Photo : Le navire de croisière battant pavillon néerlandais au large du Cap-Vert
Le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies (CRSCM) de la CEDEAO a lancé une alerte sanitaire après l’apparition d’un foyer de cas groupés de maladie à hantavirus à bord d’un navire de croisière battant pavillon néerlandais au large du Cap-Vert. Dans une note d’information publiée depuis Abuja, ce samedi 9 mai, parvenue à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, ce samedi, l’institution régionale détaille une situation jugée préoccupante, bien que le risque de propagation dans l’espace communautaire ouest-africain soit, pour l’instant, considéré comme faible.
Trois décès enregistrés
Selon les informations transmises par l’Institut national de santé publique du Cap-Vert, le navire transportait 147 personnes de 23 nationalités différentes. Aucun ressortissant de la CEDEAO ne figurait parmi les passagers. Les premiers symptômes auraient été observés entre le 6 et le 28 avril 2026, avec des manifestations respiratoires sévères rapidement aggravées chez plusieurs personnes. À la date du 8 mai, huit cas ont été recensés, dont six confirmés et deux probables. Trois décès ont déjà été enregistrés. Les analyses de laboratoire ont permis d’identifier le virus Andes (ANDV), une souche particulièrement redoutée de l’orthohantavirus, connue pour provoquer des syndromes cardio-pulmonaires graves en Amérique du Sud.
Des investigations sérologiques et génomiques, en cours
Les autorités sanitaires indiquent que les personnes infectées ont présenté de la fièvre, des troubles gastro-intestinaux, des difficultés respiratoires aiguës et, dans certains cas, un état de choc. Plusieurs patients sont actuellement hospitalisés en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et en Suisse, tandis qu’un cas probable reste isolé sur l’île britannique de Tristan da Cunha. Les premières confirmations biologiques ont été réalisées par l’Institut national des maladies transmissibles en Afrique du Sud, avant d’être corroborées par l’Institut Pasteur de Dakar. Des investigations complémentaires, notamment sérologiques et génomiques, sont toujours en cours afin de mieux comprendre l’ampleur de cet épisode sanitaire.
Une transmission interhumaine
Dans sa note, le CRSCM rappelle que les hantavirus sont des zoonoses virales principalement transmises à l’homme par inhalation d’aérosols contaminés provenant de rongeurs infectés. Bien que rare, une transmission interhumaine limitée a déjà été documentée avec le virus Andes dans des contextes de contacts étroits et prolongés. Les autorités sanitaires soulignent également la gravité potentielle de cette infection. Les infections au virus Andes peuvent atteindre jusqu’à 50% de taux de létalité dans les Amériques. À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué n’existe contre les infections à hantavirus. Toutefois, une prise en charge précoce en soins intensifs peut considérablement améliorer les chances de survie des patients.
L’OMS et la CEDEAO mobilisées
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime actuellement que le risque est « modéré » pour les passagers et l’équipage du navire, mais « faible » à l’échelle mondiale. Le bateau a quitté les eaux capverdiennes le mercredi 6 mai en direction des îles Canaries, en Espagne, où un débarquement est prévu. Même si le risque pour l’espace communautaire ouest-africain reste limité, la CEDEAO appelle les États membres à renforcer immédiatement leurs dispositifs de préparation. Le CRSCM recommande notamment la formation du personnel de santé à la détection et à la gestion des cas, le renforcement de la surveillance aux frontières et aux points d’entrée, l’amélioration des capacités de diagnostic des laboratoires ainsi qu’une communication régulière et fondée sur des données scientifiques fiables. À travers l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies affirme poursuivre une surveillance rapprochée de l’évolution de cette situation épidémiologique internationale et promet de communiquer régulièrement sur les nouveaux développements.


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