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CEDEAO : À Abuja, les femmes veulent franchir un nouveau cap dans le leadership politique

Photo : La Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, et les participantes, en famille à Abuja, ce jeudi 30 juillet


Le Forum de haut niveau sur le renforcement de la représentation des femmes dans le leadership politique en Afrique de l’Ouest s’achève ce vendredi 31 juillet, à Abuja, au Nigeria, après deux journées consacrées à un enjeu majeur de la gouvernance régionale. À l’initiative de la Commission de la CEDEAO, responsables politiques, parlementaires, institutions régionales, partenaires au développement et organisations de la société civile ont réfléchi aux moyens de transformer les engagements en actions concrètes pour une meilleure représentation des femmes dans les sphères de décision.

Une déclaration présidentielle qui veut changer la donne

Le Forum intervient quelques jours après l’adoption, à Freetown, en Sierra Leone, de la Déclaration présidentielle sur le renforcement de la représentation des femmes dans le leadership politique dans la région de la CEDEAO. Présentée comme l’un des héritages majeurs du cinquantenaire de l’organisation, cette déclaration entend ouvrir une nouvelle étape dans la construction d’une Communauté où le leadership politique reflète davantage la diversité, les talents et les aspirations des populations. Dans son discours, la Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, a souligné que les dirigeants régionaux avaient affirmé une vérité essentielle : la solidité des démocraties, la qualité de la gouvernance et l’avenir du développement dépendent de la pleine participation des femmes et des hommes à la conduite des affaires publiques.

18,5% de femmes seulement dans les Parlements ouest-africains

Le constat demeure préoccupant. Les femmes n’occupent actuellement que 18,5% des sièges parlementaires en Afrique de l’Ouest, un niveau qui reste inférieur aux moyennes continentale et mondiale évoquées lors du Forum. Cette sous-représentation contraste avec le poids réel des femmes dans la société. Elles représentent plus de la moitié de la population et jouent un rôle déterminant dans l’économie, la cohésion sociale, la construction de la paix, l’innovation et le développement des communautés. La CEDEAO entend donc agir sur les causes structurelles qui continuent de limiter leur accès aux responsabilités politiques.

Des réformes pour ouvrir davantage l’espace politique

La Déclaration présidentielle appelle les États membres à renforcer leurs cadres constitutionnels, juridiques et politiques afin de créer un environnement plus favorable à la participation et au leadership des femmes. Elle invite également les partis politiques à revoir leurs procédures de nomination et leurs mécanismes internes afin d’offrir aux femmes de véritables opportunités de candidature et d’accès aux responsabilités. Autre enjeu majeur : le financement politique. La Déclaration reconnaît l’accès aux ressources de campagne comme l’un des principaux obstacles à la participation des femmes et appelle à prendre des mesures spécifiques pour corriger cette situation.

L’Agenda 2035 comme feuille de route

Les travaux du Forum ont également porté sur l’accélération de la mise en œuvre de l’Agenda 2035 de la CEDEAO pour la parité entre les femmes et les hommes. Les participants ont exploré plusieurs pistes, allant des réformes législatives au renforcement des institutions, en passant par le mentorat, la formation, le développement des réseaux de soutien et la lutte contre les normes sociales restrictives. La Commission de la CEDEAO devrait jouer un rôle central dans ce processus à travers la coordination régionale, l’assistance technique, le partage des expériences et le suivi des progrès.

Un enjeu démocratique, mais aussi économique

À Abuja, le leadership féminin a été présenté non seulement comme une question d’équité politique, mais aussi comme un facteur de développement économique et social. Le discours de la Vice-Présidente de la Commission cite notamment le Fonds monétaire international, selon lequel la réduction des écarts entre les femmes et les hommes pourrait accroître la production économique de 10 à 35%, selon les pays. La Banque Mondiale estime, pour sa part, que les pays perdent environ 14% de leur richesse en capital humain lorsque les femmes ne peuvent participer pleinement à la vie économique et publique.

Vers des engagements traduits en actes

À l’issue des deux jours de discussions, l’attente est désormais tournée vers la mise en œuvre. La question centrale n’est plus seulement de reconnaître la nécessité d’une plus grande présence des femmes dans la gouvernance, mais de créer les mécanismes permettant de produire des résultats mesurables. À travers ce Forum, la CEDEAO ambitionne ainsi de consolider son rôle dans la promotion d’une gouvernance inclusive, d’institutions démocratiques plus solides et d’un développement durable. L’enjeu est de faire de la Déclaration présidentielle un véritable instrument de transformation de la vie politique ouest-africaine.

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