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CEDEAO de demain : « L’avenir de l’Afrique de l’Ouest dépend de notre unité », Damtien Tchintchibidja plaide pour une organisation plus forte depuis Cotonou

Photo : La Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, à Cotonou, ce mercredi 17 juin


La Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, a lancé ce mercredi 17 juin, à Cotonou un appel à la réflexion collective et à l’action pour bâtir une organisation régionale plus forte, plus inclusive et mieux adaptée aux mutations profondes qui redessinent l’environnement international. Intervenant à l’ouverture de la 7e retraite du Comité des Représentants permanents la CEDEAO (PRC), organisée à l’Azalaï Hôtel de la Plage, la responsable communautaire, représentant le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, a souligné l’importance stratégique de cette rencontre consacrée au « Pacte de la CEDEAO pour l’avenir de l’intégration régionale ».

Le Bénin salué

D’emblée, Damtien Tchintchibidja a salué l’engagement du gouvernement béninois pour l’accueil de cette importante rencontre régionale. Elle a également félicité le président de la République, Romuald Wadagni, pour son élection à la tête du Bénin, ainsi que la ministre des Affaires Étrangères et de l’Intégration Africaine, Corinne Brunet Amori, récemment nommée au sein du nouveau gouvernement.

La consolidation de la communauté ouest-africaine

Face aux ambassadeurs des États membres, aux commissaires et aux responsables de la Commission, la deuxième personnalité de l’institution sous-régionale a insisté sur le rôle essentiel joué par le Comité des Représentants Permanents dans la promotion de la coopération, du dialogue politique, de la paix et de l’intégration régionale. « Le rôle du PRC dans le renforcement de la coopération économique, de la paix, de la sécurité et ade la stabilité dans notre région ne saurait être surestimé. », a-t-elle indiqué, saluant l’engagement des ambassadeurs dans la défense des intérêts de leurs États respectifs tout en œuvrant à la consolidation de la communauté ouest-africaine.

L’avenir de l’Afrique de l’Ouest demeure porteur d’espoir

Pour Damtien Tchintchibidja, cette retraite intervient à un moment décisif de l’histoire de la CEDEAO. Reprenant une déclaration du président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, elle a rappelé que l’avenir de l’Afrique de l’Ouest demeure porteur d’espoir, à condition que les États membres agissent avec courage, unité et lucidité. La Vice-présidente de la Commission a particulièrement insisté sur les défis auxquels l’organisation est confrontée depuis plusieurs années, notamment le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la communauté. Tout en reconnaissant l’importance de cet événement pour l’intégration régionale, elle a rappelé que la CEDEAO avait déjà démontré sa capacité à surmonter les épreuves au cours de son histoire.

L’heure n’est ni à la résignation ni à la division

Évoquant notamment le précédent du retrait de la Mauritanie en 2000, elle a souligné que l’organisation avait toujours fait preuve de résilience, d’adaptabilité et de détermination pour poursuivre sa mission au service des peuples ouest-africains. Pour la responsable communautaire, l’heure n’est ni à la résignation ni à la division. Bien au contraire, les circonstances actuelles imposent une réinvention du projet communautaire afin de répondre efficacement aux attentes des populations dans un contexte international en profonde mutation. Selon elle, la CEDEAO évolue désormais dans un monde multipolaire caractérisé par de nouvelles formes de compétition géopolitique, économique et stratégique. Cette nouvelle réalité oblige l’organisation à repenser son fonctionnement, ses priorités et ses mécanismes d’intervention afin de demeurer un acteur crédible et influent sur la scène régionale et internationale.

Avec l’AES, dialogue et négociation

Dans cette perspective, Damtien Tchintchibidja a réaffirmé l’attachement de la Commission à la voie du dialogue et de la négociation avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Elle a rappelé que, conformément aux orientations des chefs d’État de la communauté, un cadre spécifique de discussions avait été mis en place ainsi qu’un négociateur en chef chargé de conduire les échanges avec les trois pays. « L’engagement constructif, la diplomatie et la négociation demeurent essentiels dans la gestion de nos relations avec les pays de l’AES. », a-t-elle souligné, plaidant pour le maintien des passerelles entre les peuples et les États de l’espace ouest-africain.

Imaginer la CEDEAO des prochaines décennies

Au-delà des défis immédiats, celle qui a valablement représenté Dr Omar Alieu Touray a invité les participants à imaginer la CEDEAO des prochaines décennies. Une communauté plus agile, plus réactive, plus inclusive et capable d’apporter des réponses concrètes aux aspirations des plus de 400 millions de citoyens de la région. Pendant trois jours, les ambassadeurs et responsables communautaires examineront ainsi plusieurs axes stratégiques du futur Pacte de l’intégration régionale, notamment la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique, les partenariats stratégiques, la transformation économique et les mécanismes destinés à renforcer la cohésion régionale. À travers son intervention, Damtien Tchintchibidja a ainsi fixé le cap : celui d’une CEDEAO réformée, résiliente et tournée vers l’avenir, capable de transformer les défis actuels en opportunités pour consolider l’intégration ouest-africaine.

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