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France : Entre Emmanuel Macron et Didier Lallement, pas question de limogeage, c’est la confiance totale

Photo : Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, et le préfet de police de Paris, Didier Lallement


Le préfet de police de Paris a le soutien du président de la République française. Emmanuel Macron a assuré, ce jeudi 2 juin, avoir confiance en Didier Lallement, alors que les rumeurs sur son limogeage émergent depuis le fiasco de la finale de la Ligue des champions au Stade de France. « Les ministres, je les nomme, j’ai confiance en eux, c’est le cas aussi du ministre de l’Intérieur [Gérald Darmanin] » et « du préfet qui représente la République et l’ordre public (…) et donc je veux redire ma confiance dans les intéressés. », a déclaré le chef de l’État français à la presse en marge d’un déplacement, hier, dans la cité phocéenne consacré à l’Éducation. Emmanuel Macron a souligné la nécessité de « transparence » pour « tirer tous les enseignements » à quelques mois de la coupe du monde de rugby 2023 et des JO en 2024.

Une doctrine de maintien de l’ordre contestée

Les appels à la démission sont nombreux ces derniers jours. L’élu communiste de Paris Nicolas Bonnet-Oulaldj, maillot de Liverpool sur le dos, a réclamé le départ du préfet dont il dénonce la « doctrine du maintien de l’ordre » faite de « répression plutôt que de l’apaisement » et de « l’utilisation disproportionnée de la force ». La maire de la capitale Anne Hidalgo a aussi regretté une méthode qui « consiste à aller vers des logiques de nasse plutôt que de désescalade »« Nous ne demandons pas des comptes aux troupiers, mais aux chefs. Je vous le dis, le préfet de police Lallement, dans trois semaines, si je suis élu, il s’en va. », a promis l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, tandis que Marine Le Pen a pointé du doigt un « homme brutal ».

« Que le ministre pointe du doigt des responsabilités individuelles sur le dispositif collectif, ce n’est pas choquant… »

Grégory Joron

Le syndicat Unité SGP Police a aussi demandé à Didier Lallement de prendre ses responsabilités. « Que le ministre pointe du doigt des responsabilités individuelles sur le dispositif collectif, ce n’est pas choquant. Ce qui est plus gênant, c’est qu’il ne fasse que ça comme remise en cause et que la chaîne de commandement qui remonte jusqu’au préfet de police ne soit pas questionnée. », a expliqué le Secrétaire général, Grégory Joron. Alternative police fustige quant à lui « l’hypocrisie en utilisant le préfet de police comme fusible des dysfonctionnements ». Et de pointer que Didier Lallement a l’intention de partir cet été à la retraite à l’âge de 65 ans. Il l’aurait annoncé début mai devant les directeurs et directrices de la préfecture de police, indique le Point.

Chaos au Stade de France

Mercredi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a esquissé un mea culpa à l’occasion d’une audition de trois heures devant la commission des lois du Sénat, ouvrant la voie à des réparations pour les supporters et des sanctions contre les policiers, tout en maintenant sa version controversée sur le nombre de faux billets. Lundi, il avait également apporté « tout son soutien » à Didier Lallement sans qui « il y aurait eu des morts ». Samedi soir, le chaos régnait aux abords du stade de France en marge de la finale de la Champions League entre Liverpool et le Real Madrid : spectateurs sans billets qui escaladent les grilles, familles et supporters aspergés de gaz lacrymogènes, ou bien encore victimes de vols ou d’agressions. Des incidents dus, selon Gérald Darmanin, à l’afflux de « 30.000 à 40.000 supporters anglais sans billet » ou « avec des billets falsifiés ». Cette situation a, selon les autorités de Paris, entraîné près du Stade un engorgement massif, des débordements et une intervention des forces de l’ordre, qui n’ont fait aucun blessé grave. Les oppositions jugent mensongères les affirmations de Gérald Darmanin.

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