Photo : La Centrale solaire photovoltaïque de Blitta, dans la région Centrale du Togo
12 milliards FCFA. C’est la contribution de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) au financement de la centrale solaire photovoltaïque de Blitta, dans la région Centrale du Togo. Sur un coût total de 35,804 milliards FCFA, cet investissement participe à une transformation qui dépasse largement le seul secteur énergétique. À Blitta, l’électricité devient progressivement un levier de développement économique, social et territorial.
Un financement pour une infrastructure stratégique
Le financement de la BOAD s’inscrit dans la volonté de l’institution régionale de soutenir des investissements structurants capables d’améliorer durablement les conditions de vie et d’activité dans les territoires. Sous la présidence du béninois Serge Ekué, la Banque accorde une place importante aux infrastructures énergétiques, considérées comme indispensables à la transformation économique. La centrale solaire de Blitta illustre concrètement cette orientation. En améliorant la disponibilité de l’électricité dans la commune, elle contribue à sécuriser davantage l’activité des ménages, des entreprises, des artisans et des services sociaux.
« Avant », une électricité déficitaire
Le préfet de Blitta, Boukari Batossa, mesure le chemin parcouru. Avant la mise en service de la centrale, explique-t-il, l’électricité dans la ville et dans la préfecture était défaillante. Les délestages étaient fréquents et l’énergie disponible ne permettait pas de répondre convenablement aux besoins. « C’était carrément dérisoire. », résume-t-il. La centrale solaire a ainsi changé le paysage énergétique local. Et ce changement se manifeste désormais dans les comportements des populations.
Une centrale qui transforme le territoire
Pour le maire de Blitta, Professeur Essohanam Batchana, l’infrastructure a permis d’aller au-delà de la simple amélioration du service électrique. De nouvelles activités économiques se sont installées : tôleries, ateliers de ferraillage, poissonneries, boutiques. Cette dynamique témoigne de l’effet multiplicateur d’un investissement énergétique. L’électricité permet aux activités existantes de mieux fonctionner, mais elle rend également possible l’installation de nouvelles initiatives économiques. Sur le plan social, les conséquences sont également visibles dans les établissements scolaires. Le maire fait état d’une progression des taux de réussite et d’une baisse des abandons scolaires, en mettant notamment en avant l’amélioration des conditions d’étude à domicile.
Du financement à l’impact
L’intérêt de cette opération pour la BOAD réside donc dans sa capacité à générer plusieurs niveaux d’impact à partir d’une même infrastructure. Énergie, économie, éducation et développement local se retrouvent ainsi liés autour d’un même investissement. Mais Blitta nourrit déjà une nouvelle attente : étendre les bénéfices de cette disponibilité énergétique aux zones les plus éloignées de la commune et de la préfecture. « Nous espérons que dans un futur relativement proche, les autres milieux soient touchés, les hameaux les plus reculés soient touchés », souhaite le maire.
Serge Ekué et le pari des infrastructures à impact
À travers ces 12 milliards FCFA de financement, la BOAD entend contribuer à une logique de développement où les infrastructures servent de catalyseur à l’activité économique et au progrès social. L’expérience de Blitta illustre ainsi une conviction centrale du financement du développement : construire une infrastructure ne constitue que le début de la transformation. Son véritable succès se mesure ensuite à ce qu’elle permet de créer autour d’elle : des emplois, des entreprises, de meilleures conditions d’étude, des services plus accessibles et, à terme, un territoire plus dynamique. À Blitta, la centrale solaire semble déjà avoir enclenché cette dynamique.










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