Photo : Le président de l’Assemblée nationale, Prof Joseph Fifamin Djogbénou, au perchoir, à Porto-Novo, ce mercredi 15 avril
À l’occasion de son investiture à la tête de l’Assemblée nationale de la 10e législature, ce mercredi 15 avril, à Porto-Novo, le Prof Joseph Fifamin Djogbénou a livré un discours dense, mêlant hommage appuyé au chef de l’État et feuille de route institutionnelle pour les années à venir. D’entrée, le nouveau président du Parlement a tenu à saluer la personnalité du président de la République sortant, Patrice Talon, qu’il a décrit comme « politiquement affirmée » mais aussi « humainement généreuse ». Insistant sur « l’audace sans condition pour la nation » et « la solidarité constante en faveur des plus vulnérables », Joseph Fifamin Djogbénou a loué un leadership engagé « sans détour sur le périlleux chemin de la modernité ».
« Détruire la misère, oui, cela est possible. »
Dans une référence littéraire forte à Victor Hugo, il a rappelé une conviction chère au chef de l’État : « Détruire la misère, oui, cela est possible ». Une citation qui, selon l’ancien garde des Sceaux ministre de la Justice, illustre l’action gouvernementale menée depuis 2016 et renforcée durant le second mandat présidentiel. Le président de l’Assemblée nationale a également souligné le contexte international marqué par des tensions et des mutations profondes, opposant « force et violence » aux idéaux de solidarité. À contre-courant, a-t-il affirmé, le Bénin a fait le choix du progrès à travers des réformes visant à consolider la stabilité politique et à élever les standards de gouvernance.
Les missions fondamentales de la 10e législature
Sur le plan institutionnel, Prof Joseph Fifamin Djogbénou a insisté sur les missions fondamentales de la 10e législature :
- légiférer, et
- contrôler l’action du gouvernement.
S’appuyant sur les dispositions de la Constitution, notamment son article 19 révisé, il a rappelé que le Parlement béninois est désormais structuré autour de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. Toutefois, loin de toute rivalitéi institutionnelle, il a plaidé pour une collaboration constructive entre les deux entités. « Il ne s’agit pas d’un duel, mais d’un duo. », a martelé Prof Joseph Fifamin Djogbénou, évoquant une complémentarité « utile et fertile » au service de l’efficacité législative.
Appel aux députés
Parmi les défis immédiats, figure la mise en conformité du règlement intérieur de l’Assemblée nationale avec les nouvelles exigences constitutionnelles. Sur le fond, le président Djogbénou a appelé les députés à rester attachés aux objectifs politiques fondamentaux du pays, notamment en accompagnant par des lois pertinentes les grandes orientations du gouvernement.
Réformes dans plusieurs domaines
L’ancien président de la Cour Constitutionnelle a notamment évoqué la régionalisation du développement, portée par le président Talon, qui devra trouver un prolongement législatif. De même, plusieurs domaines clés feront l’objet de réformes : droit des obligations civiles, droit de la famille, protection sociale ou encore gestion du patrimoine. Le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de produire des lois accessibles, stables et sécurisantes pour les citoyens, tout en simplifiant les normes juridiques. « Le secteur législatif doit garantir des solutions nouvelles et renouvelées qui protègent la vie, la société et l’État. », a déclaré Prof Joseph Fifamin Djogbénou.
Une « période d’expériences nouvelles »
Enfin, dans un ton empreint de solennité et de responsabilité, Joseph Djogbénou a rappelé que les députés tiennent leur légitimité du peuple béninois, les appelant à faire preuve de discipline et de détermination dans l’exercice de leur mandat. Clôturant son discours sur une note patriotique, il a invoqué les paroles de l’hymne national, invitant à l’unité, à la sérénité et à la confiance en l’avenir : un message fort pour une législature qui s’annonce comme une « période d’expériences nouvelles » au service du progrès national.


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