Photo : Le député sénégalais Ousmane Sonko, devant le Parlement lors d’une Question d’actualité pendant qu’il était Premier ministre
La crise politique sénégalaise continue de rebattre les cartes du pouvoir à Dakar. Quelques jours seulement après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Ousmane Sonko s’apprête à effectuer un retour spectaculaire au cœur des institutions sénégalaises. Réuni ce samedi 23 mai, le Bureau de l’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement constaté la demande de réintégration de l’ancien chef du gouvernement à son poste de député. Une démarche conforme aux dispositions du règlement intérieur du Parlement sénégalais, notamment l’article 124 qui encadre la situation des députés nommés membres du gouvernement.
Élection du nouveau président de l’Assemblée nationale
Dans le même temps, le Bureau a également pris acte de la démission d’El Malick Ndiaye de ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. L’intéressé conserve toutefois son mandat parlementaire. Dans la foulée, la Conférence des présidents a fixé à demain, mardi 26 mai, l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale. Une séance plénière convoquée par le Premier vice-président du Parlement, Dr Ismaïla Diallo, à travers un communiqué parvenu à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, ce dimanche 24 mai, se tiendra dès 09 heures avec deux points majeurs à l’ordre du jour : la réintégration officielle du député Ousmane Sonko et l’élection du nouveau patron de l’institution parlementaire.
Sonko tout proche de devenir le numéro 2 de l’État
Au Sénégal, de nombreux observateurs considèrent déjà Ousmane Sonko comme le grand favori pour prendre la tête de l’Assemblée nationale, devenant ainsi la deuxième personnalité de l’État. Une perspective qui donnerait une dimension totalement nouvelle à la crise politique née de sa rupture avec Bassirou Diomaye Faye. L’article 124 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale sénégalaise prévoit en effet qu’un député nommé au gouvernement ne peut siéger au Parlement pendant la durée de ses fonctions ministérielles. Son siège est alors provisoirement occupé par son suppléant. Mais une fois ses fonctions gouvernementales terminées, le député retrouve automatiquement son mandat après validation du Bureau de l’Assemblée nationale.
Un scénario politique inédit…
Cette réintégration ouvre désormais un scénario politique inédit au Sénégal. Celui d’un Ousmane Sonko installé à la tête du pouvoir législatif, après avoir quitté l’exécutif dans un contexte de fortes tensions avec le chef de l’État. Si son élection à la présidence de l’Assemblée nationale se confirmait, toutes les grandes initiatives de l’exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye devront désormais passer sous le contrôle politique et institutionnel de celui qui fut son allié le plus proche et principal artisan de son accession au pouvoir en 2024. Cette nouvelle configuration pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs au Sénégal jusqu’à la présidentielle de 2029.
Une cohabitation politique explosive
Toujours extrêmement populaire auprès d’une large partie de la jeunesse et de la base militante du Pastef, Ousmane Sonko conserve une capacité de mobilisation considérable qui inquiète déjà plusieurs cercles du pouvoir. Entre rivalité institutionnelle, recomposition politique et lutte d’influence au sommet de l’État, le Sénégal semble désormais engagé dans une cohabitation politique explosive dont les conséquences pourraient durablement marquer l’avenir du pays.



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