Rabat a retenu son souffle pendant plus de deux heures. Ce mercredi 14 janvier, au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah, le Maroc a décroché son billet pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 en venant à bout du Nigeria à l’issue d’un combat intense, conclu aux tirs au but (0-0, 4-2 TAB). Les Lions de l’Atlas rejoignent ainsi les Lions de la Teranga, tombeurs plus tôt de l’Égypte, pour une finale très attendue dimanche 18 janvier prochain, dans la capitale marocaine.
Un contexte chargé d’histoire… et d’attente
Entre le Nigeria et le Maroc, le passé commun est mince. Avant ce rendez-vous, les deux sélections ne s’étaient affrontées qu’à cinq reprises, la dernière remontant à plus de vingt ans. La première confrontation, en 1976, avait d’ailleurs souri aux marocains, lancés alors vers un sacre continental. Un clin d’œil de l’histoire que les 65 458 spectateurs présents à Rabat, ce soir, espéraient voir se répéter.
Une première période à haute intensité
Dès le coup d’envoi donné par le Maroc, l’intensité est montée d’un cran. Les Lions de l’Atlas confisquent le ballon, mais se heurtent à un pressing nigérian étouffant. Les duels sont rugueux, à l’image des face-à-face musclés entre Hakimi et Onyemaechi ou de la bataille permanente entre El Kaabi et Bassey. Le Maroc se crée les meilleures situations. Brahim Diaz frôle le cadre dès la 9e minute, Hakimi passe tout près de la lucarne sur coup franc (34e), et surtout El Kaabi laisse filer une énorme occasion au cœur de la surface (28e). En face, le Nigeria reste dangereux par séquences, souvent à l’initiative de Victor Osimhen, dont le travail à la récupération donne quelques frissons à la défense marocaine. Bounou doit s’employer une première fois devant Lookman (14e). À la pause, le score est nul et vierge, mais le rythme est celui d’un match couperet.
Nwabali, mur infranchissable
La seconde période repart sur des bases plus prudentes. Le Maroc laisse davantage le ballon aux Super Eagles, sans jamais se découvrir. Le temps fort marocain arrive peu après l’heure de jeu, mais se heurte systématiquement à un Stanley Nwabali impérial. Le gardien nigérian réalise un arrêt décisif devant Ezzalzouli (52e), puis se montre encore décisif face à Diaz et Saibari. Le Nigeria, plus discret qu’en quart de finale face à l’Algérie, peine à imposer son jeu. Osimhen est étroitement surveillé, Lookman manque de justesse et les occasions se font rares. La fin du temps réglementaire est marquée par une grosse tension, notamment sur une situation litigieuse dans la surface nigériane finalement non-sanctionnée après intervention de la VAR.
Une prolongation irrespirable
La prolongation ne change pas la physionomie du match. Les jambes sont lourdes, les espaces rares. Aguerd passe tout près de délivrer le stade sur une tête excentrée (93e), Igamane tente sa chance sans succès, tandis que le Nigeria répond par quelques contres emmenés par Simon. Malgré les dernières tentatives marocaines et un ultime frisson sur une volée d’El Aynaoui, aucun but ne vient départager les deux équipes après 120 minutes.
El-Nesyri libère tout un stade
Il faut donc recourir aux tirs au but pour désigner le finaliste. Dans cet exercice cruel, le Maroc se montre plus lucide. Après deux arrêts décisifs, Youssef En-Nesyri s’avance pour le tir de la qualification. L’attaquant ne tremble pas et transforme sa tentative, faisant exploser le Prince Moulay Abdellah. Le Maroc s’impose aux tirs au but (4-2) et s’offre une finale de rêve à domicile face au Sénégal, dimanche 18 janvier prochain. Une nuit de football épique à Rabat, et un pas de plus vers un sacre continental que tout un peuple attend.


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