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Sénat : Entre installation en juin et refus de siéger, Holo entérine les fractures

Photo : L’ancien président de la Cour Constitutionnelle, Prof Théodore Holo


La mise en place du Sénat béninois, deuxième chambre issue de la révision constitutionnelle, pourrait intervenir « dès juin ». C’est l’annonce faite ce dimanche 3 mai, par le Professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle et membre de droit de cette future institution. Une déclaration qui relance les débats autour de la composition, du rôle et des équilibres politiques de ce nouvel organe. « Le Sénat sera certainement installé en juin. », a affirmé le constitutionnaliste, affichant une confiance prudente dans le calendrier de mise en œuvre. Mais au-delà de l’échéance, c’est surtout la question de la participation des membres qui cristallise les tensions. « J’ai mon libre arbitre… Il n’est pas dit qu’un membre en désaccord ne peut pas se retirer. », a-t-il ajouté, semblant ouvrir la porte à des défections au sein de cette chambre encore en gestation.

Boni Yayi claque la porte, le débat s’intensifie

L’une des premières secousses politiques est venue de Thomas Boni Yayi. L’ancien chef de l’État, aujourd’hui figure majeure de l’opposition, a clairement refusé de siéger dans ce Sénat instauré sous le mandat de son successeur Patrice Talon. Une position qui alimente les interrogations sur la légitimité politique et la représentativité de l’institution. Dans ce contexte, la sortie de Théodore Holo prend une résonance particulière : elle suggère que la participation au Sénat ne saurait être contrainte, et que des divergences de fond pourraient s’exprimer jusque dans la composition même de la chambre.

Une présidence réservée aux anciens chefs d’État

Le texte encadrant le Sénat prévoit que sa présidence soit assurée par un ancien président de la République. Une disposition qui restreint fortement le cercle des prétendants. À ce jour, Nicéphore Dieudonné Soglo, doyen de la classe politique à 94 ans, n’a pas manifesté d’ambition pour ce poste à vie. Dès lors, les regards se tournent vers Patrice Talon, dont le mandat arrive à échéance avec la prestation de serment du président élu Romuald Wadagni. À partir du 24 mai prochain, il rejoindra le cercle des anciens chefs d’État, condition nécessaire pour prétendre à la tête du Sénat. Dans les cercles politiques, certains évoquent déjà cette hypothèse comme une suite logique du pouvoir actuel.

Une institution aux pouvoirs sensibles

Composé notamment d’anciens présidents d’institutions et de personnalités sociopolitiques, le Sénat béninois ne se limite pas à un rôle consultatif. Il dispose, entre autres, du pouvoir de destituer le président de la République, ce qui en fait un acteur clé de l’équilibre institutionnel. Cette prérogative majeure renforce les enjeux autour de sa composition et de son orientation politique. Entre adhésion et contestation, la future chambre haute apparaît déjà comme un terrain de recomposition des forces politiques. À quelques semaines de son installation annoncée, le Sénat cristallise ainsi attentes, stratégies et incertitudes. Et la déclaration de Théodore Holo, en évoquant à la fois un calendrier et la liberté individuelle des membres, souligne une réalité : la naissance de cette institution se fera sous haute tension politique.

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