Photo : La Secrétaire Exécutive de l’INF, Flore Djinou, présentant l’écho de la CRIET
Une onde de choc parcourt l’opinion publique béninoise après la révélation d’un crime d’une rare gravité impliquant un nourrisson de 14 mois. Dans une publication au ton inhabituellement ferme, le gouvernement du Bénin a exprimé, ce samedi 2 mai, sa profonde indignation face à ce drame qualifié d’ « échec collectif ». Au cœur de cette affaire, portée devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), un acte de violence extrême commis sur un bébé. Saisie du dossier, la juridiction a mené la procédure jusqu’à son terme, débouchant sur une condamnation de la personne mise en cause. Mais au-delà de la réponse judiciaire, les autorités de Porto-Novo insistent sur une responsabilité qui dépasse le seul cadre pénal. « Le crime est individuel. Le silence, lui, est collectif. », martèle le message officiel, pointant du doigt la peur, la banalisation et l’omerta comme des facteurs qui permettent à de tels prédateurs d’agir.
Une alerte nationale contre les violences
Dans son adresse, l’exécutif béninois refuse de reléguer ce drame au rang de simple fait divers. Il y voit le symptôme d’un malaise plus profond, appelant à une mobilisation générale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. « Tolérance zéro n’est pas un slogan. C’est une obligation. », insiste la publication, qui exhorte les citoyens à rompre le silence et à signaler systématiquement tout cas suspect. À cet effet, les hauts responsables rappellent l’existence de mécanismes d’alerte, notamment le numéro vert 114 ainsi que la ligne +229 01 51 07 88 88, destinés à recueillir les signalements et à orienter les victimes.
Une question qui dérange
Ce drame soulève une interrogation troublante, largement reprise dans l’espace public : comment un tel acte peut-il être commis sur un enfant d’à peine un an ? Au-delà de l’émotion, experts et acteurs sociaux évoquent des facteurs multiples, allant de troubles psychologiques graves chez les agresseurs à des défaillances dans les systèmes de protection de l’enfance. Pour les spécialistes, ces violences extrêmes, bien que rares, exigent une vigilance accrue des familles, des communautés et des institutions. Elles appellent également à un renforcement des dispositifs de prévention, d’éducation et de signalement.
Vers une prise de conscience collective ?
En érigeant cette affaire en symbole d’un « échec collectif », le gouvernement du président Patrice Talon entend provoquer un électrochoc. Le message est clair : la lutte contre les violences sexuelles, en particulier sur les mineurs, ne peut reposer uniquement sur la justice. Elle nécessite l’engagement de tous. Dans un contexte où les tabous sociaux persistent, l’appel à « briser enfin le silence » résonne comme une urgence nationale. Car derrière l’horreur de ce fait, c’est toute une société qui est invitée à s’interroger sur ses mécanismes de protection des plus vulnérables.


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