Photo : Directeur de la communication digitale de la Présidence, Stevy Wallace, et le président Patrice Talon
Pendant sept années, Stevy Wallace a été l’un des visages de la stratégie numérique de la Présidence béninoise. Derrière les publications officielles, les campagnes digitales et la modernisation de la communication institutionnelle, se cachait un parcours inattendu, marqué par un appel mystérieux reçu depuis la France et une rencontre décisive avec Patrice Talon. Dans un récit livré avec franchise, l’ancien patron de la communication digitale présidentielle revient sur les circonstances étonnantes qui l’ont conduit à rejoindre le Palais de la Marina, à Cotonou.
« Le président veut vous parler »
Tout commence alors qu’il mène une vie professionnelle stable en France. Ce jour-là, rien ne laisse présager le tournant que prendra sa carrière. « J’étais au travail normalement », raconte Stevy Wallace, lorsqu’un appel inattendu vient bouleverser son quotidien. Au bout du fil, des interlocuteurs lui annoncent vouloir lui parler au nom du président béninois. Surpris, voire méfiant, Stevy Wallace croit d’abord à une mauvaise plaisanterie ou à un piège. « Je trouvais ça bizarre comme un guet-apens », confie-t-il. Incrédule, il peine à imaginer que le chef de l’État béninois puisse s’intéresser à lui. Pourtant, un rendez-vous est fixé dans un hôtel parisien.
Quand Patrice Talon recadre Stevy Wallace devant tout le monde
Face aux émissaires du pouvoir béninois, il expose clairement sa position : il ne souhaite pas rentrer immédiatement au pays. Après des efforts considérables pour décrocher un emploi en France, il entend poursuivre sa carrière européenne. Mais malgré son refus prudent, son profil continue de susciter l’intérêt des proches du président. Quelques semaines plus tard, il est invité à un événement consacré au numérique au Bénin. Sans savoir que Patrice Talon y participerait personnellement. Lors de cette rencontre, le chef de l’État effectue le tour des participants avant de s’arrêter devant lui. « Vous, je vous connais », lui lance alors Patrice Talon en lui serrant la main. Le président évoque immédiatement la proposition qui lui avait été transmise et la réponse réservée que le jeune spécialiste du digital avait formulée. « Vous êtes fier de ça ? » lui aurait-il demandé devant l’assistance, plaçant Stevy Wallace dans un profond malaise.
Une poignée de main décisive
Le président béninois insiste ensuite sur une idée qui semble avoir marqué durablement son interlocuteur : le devoir de servir son pays. « Vous allez rentrer », lui affirme-t-il avec assurance. De retour dans sa chambre d’hôtel, Stevy Wallace dit avoir longuement douté. Refuser une telle opportunité lui paraît soudain risqué. Après avoir échangé avec sa mère, initialement réticente à l’idée de le voir s’engager dans un univers proche du pouvoir politique, il décide finalement de rappeler les équipes présidentielles. Mais le futur communicant pose une condition non négociable : disposer d’une liberté d’action totale. « Si je rentre, c’est pour implémenter des choses », explique-t-il.
Sept ans à la Présidence
Hors de question pour lui d’être un simple exécutant. Il réclame une véritable marge de manœuvre pour transformer la communication numérique de l’État et produire un impact concret. La réponse du palais ne tarde pas : le président accepte. Ce choix allait finalement ouvrir un chapitre majeur de sa vie professionnelle. Pendant sept ans, Stevy Wallace participera à la mutation digitale de la communication présidentielle béninoise, dans un contexte où le numérique est progressivement devenu un levier stratégique de gouvernance et d’image pour le Bénin.


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