Photo : Le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray
Le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CRSCM-CEDEAO) a lancé, ce dimanche 17 mai, depuis Abuja, la capitale du Nigeria, une alerte sanitaire majeure après la déclaration de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC). Face à la gravité de la situation et au risque d’importation de cas en Afrique de l’Ouest, l’organisation régionale appelle les États membres à renforcer immédiatement leurs dispositifs de surveillance et de riposte.
Treize échantillons, huit positifs au virus Ebola, souche Bundibugyo
Selon la note d’information publiée par la CEDEAO, parvenue à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, ce dimanche 17 mai, le ministère rd-congolais de la Santé a officiellement déclaré l’épidémie le vendredi 15 mai, après l’analyse de treize échantillons, dont huit se sont révélés positifs au virus Ebola, souche Bundibugyo. Les résultats ont été confirmés par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) de la RDC. Le cas index présumé serait un agent de santé résidant dans la province de l’Ituri. L’homme, dont l’âge n’a pas été communiqué, aurait présenté dès le 24 avril dernier, des symptômes sévères comprenant fièvre, vomissements, hémorragies et malaise intense, avant de succomber dans un centre médical à Bunia.
393 cas suspects et de 105 décès
Les autorités sanitaires rd-congolaises font état, à la date du samedi 16 mai, de 393 cas suspects et de 105 décès, dont quatre parmi les cas confirmés, répartis dans neuf zones sanitaires de l’Ituri. Des regroupements inhabituels de décès communautaires font également l’objet d’investigations dans plusieurs zones de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’inquiétude grandit davantage avec l’apparition de cas importés en Ouganda. Les autorités ougandaises ont confirmé un premier cas post-mortem d’Ebola Bundibugyo chez un patient rd-congolais de 59 ans admis dans un hôpital de Kampala. Un deuxième cas importé a été détecté le samedi 16 mai dans la capitale ougandaise, sans lien apparent avec le premier.
Une urgence de santé publique de portée internationale
Face à cette évolution préoccupante, le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé, ce samedi 16 mai, que cette flambée épidémique constitue une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI), conformément au Règlement sanitaire international. L’OMS considère désormais le risque comme « très élevé »_ à l’échelle nationale en RDC ainsi que dans les pays frontaliers concernés, et « modéré » pour le reste du continent africain.
Le virus se transmet par contact direct avec le sang
Pour la CEDEAO, le danger d’importation de cas en Afrique de l’Ouest est réel en raison de l’intensité des déplacements aériens et de la forte mobilité des populations avec l’Afrique centrale. Dans son communiqué, le Centre Régional de Surveillance et de Contrôle des Maladies rappelle que la maladie à virus Ebola est une infection grave et souvent mortelle, dont le taux de létalité peut atteindre 50%. Le virus se transmet notamment par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les objets contaminés.
La CEDEAO craint une flambée régionale
L’organisation précise également qu’aucun vaccin homologué n’existe actuellement contre la souche Bundibugyo, contrairement à la souche Zaïre ebolavirus pour laquelle deux vaccins ont déjà obtenu des autorisations de mise sur le marché. Afin d’anticiper toute propagation dans l’espace communautaire, la CEDEAO recommande aux États membres de renforcer les systèmes d’alerte précoce, les contrôles sanitaires aux frontières et les capacités des équipes nationales d’intervention rapide. Les laboratoires nationaux sont aussi appelés à évaluer leurs capacités de détection et à sécuriser les circuits de transport des échantillons biologiques.
Tout déplacement non-essentiel vers les zones touchées, déconseillé
Les populations sont, quant à elles, invitées à observer strictement les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts avec les liquides biologiques des personnes malades ou décédées, ainsi que la consommation de viande de brousse. La CEDEAO déconseille par ailleurs tout déplacement non-essentiel vers les zones touchées et exhorte les citoyens à signaler immédiatement tout symptôme suspect aux centres de santé. Le Directeur exécutif du CRSCM-CEDEAO, Dr Mamadou Diarrassouba, assure que l’institution suit de près l’évolution de la situation sanitaire et promet des mises à jour régulières afin de coordonner la riposte régionale face à cette nouvelle menace épidémique.


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