Photo : L’ancien président béninois, Nicéphore Dieudonné Soglo et l’actuel président, Patrice Talon, au Palais de La Marina, à Cotonou
Au lendemain de la présidentielle du 12 avril dernier, l’ancien chef de l’État Nicéphore Dieudonné Soglo (1991-1996) est sorti de sa réserve pour rendre un hommage appuyé à son successeur Patrice Talon, qui a renoncé à briguer un troisième mandat, conformément aux dispositions constitutionnelles. Une décision que l’ex-président qualifie d’ « acte profondément fort » dans un contexte africain souvent marqué par les débats sur la longévité au pouvoir. Dans une déclaration solennelle en date du vendredi 1er mai, l’ancien dirigeant béninois souligne que l’absence du nom de Patrice Talon sur le bulletin unique constitue « une preuve inéluctable du respect de la parole donnée ». « Je m’en réjouis personnellement et l’en félicite au nom de tout le Bénin. », a insisté Nicéphore Dieudonné Soglo, saluant un geste qui, selon lui, honore la tradition démocratique instaurée depuis la Conférence nationale de février 1990.
Un choix « loin d’être banal »
Pour Nicéphore Dieudonné Soglo, le renoncement de Patrice Talon dépasse la simple conformité juridique. Il s’agit d’un acte politique majeur qui s’inscrit dans « la continuité de l’histoire » du Bénin et dans une logique de responsabilité envers le peuple, « seul détenteur du pouvoir souverain ». Revenant sur leurs échanges réguliers dans le cadre de la décrispation politique amorcée depuis 2022, l’ancien président affirme que Patrice Talon lui a, à plusieurs reprises, assuré de sa décision de ne pas briguer un troisième mandat. « Seul, tu choisiras ton destin », lui répondait-il alors, fidèle à une ligne qu’il dit n’avoir jamais variée.
Une leçon de gouvernance
Dans un ton à la fois personnel et politique, Nicéphore Dieudonné Soglo estime que cette décision « érige le Bénin en modèle de gouvernance responsable » et consacre une vision du pouvoir comme« service et non privilège perpétuel ». Il insiste également sur la portée symbolique du geste : « L’histoire ne retient pas toujours ceux qui ont voulu durer, mais elle n’oublie jamais ceux qui ont su partir à temps. », rappelant son propre départ en 1996. Allant plus loin, il affirme que Patrice Talon « entre dans le cercle des bâtisseurs de traditions républicaines en Afrique », appelant à ce que son exemple inspire d’autres dirigeants du continent.
Une transition vers le septennat
Cette séquence politique s’inscrit dans un contexte institutionnel renouvelé. À l’issue du scrutin présidentiel, le duo conduit par Romuald Wadagni a été proclamé vainqueur par les institutions compétentes. Le président élu prêtera serment le 24 mai prochain, devenant ainsi le premier chef de l’État à inaugurer le nouveau régime du septennat, introduit par la récente révision constitutionnelle. Désormais, le mandat présidentiel au Bénin est fixé à sept ans, renouvelable une seule fois, une évolution qui s’applique également aux présidents des autres institutions de la République.
« Il y a une vie après la Marina »
Dans une conclusion teintée d’humanisme, Nicéphore Soglo a souhaité « la bienvenue » à Patrice Talon dans « le cercle très restreint des anciens présidents », rappelant avec insistance qu’« il y a bien une vie après la Marina ». Une formule qui sonne comme un message à la fois personnel et universel à l’endroit des dirigeants africains. Par cet hommage, l’ancien président béninois inscrit le geste de Patrice Talon dans une dimension historique, celui d’un passage de témoin respecté, consolidant davantage l’image du Bénin comme l’un des laboratoires démocratiques du continent.


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