Photo : Le président Romuald Wadagni prêtant, à Cotonou, ce dimanche 24 mai
À peine investi président de la République du Bénin, Romuald Mbueke Kossi Wadagni a envoyé un message diplomatique fort à l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, marquée depuis plusieurs mois par de profondes fractures géopolitiques entre la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES). Lors de son discours d’investiture prononcé ce dimanche 24 mai, à Cotonou, en présence de délégations gouvernementales venues du Niger, du Burkina Faso et du Mali, le nouveau chef de l’État béninois a multiplié les appels à la fraternité régionale et à la coopération sécuritaire. « À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois. », a déclaré le nouveau président béninois devant plusieurs personnalités africaines et diplomatiques réunies pour la cérémonie.
Le Bénin ouvre la porte à l’AES malgré les tensions régionales
Ces propos interviennent dans un contexte particulièrement tendu entre plusieurs États de la région. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont officiellement quitté la CEDEAO pour former l’AES, dénonçant les sanctions et pressions exercées par l’organisation sous-régionale après les coups d’État militaires intervenus dans ces pays. Malgré cette rupture institutionnelle et les tensions persistantes entre certains États membres, notamment entre le Bénin et le Niger, Romuald Wadagni a choisi un ton conciliant, axé sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée face à la menace terroriste qui secoue le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. « Ma conviction est que, dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. Je veux donc réitérer la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux pour venir à bout de ce fléau. », a affirmé le nouveau locataire de La Marina.
_Wadagni lance son offensive diplomatique
À travers cette déclaration, plusieurs observateurs voient une volonté du président béninois d’ouvrir un nouveau chapitre diplomatique avec les pays de l’AES, malgré les désaccords politiques et stratégiques qui divisent actuellement la région. Le chef de l’État béninois a également plaidé pour une Afrique plus souveraine, capable de définir elle-même ses priorités stratégiques sans dépendance extérieure. « Je veux leur dire ma conviction qu’ensemble avec eux, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et en veillant surtout à leur bonne exécution. », a poursuivi Romuald Wadagni.
L’appel de Wadagni à l’AES relance le débat sur la réconciliation régionale
Ce message a particulièrement retenu l’attention des observateurs, d’autant plus qu’il a été prononcé en présence du président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, mais également des représentants officiels des pays membres de l’AES.
Entre maintien de son ancrage au sein de la CEDEAO et ouverture affichée envers les États sahéliens, le nouveau président béninois semble vouloir imprimer une approche diplomatique fondée sur le dialogue, la coopération sécuritaire et le dépassement des fractures régionales. Dans une Afrique de l’Ouest profondément recomposée par les crises sécuritaires, les ruptures institutionnelles et les rivalités géopolitiques, cette première sortie diplomatique de Romuald Wadagni apparaît déjà comme l’un des marqueurs majeurs du début de son mandat présidentiel.


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