Photo : Mobile money à Lomé, au Togo. Le développement des paiements numériques transforme progressivement les pratiques commerciales en Afrique de l’Ouest, au moment où la fintech cherche désormais à convertir l’adoption des services numériques en véritable création de valeur
Cotonou s’apprête à accueillir, les 26 et 27 novembre 2026, la huitième édition du Next Fintech Forum (NFF). Au-delà de la célébration des progrès de la finance numérique, le rendez-vous veut ouvrir une nouvelle séquence : celle où la fintech devra convertir l’adoption massive de ses solutions en croissance économique, en emplois et en financement des entreprises.
Pendant une décennie, la fintech a profondément bouleversé le paysage financier africain. Des millions d’utilisateurs ont adopté de nouveaux services, les paiements ont été transformés et l’accès aux services financiers s’est élargi à des populations longtemps éloignées du système bancaire traditionnel. Mais cette phase d’expansion pose désormais une question de fond : que produit réellement cette révolution numérique pour les économies africaines ? C’est précisément autour de cette interrogation que s’articulera la huitième édition du Next Fintech Forum (NFF), prévue à Cotonou, jeudi 26 et vendredi 27 novembre prochains. Placée sous le thème « De l’adoption à la valeur : industrialiser la Fintech pour accélérer la croissance », cette édition entend faire franchir au secteur une nouvelle étape.
Ne plus se contenter de multiplier les utilisateurs
Pour l’Alliance Fintech UEMOA, présidée par Alex Sea, organisatrice du Forum, le défi de 2026 n’est plus seulement celui de l’adoption des technologies financières. Il s’agit désormais de transformer cette adoption en création de valeur mesurable. Croissance économique, financement des entreprises, emplois, productivité et prospérité durable figurent ainsi au cœur de cette nouvelle ambition. Cette évolution traduit un changement de perspective. Après avoir contribué à rapprocher les services financiers des populations, la fintech est appelée à démontrer davantage son impact sur l’économie réelle. L’enjeu est donc de passer d’une logique essentiellement fondée sur la diffusion des solutions numériques à une approche davantage tournée vers leur capacité à produire des résultats économiques durables.
Le défi de l’industrialisation
Cette nouvelle étape suppose également de structurer davantage l’écosystème. Le NFF 2026 réunira à Cotonou décideurs publics, régulateurs, banques, fintechs, investisseurs et partenaires internationaux autour d’un agenda commun. L’objectif affiché est de faire du Forum non plus seulement un espace d’échanges, mais aussi un accélérateur de décisions et surtout d’actions. Cette orientation s’appuie notamment sur les recommandations formulées lors de l’édition 2025 à Dakar, au Sénégal, et sur les travaux engagés autour de la stratégie régionale de développement de la fintech. Le rendez-vous de Cotonou doit ainsi permettre de prolonger ces travaux et de les traduire en engagements concrets.
Régulateurs et secteur privé face à leurs responsabilités
La transformation de la fintech en véritable industrie ne concerne pas uniquement les entreprises technologiques. Elle implique également les pouvoirs publics et les régulateurs. Le communiqué parvenu à la rédaction differenceinfobenin.com et du quotidien « Différence Info » du Groupe de presse « DIFFÉRENCE », à Porto-Novo, annonce notamment une « Regulator Clinic », conçue comme un espace de rencontres privées entre régulateurs et acteurs du marché afin d’aborder des enjeux réglementaires et opérationnels concrets. Cette initiative illustre l’importance accordée au dialogue entre innovation et réglementation dans la prochaine phase de développement de la finance numérique.
La Déclaration de Cotonou en ligne de mire
L’un des principaux résultats attendus du Forum sera la « Déclaration de Cotonou ». Neuf engagements publics-privés doivent être formalisés à l’issue des travaux, avec des indicateurs de performance, des échéances et des responsables désignés. Cette démarche entend donner une dimension concrète aux échanges du Forum. Autrement dit, la capitale économique béninoise ne veut pas seulement accueillir un nouveau grand rendez-vous de la fintech africaine. Le Forum veut contribuer à faire émerger une feuille de route assortie d’engagements mesurables.
Une nouvelle question pour la fintech africaine
Après avoir réussi à convaincre des millions d’utilisateurs, la fintech africaine se trouve donc face à un nouveau défi : prouver sa capacité à transformer l’innovation numérique en richesse économique et en opportunités durables. C’est cette transition, de l’adoption vers la valeur, que le Next Fintech Forum 2026 entend placer au centre du débat. À Cotonou, les 26 et 27 novembre prochains, la question ne sera donc plus seulement de savoir jusqu’où la fintech peut se diffuser. Elle sera surtout de déterminer jusqu’où elle peut contribuer à transformer les économies de l’Afrique de l’Ouest.


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