairement faux, il ne faut pas non plus penser que les vaccinés ne sont pas plus protégés que les non-vaccinés. L’efficacité vaccinale est compliquée, mais il est essentiel de comprendre son fonctionnement et ses limites pour comprendre la situation épidémique actuelle et les risques à venir.

Une efficacité claire, mais pas à 100%

Il faut rappeler que quasiment aucun vaccin ne peut se targuer d’une efficacité à 100%, c’est-à-dire empêchant la maladie dans tous les cas. Le système immunitaire est complexe et les échecs vaccinaux sont connus. Que Jean Castex soit contaminé par le Coronavirus après avoir reçu deux doses d’AstraZeneca n’est donc pas illogique. Surtout, la protection donnée par ce traitement curatif dépend du vaccin, du variant du Coronavirus, mais aussi du temps depuis la seconde injection. Ainsi, on sait que pour le vaccin britannique, l’efficacité face à l’infection passe de 77% à 67% cinq mois après la seconde injection. Cette baisse de l’efficacité dans le temps face à l’infection est de plus en plus claire pour la communauté scientifique. Elle est couplée, ces derniers mois, à la dominance du variant Delta, qui lui aussi diminue quelque peu l’efficacité des vaccins. Le graphique suivant, issu d’un document du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain (CDC), permet de se rendre compte de cette baisse. La courbe verte représente l’efficacité du vaccin sans Delta, en rouge avec Delta. Plus on va vers la droite, plus le temps s’allonge depuis la deuxième dose. Plus on va vers le bas, moins le vaccin est efficace. 0,92 veut dire que le vaccin est efficace à 92%, cela veut dire qu’il y a neuf fois moins d’infectés chez les non-vaccinés, à population égale.

L’efficacité des vaccins face au Coronavirus diminue au fil du temps et face au variant Delta.
Sur la protection contre l’infection, il est donc clair que les vaccins perdent en efficacité, avec le temps et à cause de Delta. Il ne faut surtout pas penser qu’ils ne sont plus efficaces pour autant. Le ministère de la Santé permet de comparer le nombre de personnes positives au Coronavirus après un test PCR en fonction du statut vaccinal. Si l’on regarde les données brutes, à visualiser en cliquant ci-dessous, on voit ainsi qu’il y a beaucoup plus de vaccinés contaminés par le Coronavirus que de non-vaccinés.

Plus de vaccinés contaminés

Mais les apparences sont trompeuses. Il faut en effet se rappeler que 91% des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin en France. Si l’on reprend les mêmes données, mais que l’on compare à population égale (combien de tests PCR positifs pour 100.000 personnes vaccinées ou non-vaccinés), le tableau, à visualiser en cliquant ci-dessous, est différent.

Tableau

Le vaccin protège des formes graves, même après six mois

Pour résumer, sur l’infection, le vaccin est utile mais loin d’être efficace à 100%, surtout au bout de plusieurs mois. Mais ce n’est pas le rôle d’un vaccin de ce type (pour plus de détails, lisez nos articles dédiés aux vaccins classiques et aux vaccins muqueux). Son rôle, c’est surtout d’empêcher de tomber malade, de développer une forme grave, voire de mourir à cause du Coronavirus. Et sur ce point, les vaccins sont toujours extrêmement efficaces. Dans le même document du CDC, il est précisé que plusieurs études ont montré que les vaccins protègent toujours très bien contre les formes graves de Coronavirus six mois après l’injection. Quelques études ont décelé une baisse (jusqu’à 70 à 80%) uniquement chez les personnes les plus âgées, ce qui a poussé de nombreuses autorités de santé à proposer une dose de rappel. Cette protection se voit clairement dans les données françaises, à condition encore une fois de bien les interpréter. Depuis la fin octobre, il y a plus d’hospitalisés vaccinés que non vaccinés en France. C’est même vrai pour les services de réanimation depuis le début du mois de novembre. Mais si l’on regarde, en cliquant ci-dessous, à population égale (combien de personnes hospitalisées pour un million de vaccinées ou non vaccinées), on voit bien l’effet clair de la vaccination.

Personnes hospitalisées

Personnes hospitalisées

En résumé, le vaccin n’est pas une arme ultime, parfaite, face au coronavirus. Même vacciné, il est possible d’attraper le Coronavirus et de le transmettre, voire de tomber gravement malade, mais on a bien moins de risques que cela arrive que si l’on n’est pas vacciné. C’est pour cela que le vaccin seul, dans l’état actuel des choses, ne viendra pas à bout de la pandémie. L’efficacité sur l’infection (et donc la transmission) n’est pas suffisante, notamment face à Delta, et ne dure pas suffisamment longtemps. C’est par contre la meilleure arme à notre disposition, qui vient s’ajouter à l’arsenal déjà existant, des masques aux gestes barrière en passant par l’aération. Et en espérant qu’elle soit suffisamment puissante pour ne pas avoir à user de la plus efficace : le confinement.

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