Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

États-Unis – France : Jos Biden accorde autant d’égards à Emmanuel Macron

Photo : Le couple présidentiel français aux États-Unis, ce mardi 30 novembre


Week-end à Washington, tous les deux, avec des centaines de personnes. Le président français, Emmanuel Macron, est arrivé aux États-Unis dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 novembre pour une visite d’État historique à plusieurs titres : c’est la première accordée par le président américain, Joe Biden, depuis son élection. Et c’est aussi la deuxième pour le chef de l’État français, après l’invitation de Donald Trump en 2018. Un honneur rare, auquel aucun des présidents français n’avait eu droit jusqu’ici. Dans le détail, le locataire de l’Élysée doit atterrir mardi soir aux États-Unis, avant un programme chargé qui le mènera du cimetière national d’Arlington au Congrès américain, en passant, bien sûr, par la Maison Blanche… ou La Nouvelle-Orléans. La cérémonie officielle sur la pelouse de la demeure présidentielle américaine est prévue pour jeudi matin, avec les hymnes nationaux, la présentation des délégations et les traditionnels 21 coups de canon. L’occasion de célébrer l’amitié franco-américaine, en grande pompe, sans occulter toutefois plusieurs dossiers potentiellement éruptifs, liés, notamment à la guerre en Ukraine. Autant d’égards qui s’expliquent par la force des liens entre Paris et Washington… Mais pas seulement. 

Le plus vieil allié des États-Unis

Des deux côtés de l’Atlantique on loue effectivement la relation particulière, historique et stratégique, qui unit les deux capitales. « Une visite d’État est un honneur qui n’est pas que protocolaire. (…) En recevant Emmanuel Macron, Joe Biden veut mettre en avant la relation spéciale avec la France, notre plus vieil allié, et leur unité absolue sur le soutien à l’Ukraine face à Moscou », fait valoir Johanna Maska, une ancienne membre de l’administration Obama, dans une interview au site 20 Minutes. À l’Élysée, on dit « apprécier » cette « marque de reconnaissance rare » qui symbolise « l’excellence des relations franco-américaines ». « C’est un honneur qui est fait à la France plutôt qu’à tout autre pays européen, donc nous l’apprécions à sa juste valeur », expliquait-on, au Château, quelques jours avant la visite présidentielle, en insistant sur des enjeux de « substances », au-delà du protocole, et plusieurs dossiers phares : la guerre en Ukraine et ses conséquences, l’investissement industriel. Ou les coopérations dans le domaine nucléaire, spatial.

Les astronautes Thomas Pesquet et Sophie Adenot seront d’ailleurs du voyage, au sein d’une vaste délégation française, qui comptera dans ses rangs, en plus des ministres français de l’Armée, de la Culture ou de l’Économie, le danseur étoile Benjamin Millepied, le patron de Total Patrick Pouyanné ou encore Laurence Des Cars, la présidente du Louvre. Preuve de la variété des sujets qui seront évoqués. Et de la philosophie globale de cette visite. « La France est vue comme un allié qui compte, avec une valeur ajoutée sur le plan militaire, influent en Europe sur tous les grands sujets qu’ils soient commerciaux, technologiques… », résume Benjamin Haddad, député Renaissance de Paris et chercheur en relations internationales, avant d’ajouter : « Surtout depuis le Brexit. ». De quoi justifier le tapis rouge déroulé à Emmanuel Macron, cette semaine ? En partie, sans doute. Car dans ce contexte, certains spécialistes avancent d’autres raisons, complémentaires, mais un peu moins reluisantes.

Les sous-marins australiens, souvenir d’un « casus belli »

Difficile effectivement de ne pas inscrire cette visite dans une forme de suite à l’affaire des sous-marins australiens. Lorsque, en septembre 2021, les américains et britanniques ont signé le pacte Aukus avec l’Australie, au détriment de leur allié français et d’un juteux « contrat du siècle » pour Paris. Une « trahison », selon Paris à l’époque. S’il ne nie pas les « affinités idéologiques entre le parti démocrate américain et la mouvance que représente Emmanuel Macron en Europe », Karim Emile Bitar chercheur à l’IRIS, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis, nous parle également d’une « dimension de réparation dans cette visite. » « Pour faire oublier, tourner la page, de l’affaire des sous-marins australiens qui avait pratiquement été perçue comme un casus belli », explique-t-il, à l’unisson de nombreux de ses collègues, experts des relations internationales.

« Ça laisse des traces ce genre de chose »

Benjamin Haddad

Le député Renaissance, chercheur en relations internationales indique. « C’est clair que ça a laissé une trace. Ça laisse des traces ce genre de chose. », confirme le député Benjamin Haddad, avant de nuancer immédiatement : « beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Ça a surtout laissé une trace avec l’Australie. On sait que les États-Unis ont toujours défendu leurs intérêts… On fait avec. ». L’élu parisien, qui a vécu plus de dix ans à Washington, voit surtout « une évolution du côté des américains » en ce qu’ils « se rendent compte au fond d’eux qu’ils ont besoin d’une Europe qui s’assume plus, qui gagne en autonomie ». « Pour les républicains comme pour les démocrates, la vision d’une Europe plus souveraine peut bien calibrer avec le changement de priorité des États-Unis », davantage tourné vers la Chine. Les deux présidents auront du temps pour évoquer ces nombreux sujets, certains plus épineux que d’autres, au cours de plusieurs entretiens ou des deux dîners prévus par l’administration américaine. Le premier, privé, mercredi soir, pour un moment « d’intimité présidentielle », selon les mots de l’Élysée. Le deuxième, « officiel », à la Maison Blanche jeudi. Quand on aime, on ne compte pas. Quand on veut se faire pardonner, non plus.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.