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Sénégal : L’opposant Ousmane Sonko extirpé de son véhicule par la police en pleine circulation (vidéo)

Photo : L’opposant sénégalais, Ousmane Sonko, dans son véhicule, à Dakar, ce jeudi 16 février


La présidentielle de 2024 au Sénégal s’annonce très inquiétante pour les opposants du président sortant Macky Sall en fin de son deuxième mandat consécutif à la tête du pays. Ce jour, l’un des chefs de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko, en a fait le constat bien amer dans les rues de Dakar. En effet, l’homme du Casamance a été l’objet d’une scène d’extirpation de son véhicule dans la capitale sénégalaise, ce jeudi 16 février. Dans une vidéo devenue très virale sur les réseaux sociaux, on y voit Ousmane Sonko, sans opposition, sorti de force de son véhicule par les forces de sécurité. Une fois à l’extérieur du véhicule, après avoir brisé les vitres dudit véhicule afin de le sortir manu militari, l’opposant ennemi N°1 à éliminer a été reconduit chez lui par les forces de l’ordre. Comme on peut le voir ci-dessous, les images diffusées en direct sur les réseaux sociaux montrent des hommes en uniforme, apparemment des policiers armés jusqu’aux dents, briser la vitre de la voiture à l’arrière de laquelle se trouve Ousmane Sonko et dont il refuse de sortir s’il n’était pas en état d’arrestation. Ils actionnent de l’extérieur l’ouverture de la portière et l’extraient en le tirant par le bras.

Ousmane Sonko demande s’il est en état d’arrestation aux hommes en uniforme, qui lui répondent par la négative et lui disent qu’ils vont le reconduire chez lui. Sa résistance n’a duré que quelques secondes avant que l’opposant sénégalais ne se laisse emmener. La préfecture a indiqué plus tard que l’adversaire politique de Macky Sall avait bien été ramené chez lui. Cette scène s’est produite dans un climat de tension grandissante à un an de la présidentielle, dans un pays réputé pour sa stabilité dans une région troublée avec les menaces du terrorisme. L’arrestation spectaculaire du challenger du président sénégalais intervient après qu’Ousmane Sonko eut comparu devant le tribunal dans une affaire dont pourrait dépendre sa candidature à la présidentielle prochaine. Une comparution qui a nécessité le déploiement d’un nombre important des forces de l’ordre autour du tribunal dans le centre de la capitale Dakar. Elle a tourné à des lances de grenades lacrymogènes contre une centaine de partisans de l’opposant qui voulaient suivre le procès, mais se sont provisoirement dispersés dans les rues adjacentes.

Poursuivi par le ministre du Tourisme

Comme à chaque fois qu’il a été convoqué depuis 24 mois, ce nouveau rendez-vous avec la justice pour Ousmane Sonko, troisième à la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, a donné lieu à un important dispositif policier. Il est à noter que l’opposant sénégalais est poursuivi par le ministre sénégalais du Tourisme, Mame Mbaye Niang, également responsable du parti présidentiel, pour « diffamation, injures et faux ». Le procès s’est ouvert après une énorme bousculade à l’arrivée du prévenu, les gardes empêchant ses partisans d’entrer dans une salle déjà bondée de journalistes et de représentants de l’opposition. Finalement, le président a ordonné un renvoi du procès au 16  mars prochain. Ousmane Sonko s’était abstenu de se présenter le jeudi 2 février. Ses avocats avaient assuré que leur client n’avait pas reçu de convocation. L’opposant avait annoncé, hier, mercredi soir, qu’il se rendrait au procès, ce jeudi matin. Ousmane Sonko avait appelé « tous les sénégalais à se joindre à (lui) au tribunal de Dakar pour mettre fin à cette mascarade ».

Une douzaine de morts

Le déplacement du natif de Casamance dans un cortège d’une dizaine de voitures suivies par de nombreux véhicules des forces de sécurité a causé un tohu-bohu dans Dakar, bloquant la circulation sur un des principaux axes de la capitale. En mars 2021, Ousmane Sonko s’était rendu accompagné d’une foule massive à une convocation devant un juge dans une affaire de viols présumés, qu’il conteste. Son arrestation en chemin avait provoqué les émeutes les plus graves connues par ce pays depuis des années. Elles avaient fait une douzaine de morts. La justice a ordonné en janvier dernier, son renvoi devant un tribunal dans cette affaire. Aucune date de procès n’est connue. Ousmane Sonko crie au complot destiné à l’écarter de la présidentielle et à l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir du président Macky Sall, ce que ce dernier réfute. Le procès en diffamation retient une attention grandissante, les textes prévoyant une radiation des listes électorales, et donc une inéligibilité, dans un certain nombre de cas de condamnation. Que réservent les heures à venir aux sénégalais ? Difficile de répondre depuis la rédaction differenceinfobenin.com et celle du journal quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », ici à Porto-Novo. Wait and see !

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