Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Sénégal : Avec 132 voix, Ousmane Sonko écrase le vote et s’empare du pouvoir législatif, l’incroyable revanche politique du désormais numéro 2 de l’État

Photo : Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, à Dakar, ce mardi 26 mai


Nouveau tournant majeur dans la crise politique sénégalaise. Quelques jours seulement après son départ de la Primature, Ousmane Sonko a été élu, ce mardi 26 mai, président de l’Assemblée nationale du Sénégal à l’issue d’une séance plénière marquée par une démonstration de force politique de la majorité parlementaire. Le président du Pastef a obtenu 132 voix sur 133 votants, succédant ainsi à El Malick Ndiaye à la tête de l’institution parlementaire. Avec cette élection écrasante, Ousmane Sonko devient officiellement le 14e président de l’Assemblée nationale du Sénégal et la deuxième personnalité de l’État.

La revanche fulgurante de Sonko

Cette accession au perchoir intervient dans un contexte de fortes tensions politiques entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, après le limogeage spectaculaire de l’ancien Premier ministre et la dissolution du gouvernement quelques jours plus tôt. L’élection d’Ousmane Sonko marque ainsi son retour immédiat au premier plan institutionnel. Écarté de l’exécutif, le leader du Pastef reprend désormais le contrôle du pouvoir législatif, ouvrant une nouvelle séquence politique aux enjeux considérables pour l’avenir du Sénégal. Dans l’hémicycle, le scrutin a pris des allures de plébiscite. Les 132 voix obtenues témoignent de l’emprise politique intacte du leader du Pastef sur la majorité parlementaire et confirment son poids considérable au sein de l’appareil d’État malgré son départ du gouvernement.

Sonko prend le Parlement et redistribue les cartes du pouvoir

Pour de nombreux observateurs, cette élection consacre également l’ouverture d’une cohabitation politique inédite au sommet du pouvoir sénégalais. Désormais installé à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko disposera d’un rôle stratégique dans le contrôle de l’action gouvernementale et l’examen des grandes réformes portées par l’exécutif. L’ancien chef du gouvernement, toujours extrêmement populaire auprès d’une grande partie de la jeunesse sénégalaise et des militants du Pastef, conserve ainsi une position centrale dans le jeu politique national. Son influence pourrait peser lourdement sur les équilibres institutionnels jusqu’à l’échéance présidentielle de 2029.

De Premier ministre limogé à patron du Parlement

L’élection de Sonko au perchoir apparaît aussi comme une réponse politique forte à ceux qui voyaient son limogeage comme une tentative de marginalisation. En quelques jours seulement, l’ancien Premier ministre est passé de chef du gouvernement évincé à patron du Parlement sénégalais. À Dakar, cette nouvelle recomposition du pouvoir alimente déjà les débats sur l’avenir des relations entre l’exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye et un pouvoir législatif désormais contrôlé par celui qui fut son plus proche allié avant leur rupture politique. Le Sénégal entre ainsi dans une nouvelle phase de son histoire politique récente, entre rivalité institutionnelle, repositionnements stratégiques et bataille d’influence au sommet de l’État.

Soyez le premier a laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mission News Theme by Compete Themes.