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Tigri contre Talon : L’assaut qui a échoué aux portes du pouvoir, sous les yeux du civil gagnant

Photo : Le putschiste Pascal Tigri, et le président Patrice Talon


Bien que les prénoms Patrice et Pascal aient commencé par la même lettre P et ne soient pas formés du même nombre de lettres, les noms (de famille) eux, sont au même point : T au début et cinq lettres pour les écrire, dans deux différentes orthographes bien évidemment. Deux courageux diamétralement opposés ? Où le civil, grâce à son esprit patriotique plus que le militaire, a fait la différence en sortant gagnant ! Quoi qu’il en soit, la tentative menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri contre le président Patrice Talon constitue l’un des épisodes sécuritaires les plus marquants du Bénin ces dernières années.

Une attaque coordonnée dès l’aube

Si l’opération avait finalement échoué, son déroulé met en évidence plusieurs vulnérabilités institutionnelles, ainsi que la réactivité des Forces Armées Béninoises (FAB). Selon la reconstitution des faits, les événements ont débuté à 5h du matin, le dimanche 7 décembre, lorsque un groupe de militaires mutins, dirigé par le lieutenant-colonel Tigri, s’est présenté devant la résidence présidentielle. L’initiative visait clairement à renverser le chef de l’État, en ciblant simultanément la tête de l’exécutif et les symboles stratégiques du pouvoir.

Une coordination accélérée des ripostes

La Garde Républicaine, chargée de la protection du président, a immédiatement engagé le combat. Les échanges de tirs ont été d’une intensité inhabituelle, entraînant des pertes dans les deux camps. Le président Talon a suivi les affrontements depuis le dispositif de sécurité intérieur, aux côtés des unités dédiées à sa protection, ce qui a permis une coordination accélérée des ripostes.

Repli vers la télévision nationale

Après près d’une heure de combats infructueux, les insurgés ont opéré un repli tactique vers les locaux de la SRTB, la télévision nationale, point névralgique pour toute tentative de prise de pouvoir. Ils ont pu en prendre le contrôle temporairement, objectif vraisemblable d’y diffuser un message annonçant un changement de régime ; une stratégie classique dans les coups d’État militaires. Ce contrôle n’a toutefois été que transitoire. Les unités régulières ont lancé une contre-offensive rapide, permettant la reprise du site dans un délai limité. Plusieurs mutins ont été arrêtés, tandis que d’autres ont abandonné leurs armes avant de prendre la fuite.

Restauration de l’ordre et fin de l’assaut

En fin de journée, les FAB ont repris l’ensemble des points occupés par les insurgés, mettant un terme définitif à la tentative de putsch. L’opération aura néanmoins démontré une capacité de nuisance significative du groupe mené par Tigri, capable de porter atteinte à la sûreté de l’État, même brièvement.

Analyse : enseignements de l’échec

L’échec de l’assaut s’explique par plusieurs facteurs :

1. Une absence d’effet de surprise total

Malgré une attaque déclenchée à l’aube, la Garde Républicaine a réagi de manière immédiate, ce qui suggère un niveau de préparation ou d’alerte soutenue.

2. Une opération ambitieuse mais mal articulée

Le triple objectif (neutralisation du président, neutralisation ou kidnapping des hauts gradés de l’armée puis prise de contrôle de l’appareil de communication) nécessitait une synchronisation élevée. L’incapacité à maintenir la pression initiale a rapidement réduit la portée de l’action.

3. La supériorité opérationnelle des forces régulières

Les FAB ont fait preuve de rapidité dans la reconquête du média national, élément stratégique qui, s’il avait été conservé plus longtemps, aurait pu modifier la perception de la situation par la population et les forces indécises.

4. Une base de soutien limitée

Rien n’indique que les mutins aient bénéficié de relais politiques, institutionnels ou populaires leur permettant de stabiliser leur action au-delà du choc initial.

Conclusion

Cet événement du 7 décembre met en lumière les risques inhérents à toute tentative de renversement armé et souligne la centralité des institutions de sécurité dans la préservation de l’ordre constitutionnel. L’ « assaut qui a échoué aux portes du pouvoir » illustre ainsi les limites d’une opération isolée, conduite sans profondeur stratégique ni appui durable, malgré la capacité du groupe de Tigri à atteindre temporairement des positions sensibles.

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