Photo : Les participants en famille à Cotonou, ce jeudi 19 février
Cotonou a accueilli, ce jeudi 19 février, le lancement du Projet intitulé « Renforcement de la Résilience Communautaire et des Réponses de Justice Pénale pour Prévenir l’Extrémisme Violent et le Nexus Terrorisme – Criminalité Organisée au Bénin ». Une initiative portée par Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, visant à consolider les mécanismes nationaux de prévention et de lutte contre la menace terroriste et ses connexions avec la criminalité organisée. La cérémonie, marquée par la présence de plusieurs acteurs institutionnels, partenaires techniques et représentants de la société civile, s’inscrit dans un contexte sécuritaire régional préoccupant, où les zones frontalières béninoises demeurent particulièrement exposées aux infiltrations et aux dynamiques criminelles transnationales.
Un engagement néerlandais affirmé
Représentant le peuple néerlandais, l’ambassadeur adjoint du Royaume des Pays-Bas au Bénin, Robert Sijstermans, a lancé un appel fort à la mobilisation collective. « Je voudrais aussi solliciter les acteurs à tous les niveaux, le Secrétariat Permanent, l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontalières (ABeGIEF), les Ministères, les Autorités locales, les acteurs de la société civile de s’impliquer avec engagement dans la mise en œuvre du Projet. Sans vous tous, rien ne marchera, rien ne va changer. », a-t-il déclaré. Avant de réitérer, au nom de l’ambassadeur, le soutien indéfectible de l’équipe diplomatique néerlandaise :
« Nous sommes ici, vous et nous. On est ensemble. »
Un message de solidarité et de coresponsabilité, soulignant que la prévention de l’extrémisme violent ne peut se concevoir sans une implication active des communautés et des institutions nationales.
« Aucun pays ne peut lutter seul »
Au nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Dr Alassane Séidou, le Secrétaire général du ministère, le Contrôleur Général Major de Police Éric Agassounon, a rappelé l’importance de la coopération internationale face à la menace terroriste. « Aucun pays ne peut lutter contre le terrorisme tout seul. », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’une réponse coordonnée, articulant prévention communautaire, renseignement, coopération judiciaire et renforcement de la chaîne pénale. Le Bénin, qui a connu sa première attaque terroriste en mai 2019 dans sa région septentrionale, reste confronté à une pression sécuritaire persistante. La plus lourde perte enregistrée dans les rangs des Forces de défense et de sécurité remonte à janvier 2025, rappelant la gravité et l’évolution de la menace.
Focus sur les zones frontalières
La principale discussion de l’atelier, animée par le Secrétaire Permanent de la Commission Nationale de Lutte contre la Radicalisation, l’Extrémisme Violent et le Terrorisme (SP/CNL-CREVT) au ministère de l’Intérieur, le Contrôleur Général de Police Louis Tokpanou, a porté sur les défis liés à l’extrémisme violent et au nexus criminalité organisée-terrorisme dans les zones frontalières. Les échanges ont mis en lumière la porosité des frontières, la circulation illicite d’armes, de stupéfiants et de ressources financières, ainsi que les vulnérabilités socioéconomiques exploitées par les groupes extrémistes pour recruter et s’implanter. À noter que le Projet prend en compte les quatre grands départements du Nord-Bénin, à savoir l’Alibori, l’Atacora, le Borgou et la Donga.
Une approche intégrée portée par l’ONUDC
Venue de Vienne, Agathe Hazelart, experte en mise en œuvre et suivi de programme à l’ONUDC, a présenté les fondements du projet, ses objectifs stratégiques et son approche intégrée. La collègue de Ndeye Fary Fall, chargée de Programme associé ONUDC à Cotonou, a détaillé les axes prioritaires, notamment le renforcement des capacités des acteurs judiciaires et sécuritaires, l’amélioration de la coordination interinstitutionnelle, la consolidation des mécanismes de résilience communautaire et la lutte ciblée contre le nexus terrorisme–criminalité organisée. L’accent a été mis sur une collaboration étroite avec les institutions nationales et sur des interventions spécifiques dans les zones frontalières, considérées comme des espaces stratégiques dans la prévention de la radicalisation.
Une dynamique régionale en marche
Cet atelier s’inscrit dans la continuité de la réunion nationale tenue, le lundi 16 février, à Cotonou, consacrée au Projet régional de renforcement de la chaîne de justice pénale dans la lutte contre le terrorisme dans les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest. À travers cette nouvelle initiative, le Bénin réaffirme sa volonté de conjuguer prévention, répression et coopération internationale pour endiguer durablement l’extrémisme violent et ses ramifications criminelles. Face à une menace protéiforme et transfrontalière, les autorités de Porto-Novo et leurs partenaires misent désormais sur une réponse globale, inclusive et résolument tournée vers la résilience des communautés.























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