Photo : Les participants en famille à Abidjan, ce mardi 3 mars
La capitale économique ivoirienne vibre depuis ce matin, mardi 3 mars, au rythme d’intenses réflexions sur le futur de l’intégration ouest-africaine. En marge de la consultation régionale sur l’avenir de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), prévue du mardi 3 au vendredi 6 mars prochain, une série d’ateliers techniques régionaux se tient du lundi 2 au vendredi 13 mars prochain, à Abidjan. Cette consultation régionale se veut un cadre stratégique, inclusif et prospectif pour repenser le devenir de l’organisation sous-régionale. Elle prépare le prochain Sommet spécial des Chefs d’État et de gouvernement, entièrement consacré à l’avenir de la CEDEAO, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et économiques sans précédent.
Cinq ateliers pour consolider les bases statistiques régionales
Organisés par la Direction de la Recherche et de la Statistique du Département des Affaires Économiques et de l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO, ces cinq ateliers techniques régionaux réunissent experts nationaux, statisticiens, planificateurs et partenaires techniques et financiers autour d’un objectif commun : renforcer la qualité et l’harmonisation des systèmes statistiques des États membres. Ces travaux s’inscrivent dans la dynamique de la Vision 2050 de la CEDEAO, feuille de route ambitieuse qui ambitionne de bâtir « une communauté des peuples » prospère, inclusive et résiliente. Ils participent également à la mise en œuvre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), financé par la Banque Mondiale.
Moderniser pour mieux décider
Au cœur des échanges : l’harmonisation des méthodologies, la modernisation des outils de collecte et de traitement des données, ainsi que le renforcement des capacités des instituts nationaux de statistique. Les participants planchent notamment sur l’alignement des indicateurs économiques et agricoles, la fiabilité des données régionales et l’intégration des innovations technologiques dans les systèmes statistiques. Dans un espace communautaire où les décisions politiques et économiques reposent de plus en plus sur des données probantes, la qualité de l’information statistique apparaît comme un levier stratégique. « Sans statistiques fiables, il ne peut y avoir de politiques publiques efficaces », confient plusieurs experts présents à Abidjan.
Une CEDEAO en quête de renouveau
Ces ateliers techniques interviennent à un moment charnière pour l’organisation régionale. La consultation sur l’avenir de la CEDEAO ambitionne d’ouvrir un dialogue franc et inclusif entre États membres, institutions communautaires, société civile et partenaires, afin de définir une vision renouvelée de l’intégration régionale. Au-delà des discours, les travaux techniques engagés à Abidjan traduisent une volonté de consolider les fondations structurelles de la Communauté. En renforçant la performance statistique régionale, la CEDEAO entend se doter d’outils robustes pour piloter ses politiques d’intégration, mesurer ses progrès et anticiper les mutations futures. Il faut noter qu’à quelques mois du Sommet spécial des Chefs d’État, Abidjan apparaît ainsi comme le laboratoire discret mais stratégique d’une CEDEAO en pleine introspection, résolue à se projeter vers 2050 avec des bases techniques renforcées et une vision partagée de son avenir. Rappelons que la CEDEAO compte douze États membres depuis la sortie commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger (trois pays qui ont formé AES, l’Alliance des États du Sahel également appelés CES, Confédération des États du Sahel).




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