Photo : La Directrice du BCEJ, Innocentia Apovo Monteiro, à Cotonou, jeudi 20 août
La lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) franchit un nouveau cap au Bénin. Du jeudi 20 au vendredi 21 août, l’École de Formation des Professions Judiciaires (EFPJ) a abrité un atelier d’immersion consacré aux Violences Basées sur le Genre, au profit des acteurs judiciaires et de la Société civile. Pendant deux jours, magistrats, Officiers de Police Judiciaire (OPJ), avocats, greffiers, acteurs de la protection sociale et représentants des Organisations de la Société Civile (OSC) ont croisé leurs expériences autour d’un enjeu majeur : rendre plus efficaces les mécanismes de coopération et d’entraide judiciaires dans la prise en charge des victimes et la poursuite des auteurs. Au cœur de cette rencontre, la présence de la Directrice du Bureau de la Coopération et de l’Entraide Judiciaires (BCEJ), Innocentia Apovo Monteiro, n’est pas passée inaperçue. Haute cadre de la Police Républicaine et juriste de formation, elle a notamment insisté sur la nécessité de ne laisser aucune possibilité aux auteurs ou complices de Violences Basées sur le Genre d’échapper à la justice, y compris lorsque les faits présentent une dimension transnationale.
« Plus aucun auteur de violence basée sur le genre n’échappera à la justice »
Dans une déclaration accordée à la rédaction de Différence Info, Innocentia Apovo Monteiro a livré un message particulièrement ferme. « Plus aucun auteur de violence basée sur le genre n’échappera à la justice. Où ils se trouvent, nous avons les mécanismes et nous sommes disposés à les déployer pour les traquer. », a-t-elle affirmé. À travers cette déclaration, la Directrice du BCEJ met en avant l’importance de la coopération et de l’entraide judiciaires lorsqu’un auteur présumé de VBG se trouve à l’étranger ou lorsque l’infraction implique plusieurs territoires. Pour elle, les frontières ne doivent pas devenir un obstacle à l’action de la justice. Cette détermination prend tout son sens au regard de l’évolution des formes de criminalité auxquelles sont confrontées les autorités. « Outre les violences domestiques, il existe beaucoup de cas de violences basées sur le genre qui sont liés à la criminalité transnationale, notamment la traite des personnes, le trafic des migrants, la criminalité maritime, le terrorisme, etc. », a-t-elle souligné.
Une approche transnationale des violences basées sur le genre
L’atelier a précisément permis aux différents participants d’approfondir les liens entre les VBG et certaines formes de criminalité organisée qui dépassent les frontières nationales. L’objectif général était de renforcer les capacités pratiques des acteurs sur l’approche genre dans les mécanismes de coopération et d’entraide judiciaires. Il s’agit notamment de parvenir à une meilleure prise en charge des victimes, tout en favorisant une répression plus efficace des violences basées sur le genre lorsqu’elles comportent une dimension transnationale. Cette approche suppose une meilleure connaissance des mécanismes permettant aux autorités judiciaires et policières de collaborer avec leurs homologues d’autres pays. Elle implique également une coordination accrue entre les différents acteurs nationaux intervenant dans la chaîne de protection et de justice.
Le ministère de la Justice appelle à une coopération sans frontières
Présent à cette rencontre, le Secrétaire général du Ministère de la Justice et de la Législation (SG MJL), Séïdou Boni Kpégounou, représentant le Garde des Sceaux, Me Yvon Détchénou, a également insisté sur la nécessité de croiser les efforts contre les VBG et ceux consacrés au renforcement de la coopération judiciaire. Selon lui, l’atelier est consacré au croisement de « deux impératifs majeurs de l’action judiciaire » : la lutte contre les violences basées sur le genre et le renforcement de la coopération et de l’entraide judiciaires. « La pertinence de cette rencontre tient à une réalité simple. Parce qu’une violence peut être domestique, mais elle peut également être criminelle, organisée, économique, numérique et transnationale, la coopération et l’entraide judiciaires s’avèrent incontournables. », a-t-il déclaré. Pour Séïdou Boni Kpégounou, l’enjeu est de faire en sorte que l’action de la justice ne s’arrête pas aux frontières. « La justice ne doit pas s’arrêter là où commence une frontière. », a-t-il martelé, appelant à faire de la coopération entre les États un véritable outil de prévention, de répression et de protection.
Expertise France accompagne le Bénin
La tenue de cet atelier bénéficie de l’accompagnement de partenaires engagés aux côtés du Bénin dans le renforcement de son système judiciaire. Parmi eux figure Expertise France, à travers le Projet d’appui à l’entraide judiciaire en matière pénale (BEPI). Ce soutien contribue à renforcer les compétences des acteurs et à favoriser une meilleure appropriation des outils de coopération judiciaire, particulièrement dans les dossiers complexes impliquant plusieurs juridictions. Au terme de ces deux jours d’échanges, une conviction se dégage : face aux violences basées sur le genre, la réponse judiciaire doit être à la fois plus spécialisée, plus coordonnée et capable de dépasser les frontières. Avec Innocentia Apovo Monteiro, le BCEJ entend ainsi jouer pleinement sa partition. Son message est sans ambiguïté : les auteurs et complices de VBG ne doivent plus pouvoir compter sur les frontières pour échapper à la justice.















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