Photo : Image illustrative de la publication de l’ancien président Thomas Boni Yayi, ce mercredi 22 juillet
À quelques heures de la réunion préparatoire des membres du futur Sénat, convoquée ce mercredi par le doyen d’âge, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, l’ancien chef de l’État Thomas Boni Yayi (2006-2016) a créé l’événement. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, l’ex-président de la République a annoncé qu’il exercera finalement son droit de siéger au sein de la nouvelle institution, alors qu’il s’y était auparavant opposé lors des débats ayant précédé la révision constitutionnelle. Ce revirement intervient dans un contexte marqué par la mise en place progressive des nouvelles institutions issues de la réforme constitutionnelle et relance les débats sur le rôle que jouera le Sénat dans la vie politique nationale.
Un changement de cap assumé
Dans son message adressé aux Béninois, Thomas Boni Yayi rappelle qu’au moment de l’introduction du projet de loi portant révision de la Constitution et créant le Sénat, il avait clairement exprimé son refus d’intégrer cette institution, en exposant publiquement les raisons de sa position. Mais, explique-t-il, le contexte politique a profondément évolué depuis l’adoption de la réforme. « La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts », écrit l’ancien président. Selon lui, la mise en place d’un Parlement monocolore et la réduction des espaces de concertation politique imposent une nouvelle réflexion sur le rôle que pourrait jouer le Sénat.
Faire du Sénat un espace de dialogue
Pour Thomas Boni Yayi, la nouvelle institution peut désormais constituer un cadre de dialogue politique susceptible de contribuer à l’apaisement du climat national. Il affirme partager les préoccupations des citoyens concernant la décrispation de la vie politique et réitère son attachement aux valeurs qu’il considère comme prioritaires : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la fin des situations qu’il qualifie de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement de l’unité nationale, la sécurité, la démocratie et la paix. L’ancien chef de l’État assure rester fidèle à ces principes qui, selon lui, ont toujours guidé son engagement politique.
« Je compte exercer mon droit de sénateur »
S’appuyant sur les dispositions de l’article 113-3 de la Constitution, Thomas Boni Yayi annonce qu’il exercera son droit de siéger au Sénat. « Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », précise-t-il, soulignant que cette démarche relève d’un droit constitutionnel attaché à son statut d’ancien président de la République. Il indique vouloir œuvrer, aux côtés des autres membres de la future chambre haute, afin que le Sénat devienne « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple ».
Une déclaration à forte portée politique
Cette prise de position intervient quelques heures avant la réunion préparatoire des futurs sénateurs convoquée par Nicéphore Dieudonné Soglo, doyen d’âge de l’institution. Elle intervient également alors que les spéculations se poursuivent autour de l’organisation du Sénat et du choix de son futur président, à quelques jours de son installation officielle prévue le 30 juillet au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. En choisissant finalement de siéger, Thomas Boni Yayi marque un tournant dans son approche de cette nouvelle institution. Son annonce pourrait influencer les équilibres au sein de la haute chambre et alimenter davantage les discussions sur le rôle que le Sénat est appelé à jouer dans le fonctionnement des institutions de la République. En conclusion de son message, l’ancien président a lancé un appel à l’unité et à la prière, invitant les Béninois à continuer d’œuvrer pour « la paix, la justice, la sécurité et la démocratie », avant de conclure par une bénédiction : « Dieu bénisse le Bénin ! »


Soyez le premier a laisser un commentaire