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OOAS–CEDEAO : 30 ambulances médicalisées pour sauver des vies, Lomé transforme la solidarité régionale en actes

Photo : Le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, remettant symboliquement les clés au président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, représenté par le ministre de la Santé, Jean-Marie Ewonoulé Tessi, à Lomé, ce vendredi 14 août


De la salle de cérémonie au terrain, puis à la remise effective des clés : la CEDEAO a marqué, ce vendredi 14 août, à Lomé, une nouvelle étape dans le renforcement des systèmes de santé ouest-africains. Trente (30) ambulances médicalisées de type Land Cruiser 78 Séries, des équipements biomédicaux et des équipes déjà formées à leur utilisation : derrière cette opération, l’organisation régionale veut faire de la coopération sanitaire une réalité concrète pour les populations. Et le message lancé à Lomé est clair : en matière de santé et de vies humaines, les frontières et les considérations géopolitiques ne doivent pas être des barrières.

La cérémonie officielle de remise de ces 30 ambulances destinées aux États membres de la CEDEAO s’est déroulée en plusieurs temps au Garage Central de Lomé, sous le regard des autorités communautaires, togolaises, des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et des représentants des pays bénéficiaires. Le programme officiel prévoyait d’abord la cérémonie en salle, suivie d’une démonstration opérationnelle de la Croix-Rouge, de la coupure du ruban et de l’acte de donation, avant la photo officielle de groupe.

De simples véhicules ? Non, des moyens pour sauver des vies

Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire général du Ministère togolais de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Sanitaire Universelle, Kokou Hotogbé, a donné le ton. Pour le représentant du gouvernement togolais, le choix de Lomé constitue à la fois « un honneur » et « une responsabilité ». Car derrière les ambulances exposées, il y a des urgences bien réelles : une femme enceinte à évacuer, un accidenté à prendre en charge, un enfant ou une personne âgée à transporter rapidement vers une structure de soins. Autrement dit, la valeur de cette coopération ne devra pas se mesurer à la cérémonie, mais à son impact sur les patients.

Aïssi : « Aucune vie ne devrait être perdue faute de moyens adaptés »

Pour le Directeur général sortant de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, Dr Melchior Athanase Joël Codjovi Aïssi, cette remise traduit un « profond sentiment de devoir accompli ». Le responsable béninois de l’OOAS a placé l’opération sous le signe de l’urgence vitale. Sa conviction est sans détour :

« Aucune vie ne devrait être perdue faute de moyens de transport adaptés lorsque chaque minute compte. »

Les ambulances de type 3, entièrement équipées pour la prise en charge des urgences sanitaires, doivent renforcer les capacités d’intervention rapide, de secours d’urgence et de réanimation médicale. Mais le DG sortant ne s’est pas arrêté aux 30 véhicules. Il a annoncé d’autres chantiers régionaux, notamment le développement d’équipements de télémédecine permettant des analyses biomédicales, l’imagerie médicale et l’intervention à distance de spécialistes. Il a également évoqué d’autres appuis de l’OOAS aux États membres. La remise de Lomé s’inscrit donc dans une ambition plus large : construire progressivement une architecture sanitaire régionale capable de répondre plus vite et plus efficacement aux situations critiques.

Damtien Tchintchibidja : « La santé n’est pas seulement une question sectorielle »

Dans son allocution de circonstance, la Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Larbli Tchintchibidja, a élevé la cérémonie au rang de symbole de la Vision 2050. Pour elle, les 30 ambulances vont « bien au-delà de la simple livraison de matériel médical ». Elles incarnent une Afrique de l’Ouest plus solidaire, plus résiliente et mieux préparée face aux crises sanitaires. La Vice-présidente a surtout insisté sur une réalité :

« La santé n’est pas seulement une question sectorielle. »

Elle constitue, selon elle, un investissement stratégique dans le capital humain, la stabilité économique, la sécurité collective et l’avenir commun de la région. Elle a également rappelé les enseignements de la Covid-19, d’Ebola, des fièvres de Lassa, de la variole du singe, des crises humanitaires et des catastrophes naturelles : aucun État ne peut faire face seul aux grandes menaces sanitaires.

« Les premières minutes peuvent être déterminantes »

L’un des messages les plus forts de la Vice-présidente concerne le temps. Dans les accidents, les urgences obstétricales, les traumatismes graves, les catastrophes ou les épidémies, « les premières heures, voire même parfois les premières minutes, peuvent être déterminantes pour le sort du patient ». Les ambulances doivent donc contribuer à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services essentiels des populations, notamment dans les zones rurales et isolées. Mais Damtien Larbli Tchintchibidja a également prévenu : la véritable responsabilité commence après la remise. Utilisation efficace, entretien durable, intégration dans les systèmes nationaux d’urgence médicale et formation continue du personnel sont indispensables.

Omar Touray : « Une communauté qui agit, une communauté qui protège »

Le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, a, pour sa part, donné à l’opération une forte dimension politique. Dans son discours de donation, il a défendu l’image d’une CEDEAO capable de produire des résultats directement perceptibles par ses citoyens. « La CEDEAO est une communauté qui agit, une communauté qui protège. », a-t-il affirmé, avant de souhaiter que les ambulances deviennent « des instruments d’espoir, d’intervention rapide et de sauvetage des vies humaines dans toute notre région ». Une déclaration qui résume l’enjeu de cette opération : faire passer l’intégration régionale du discours aux actes.

La Croix-Rouge : des ambulances pour les plus vulnérables

Au nom du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Kossi Edjam a salué une dotation destinée à renforcer la chaîne de prise en charge préhospitalière. La Croix-Rouge togolaise avait déjà contribué, en juillet, à la formation des équipes ambulancières sur l’utilisation des ambulances BLS et des équipements médicaux embarqués. Sécurité, gestes de secours, stabilisation des patients, utilisation des équipements biomédicaux et maintenance de premier niveau figuraient notamment parmi les compétences travaillées. L’organisation s’est engagée à faire de l’ambulance qui lui est destinée un outil au service des communautés, particulièrement des personnes les plus vulnérables. Et dans une formule particulièrement forte, Kossi Edjam a souhaité que ces véhicules parcourent les rues « non comme des moyens de transport sanitaire, mais surtout comme des symboles d’espoir, de solidarité régionale et d’engagement collectif pour sauver des vies ».

Le ministre Tessi : le vrai test commence après Lomé

En clôture du premier moment, le ministre togolais de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Sanitaire Universelle, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, représentant le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a rappelé une évidence : une ambulance ne produit des résultats que si elle est effectivement utilisée, entretenue et intégrée au dispositif sanitaire. Le gouvernement togolais a ainsi insisté sur la nécessité d’une organisation efficace, d’un personnel préparé et d’un dispositif d’entretien permettant de préserver durablement les investissements. Le message est limpide : la cérémonie de Lomé n’est pas l’aboutissement du projet, mais le début de sa véritable épreuve sur le terrain.

Vincent Pitche, déjà au cœur du passage de témoin

Moment particulièrement symbolique : le Professeur Vincent Palokinam Pitché, Directeur général entrant de l’OOAS, était présent à Lomé. Il n’a pas pris la parole au cours de cette cérémonie, ce qui est cohérent avec le statut de la rencontre et le fait que son entrée officielle en fonction interviendra dans les prochaines semaines. Sa présence n’en demeure pas moins significative. Elle intervient au moment où le Dr Aïssi achève son mandat et où l’OOAS s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre sous la direction du Professeur Pitché.

Sur le terrain, la Croix-Rouge passe de la parole à l’acte

Après la cérémonie en salle, place au concret. Sur le terrain de football du Garage Central de Lomé, la Croix-Rouge a procédé à une démonstration de relevage et de brancardage d’un polytraumatisé. Cette séquence, prévue officiellement dans le programme, devait permettre d’illustrer les capacités opérationnelles des équipes appelées à utiliser ces moyens. Le scénario a ainsi donné un visage concret aux discours sur l’urgence : face à un patient gravement atteint, chaque geste, chaque minute et chaque équipement peuvent faire la différence. La délégation a ensuite procédé à la visite des équipements biomédicaux dans le magasin de l’établissement public, donnant une dimension supplémentaire à cette opération qui ne se limite pas aux seuls véhicules.

Le moment solennel : les clés passent de la CEDEAO aux États

Puis est venu le moment le plus symbolique de la cérémonie : la coupure du ruban et l’acte de donation. Le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray, a présenté symboliquement les clés et les a remises au président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, représenté par le ministre de la Santé. À son tour, le ministre a procédé à la remise officielle des clés aux points focaux des États membres bénéficiaires, en commençant par le Bénin, sous le regard notamment du Représentant Résident de la CEDEAO au Bénin, Amadou Diongue. Une séquence protocolaire, certes, mais surtout une matérialisation du passage d’une décision communautaire à une responsabilité nationale.

Même le Burkina Faso, le Mali et le Niger bénéficiaires

Autre élément hautement symbolique : le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont également reçu des ambulances dans le cadre du même projet, bien qu’ils ne soient plus membres de la CEDEAO depuis leur retrait et qu’ils soient désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette situation donne à l’opération une portée particulière. La santé n’a pas de frontières. La santé n’a pas de géopolitique. Face à une urgence médicale, le malade reste un malade, quelle que soit son appartenance institutionnelle ou régionale. La coopération sanitaire peut ainsi apparaître comme l’un des rares espaces où les considérations politiques et géopolitiques peuvent céder devant l’impératif de protection de la vie humaine.

Land Cruiser 78, BLS : des ambulances conçues pour l’urgence

Les véhicules remis ce vendredi sont des ambulances médicalisées Land Cruiser 78 Series. La cérémonie de Lomé intervient après une étape essentielle : la livraison des ambulances et la formation des équipes nationales à leur utilisation et à leur maintenance. L’objectif est clairement défini : renforcer les capacités nationales de prise en charge des urgences sanitaires et des situations de crise. Le programme officiel de la cérémonie confirmait d’ailleurs cette logique progressive : cérémonie officielle, démonstration opérationnelle, acte de donation et remise des ambulances.

De Lomé aux communautés : le vrai départ

Le dernier moment de cette journée a été consacré à la photo officielle de groupe, réunissant les autorités de la CEDEAO, du Togo, les responsables de l’UNOPS et les représentants des États bénéficiaires. Mais derrière cette image institutionnelle se profile désormais une autre réalité : celle des ambulances qui vont quitter Lomé pour rejoindre les différents pays et, surtout, les communautés. Au terme de cette cérémonie, le message de la CEDEAO est finalement simple : l’intégration régionale doit pouvoir se mesurer aussi à la capacité de sauver une vie à temps. À Lomé, 30 ambulances ont été remises. Désormais, leur véritable mission commence : parcourir les routes de l’Afrique de l’Ouest, franchir les derniers kilomètres et transformer la solidarité communautaire en secours concret au chevet des patients.

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