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France : La neige arrive en avril avec un risque pour les cultures

Une vague de froid en France dans les prochains jours, c’est normal, l’anomalie a eu lieu en mars. Cependant, ce sont surtout les pics de chaleur de mars qui posent problème. Les cultures qui ont bourgeonné à cause de la vague de chaleur de mars sont mises en danger par le froid à venir. Après le sable du Sahara (qui revient d’ailleurs dans le Sud de la France), c’est de la neige qui pourrait arriver. Une vague de froid en provenance du Nord va s’abattre sur l’Hexagone en ce début avril, selon Météo France. Si l’idée de voir le paysage se draper de blanc enchante certains, ce n’est pas le cas de tout le monde dans le pays. Pour les agriculteurs français, ce froid fait craindre le risque de gel pour leurs cultures. Mais ce phénomène climatique n’est pas une anomalie en soi, les épisodes de gel tardifs étant même relativement fréquents. Le souci vient plutôt des pics de chaleur qui ont eu lieu durant ce mois. Avec des niveaux d’ensoleillement records dans certaines régions et des températures jusqu’à 8°C au-dessus des normales saisonnières, la chaleur précoce à la fin de l’hiver et au début du printemps a entraîné un bourgeonnement des cultures. Une vague de froid tardive peut alors ravager ces plantes.

« Les études montrent que l’apparition des ‘faux printemps’ n’est pas compensée par la diminution des gels tardifs. »

Robert Vautard

Le fameux adage est un rappel, s’il en faut, qu’il n’est pas exceptionnel d’avoir des températures froides en avril. Ce qu’il l’est plus, c’est de voir les dernières gelées arriver de plus en plus tôt dans l’année. Ainsi, les ultimes épisodes de froid arrivent désormais jusqu’à vingt jours plus tôt que d’ordinaire, conséquence du réchauffement climatique. Si l’on a pu penser que l’arrivée de ce froid printanier serait une bonne nouvelle, la réalité n’est pas aussi simple. Car le changement climatique est aussi la cause de ce « faux printemps ». De plus, à en croire le climatologue français, Directeur de recherche au CNRS, Robert Vautard, « les études montrent que l’apparition des ‘faux printemps’ n’est pas compensée par la diminution des gels tardifs ». La plante se retrouve alors prise dans un yo-yo climatique, avec un rythme des saisons perturbé qui dérègle les cultures et leur phénologie ; c’est-à-dire le processus par lequel passe la plante au cours de son développement : l’apparition de bourgeons, la floraison, etc. Conséquence pour les agriculteurs, le risque est grand de voir le gel détruire des cultures en plein développement. Face au réchauffement, le milieu agricole doit s’adapter, selon le climatologue français. « On observe de plus en plus de records de chaleur en hiver, ça devient vraiment fréquent. Cette tendance est directement liée au changement climatique. », expliquait encore Robert Vautard.

« Les vignes notamment devraient moins souffrir, même si la vigilance est de mise pour l’arboriculture ou les céréales »

Olivier Proust

Le Directeur de recherche au CNRS ajoutait que les épisodes de « faux printemps » vont se poursuivre, laissant les plantes toujours aussi vulnérables en cas d’épisodes de gel en avril. Particulièrement important l’an dernier, le risque de destruction des plantations semble moins important cette année, selon Olivier Proust, météorologue pour Météo France. Expliquant lors d’un point presse la vague de froid à venir, il relativise ainsi le degré d’intensité potentielle des gelées : « les vignes notamment devraient moins souffrir, même si la vigilance est de mise pour l’arboriculture ou les céréales ». À cela s’ajoute un autre problème : l’arrivée du froid ne devrait pas amener de précipitations abondantes, comme l’explique Olivier Proust. Alors que l’hiver a été particulièrement sec, le secteur agricole fait donc également face à un autre risque : la sécheresse. Une préoccupation qui intervient dans un contexte déjà tendu pour l’agriculture dans le pays d’Emmanuel Macron, marqué notamment par l’augmentation des prix des céréales en raison de la guerre en Ukraine. « En France, il n’y aura pas de risque de pénurie. Mais il y a un risque de prix. », a souligné le ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, alors que le chef de l’État français avait alerté sur une possible « crise alimentaire sans précédent ».

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