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Transport aérien : Attention, si vous voyagiez en Europe ce week-end

Photo : Un avion de la compagnie Ryanair


En effet, vous pouvez bien voyager en Europe, mais pas avec la compagnie Ryanair. Elle est en grève pour dénoncer un manque de personnel qui se plaint de salaires trop bas auxquels s’ajoutent des conditions de travail difficiles. Pour bien écouter les revendications des salariés et essayer de trouver une solution convenable, l’entreprise irlandaise se mettra donc en grève ce week-end dans plusieurs pays européens. Selon les grévistes, il y a plus de voyageurs qu’avant la crise sanitaire liée à la pandémie de Coronavirus, en 2019, mais moins de personnel. Cette réalité est une équation à plusieurs inconnus pour les travailleurs de la compagnie aérienne de Ryanair. Ces derniers se plaignent du non-respect des heures de repos. Ce samedi 25 et demain dimanche 26 juin, les avions Ryanair ne voleront pas vers les pays européens, notamment la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal.

« Personne ne veut venir travailler dans une compagnie aérienne où dans l’avion, ils n’ont ni à boire ni à manger. »

Stéphane Salmon

Au lendemain d’ouverture des frontières aériennes des pays du monde qui ont subi les affres de Coronavirus et ses restrictions, le trafic aérien a repris avec force. Les salariés de Ryanair se disent sous pression face à la reprise brutale du trafic aérien. Malgré cela, selon eux, ils sont rémunérés contrairement aux dispositions de l’Organisation International du Travail (OIT). « Personne ne veut venir travailler dans une compagnie aérienne où dans l’avion, ils n’ont ni à boire ni à manger. », dénonce le Secrétaire Général Adjoint du SNPNC-FO. « Ils sont payés en dessous du SMIC, les heures supplémentaires ne sont pas payées. Et avoir une vie un peu décousue sans savoir quand ils vont travailler, quand ils vont être de repos. La compagnie négocie toujours en dessous du minimum légal. (…) », ajoute Stéphane Salmon« On veut avant que la compagnie applique les lois. », martèle-t-il. 

« Nous en France, nous sommes réglementés par le code de l’aviation civile et celui des transports. Nous avons un temps de repos établi par cette réglementation. Mais Ryanair n’applique pas cette réglementation. (…) »

Stéphane Salmon

Pour le défenseur des intérêts du personnel de Ryanair, l’entreprise irlandaise n’est pas en conformité avec la réglementation en vigueur dans le transport aérien. « Nous en France, nous sommes réglementés par le code de l’aviation civile et celui des transports. Nous avons un temps de repos établi par cette réglementation. Mais Ryanair n’applique pas cette réglementation. Elle applique une réglementation européenne, et devrait normalement demander auprès de la Direction générale de l’aviation civile une dérogation pour pouvoir appliquer cette loi européenne, mais elle ne le fait pas. », explique le Secrétaire Général Adjoint du SNPNC-FO. Du côté des responsables de la compagnie aérienne, il n’y a pas lieu faire de concessions. Le patron de Ryanair a multiplié le mouvement social par nul. « Personne ne le remarquerait ou presque. », soutient Michael O’Leary, affirmant que la plupart des vols seraient quand même assurés « même si un syndicat de Mickey fait grève ».

« Les retards et les annulations de vols pour manque de personnel ne viennent pas tant de Ryanair que de la sécurité. »

Michael O’Leary

À en croire le N°1 de la compagnie aérienne, le problème est ailleurs. « Les retards et les annulations de vols pour manque de personnel ne viennent pas tant de Ryanair que de la sécurité. », précise Michael O’Leary, accusant le Brexit (pour le cas de l’Angleterre par exemple), le grand responsable, celui qui a fait fuir les travailleurs étrangers de l’aéroport à Londres. À Dublin, la capitale de l’Irlande, la compagnie a un temps conseillé à ses voyageurs d’arriver quatre heures en avance pour affronter les immenses files d’attente. Ce qui a donné lieu à une image plutôt surprenante le week-end dernier : le PDG de Ryanair qui retrousse ses manches pour aider ses salariés à faire l’embarquement. Il convient de relever que le bras de fer obligeront les négociations à se poursuivent voir tout l’été. Et pour cause, malgré la saison qui s’annonce prometteuse, la Fédération Européenne des Travailleurs du Transport (FETT) est déterminée à mener la lutte sociale jusqu’au bout.

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