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Diaspora Connect 2026 : « Je ne vous demande pas de revenir vivre au Bénin », Serge Ekué révolutionne la vision de la diaspora

Photo : Le président de la BOAD, Serge Ekué, à Cotonou, ce jeudi 31 juillet (David Gnaha)


Et si le patriotisme économique ne dépendait plus du lieu où l’on vit ? C’est le changement de paradigme proposé par le président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Serge Ekué, à la 2ᵉ édition du Forum Diaspora Connect (FDC) 2026, ce vendredi 31 juillet, à Cotonou. Face aux talents béninois établis au pays comme à l’étranger, le dirigeant a refusé l’éternel appel au retour et lancé un message autrement plus ambitieux : rester connecté, engagé et contribuer au développement du Bénin où que l’on se trouve. « Je ne vous demande pas nécessairement de revenir vivre au Bénin. Nous sommes des citoyens du monde. Je vous demande de ne jamais cesser de construire le Bénin. », a-t-il martelé. Pour Serge Ekué, la diaspora ne doit plus être perçue comme une communauté expatriée nostalgique de son pays d’origine. Elle doit devenir une force d’interconnexion entre le Bénin et les grands centres de décision économique, scientifique et technologique du monde.

Des expatriés aux « interconnecteurs »

Le président de la BOAD préfère ainsi le terme d’ « interconnecteurs ». Des ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs ou dirigeants installés à Montréal, Paris, Londres ou ailleurs disposent de compétences, de réseaux, de références et de crédibilité internationale susceptibles de profiter directement à l’économie béninoise. « La distance n’est plus une frontière, elle est devenue un réseau. », a-t-il lancé. Investir, transmettre son expertise, ouvrir des marchés, créer des partenariats, accompagner des entrepreneurs, soutenir la recherche ou promouvoir l’excellence béninoise : autant de manières de participer à la construction du pays sans nécessairement y résider.

Le patriotisme économique change de définition

Pour Serge Ekué, cette nouvelle conception de la diaspora appelle également une redéfinition du patriotisme économique.

« Le patriotisme économique du XXIᵉ siècle ne se mesure plus au lieu où l’on réside. Il se mesure à l’impact que l’on choisit d’avoir sur son pays. »

Une formule qui résume l’ambition portée à Diaspora Connect 2026 : transformer une diaspora longtemps considérée sous l’angle des transferts financiers en une véritable force de compétences, d’innovation, de réseaux, de crédibilité et de transmission. Le Bénin n’a donc pas besoin de faire revenir tous ses talents. Il doit surtout créer les conditions pour qu’ils puissent contribuer à son développement, où qu’ils se trouvent.

« Ne cessez jamais de construire le Bénin »

En conclusion, Serge Ekué a lancé un appel direct aux participants : apprendre, entreprendre, créer, transmettre, inspirer, bâtir.

« Construisez-le par vos investissements, construisez-le par votre expertise, construisez-le par vos réseaux, construisez-le par votre influence (…) parce que vous êtes le Bénin. »

À Cotonou, le président de la BOAD a ainsi proposé une nouvelle doctrine de la diaspora : non pas le retour comme obligation, mais l’engagement comme devoir économique et citoyen.

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