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Afrique – Europe : 48 heures pour dessiner un nouveau départ entre les deux continents, au sommet UA – UE, à Bruxelles

Les jeudi 17 et vendredi 18 février, se tient à Bruxelles, en Belgique, le sommet Union Africaine – Union Européenne (UA – UE). À travers ce sommet, l’Afrique et l’Europe affichent leur volonté de dessiner un nouveau départ, sur la base de priorités et de principes qui seront discutés, durant les deux jours dans la capitale belge. Les dirigeants des deux continents vont devoir focaliser leurs discussions ouvertement dans ce sens, mais aussi âprement afin que la déclaration conjointe qui sera publiée, le vendredi 18 février, puisse être de l’intérêt général des africains et européens. Et le format répond parfaitement au regard de sept tables rondes de haut niveau, en lieu et place de séries de discours de chefs d’État. Selon les attentes, une ombre de déception de l’Afrique vis-à-vis du partenariat avec l’Europe, plane sur le sommet, genre « l’Europe n’a pas été suffisamment perçue comme un acteur réactif, souple et adapté aux besoins de financement du continent africain ». Et le recours à d’autres acteurs, notamment la Chine, pour le financement de ses infrastructures est loin d’être un simple indicateur. L’Europe veut marquer son retour sur ces enjeux-là et notamment sur l’enjeu du financement des infrastructures africaines.

« Ce sommet constitue (…) une occasion unique pour l’Europe de démontrer qu’il est le premier partenaire de l’Afrique. »

L’Élysée

La crise sanitaire fera beaucoup parler. « Ce sommet constitue aussi une occasion unique pour l’Europe de démontrer qu’il est le premier partenaire de l’Afrique dans le cadre de la riposte à la Covid-19. », soutient l’Élysée, présidence de l’Union Européenne. En effet, l’UE souhaite allouer à l’Afrique 450 millions de doses de vaccins d’ici mi-2022, mais aussi aider à la production vaccinale avec au moins trois pays qui sont déjà identifiés et très avancés, notamment l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Sénégal et bientôt le Ghana. À Dakar, la capitale sénégalaise, la présidente de la Commission Européenne, Ursula Von Der Leyen, a annoncé, la semaine dernière, un plan régional de 150 milliards d’euros d’investissements en Afrique, dans le cadre du « Global Gateway ». Il est bien clair que les priorités, en termes infrastructures seront abordées au cours des discussions à Bruxelles. Dans ce registre, impossible de ne pas parler du projet d’interconnexion entre notre pays, le Bénin et son voisin de l’Est, le Nigeria. Un projet qui consiste à construire 180 Km de ligne haute tension (330 kV) entre les deux pays Ouest-Africains, pour un coût estimé de 115 millions de dollars. Aussi, sur le plan des investissements dans le secteur des énergies renouvelables et dans des projets de développement de réseaux de fibre optique et de data center verts, les dirigeants africains ne resteront pas bouche Bé.

« Ça nous paraît très important, le Bénin par exemple est très en avance sur ce point, c’est-à-dire comment développer la formation professionnelle adaptée aux besoins vraiment locaux ou régionaux en Afrique. »

La Marina

D’autres points sur les enjeux du développement durable, notamment la formation professionnelle, seront également sur les tables rondes à Bruxelles. Et la présidence béninoise est d’ores et déjà contente, à Cotonou, la capitale économique du pays. « Ça nous paraît très important, le Bénin par exemple est très en avance sur ce point, c’est-à-dire comment développer la formation professionnelle adaptée aux besoins vraiment locaux ou régionaux en Afrique. », commente-t-on au Palais de la Marina. Il est à noter que 500 millions d’euros pour l’Afrique sur la période 2021-2027, sont prévus par la Commission Européenne dans le domaine de la formation professionnelle et des compétences. Signalons que les participants à ce sommet ne vont pas aller par quatre chemins pour trouver de place sur les tables rondes au climat, à l’agriculture, à la transition énergétique, et certainement une ligne aussi dans la déclaration conjointe finale.

Défis sécuritaires et coopération militaire

Au tour des tables rondes à Bruxelles, les dirigeants des deux continents ne s’entendront sûrement pas sur les questions relatives à la stabilité et la sécurité au Sahel. Lors des débats sur ce point, les priorités risquent d’être bousculées. Mercredi 16 février, la majeure partie de ses questions avait été vidée, à l’occasion d’un dîner consacré à la situation au Sahel organisé à la présidence française, à Paris, par Emmanuel Macron. « Toute décision sur l’avenir de l’engagement de l’Europe dans cette région doit être prise dans un cadre collectif. », révèle la France, présidence de l’UE, affichant « une volonté collective de rester engagé au Sahel dans la durée », avec la revue des modalités de coopération. À la table de ce dîner, étaient présents les dirigeants du Niger, du Tchad et de la Mauritanie, ainsi que ceux des pays d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo et Bénin, Sénégal).

Les grands absents

Suspendus et sanctionnés pour les coups d’États perpétrés respectivement en 2021 et en 2022, le Mali et le Burkina-Faso n’étaient pas conviés à cet effet. L’Union Africaine (UA) sera doublement représentée par son président en exercice, le sénégalais Macky Sall, mais aussi le président de la Commission Africaine, Moussa Faki. Côté européen, les représentants des institutions européennes, dont le président du Conseil Européen, le Premier ministre belge, Charles Michel, la présidente de la Commission Européenne, Ursula Von Der Leyen. Il faut ajouter les pays impliqués dans la force « Takuba », groupement de forces spéciales composées principalement d’unités de plusieurs pays de l’Union Européenne (UE). À Bruxelles, l’Allemagne et l’Espagne sans oublier les États-Unis et le Royaume-Uni seront également présents.

« La question ne se limite pas au retour et à la réadmission des migrants. »

Tomas Tobé

Le sixième sommet UE – UA a en suspend des questions prioritaires pour l’Europe dont celle de la forme que pourrait prendre la gestion des flux migratoires à l’avenir ? « On espère que ce sommet soit le terrain de discussions à bâtons rompus. », a déclaré, mardi 15 février, le député au Parlement Européen, Tomas Tobé, accordant une priorité à la recherche des causes profondes de la crise migratoire. « J’espère vraiment que nous pourrons progresser avec des discussions franches. Il faut trouver un cadre de coopération bénéfique à chacun. La question ne se limite pas au retour et à la réadmission des migrants. », avait ajouté le conservateur du Parti populaire européen, privilégiant le travail en synergie sur ces questions sensibles. Du côté de la Vice-présidente de la Commission du Développement, c’est du témoignage à propos de migration. « La raison primordiale est cette idée que les migrants ont plus de droits, beaucoup de facilités. Ce qui est faux. », a déploré Pierrette Fofana.

« On peut aussi se dire des vérités qui font mal. »

Pierrette Fofana

Avec franchise et pragmatisme, la déléguée des relations avec le Parlement panafricain espère des discussions sincères. « On peut aussi se dire des vérités qui font mal. », a franchement laissé entendre Pierrette Fofana. Bruxelles est donc, c’est clair, la capitale des mécanismes précis pour favoriser la migration légale au regard de la qualité des débats qui sont annoncés pour conduire au renforcement de la lutte contre le trafic des passeurs et la consolidation des actions de retour et de réadmission. La question de la création de richesse et d’emplois en Afrique ne sera-t-elle pas débattue avant la fin de ce sommet ? La députée européenne ne manque pas de réponse parmi les durables. « Ensemble, nous pouvons créer des milliers d’emplois, stimuler le commerce. Il faut une croissance durable. », a suggéré Pierrette Fofana qui voit dans la création d’emplois, une des véritables portes de sortie de crise tout en insistant sur la nécessité des efforts de sensibilisation avec la participation de la diaspora.

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