Photo : Les Amazones U20 du Bénin
À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du Monde Féminine U-20 2026 en Pologne, le Bénin attire déjà l’attention de la FIFA. Dans un article publié sur son site officiel, l’instance mondiale pose ouvertement la question :
« Et si l’équipe surprise du Mondial féminin U-20 2026, c’était le Bénin ? »
Une considération qui en dit long sur l’intérêt suscité par les jeunes Amazones, dont la première participation ne passe visiblement pas inaperçue.
Quand la FIFA place le Bénin sous les projecteurs
Pour une sélection qui s’apprête à disputer sa toute première Coupe du Monde Féminine U-20, être présentée par la FIFA comme une potentielle équipe surprise constitue déjà un signal fort. Dans son article, l’instance mondiale du sport roi met en avant le parcours du Bénin, le travail réalisé depuis plusieurs années par le sélectionneur Ouzérou Abdoulaye et les qualités de plusieurs joueuses, notamment Germaine Honfo et Hermione Lokossou. La FIFA ne présente surtout pas les Amazones comme de simples novices venues découvrir le très haut niveau. Elle rappelle que leur présence en Pologne est le résultat d’un parcours construit et d’une qualification africaine particulièrement convaincante.
Une équipe qui ne sort pas de nulle part
Le sélectionneur béninois insiste d’ailleurs sur cette dimension dans son entretien avec la FIFA. L’équipe, explique-t-il, « n’existait pas il y a cinq ans ». Dès les premières sélections en 2021, Ouzérou Abdoulaye avait pourtant déjà une idée précise : construire sur la durée. Plutôt que de privilégier immédiatement des joueuses de 18 ou 19 ans, le technicien a choisi de miser sur des jeunes de 16 ans afin de disposer du temps nécessaire pour les former et les faire progresser ensemble. Cinq ans plus tard, le pari est devenu une réalité mondiale. Cette génération qu’il a accompagnée depuis ses débuts s’apprête désormais à représenter le Bénin dans une compétition à laquelle le pays n’avait encore jamais participé.
La qualification africaine qui interpelle
Si la FIFA s’intéresse autant au Bénin, ce n’est pas uniquement en raison de la nouveauté de sa présence. Les chiffres du parcours qualificatif parlent d’eux-mêmes. Pour décrocher son billet pour la Pologne, le Bénin a successivement éliminé la Guinée, l’Égypte et la Côte d’Ivoire, avec un bilan cumulé impressionnant de 19 buts inscrits contre seulement 6 encaissés sur l’ensemble des trois confrontations. Les Amazones ont remporté leur double confrontation contre la Guinée sur le score cumulé de 9-4, avant de dominer l’Égypte 5-0, puis la Côte d’Ivoire 5-2. Un parcours qui a forcément éveillé la curiosité au-delà des frontières béninoises.
« Nous pouvons accomplir de belles choses »
Hermione Lokossou
Dans les colonnes de la FIFA, la jeune milieu défensive Hermione Lokossou, 17 ans, ne cache pas les ambitions de cette génération. L’objectif premier est clair : faire connaître le Bénin sur la scène mondiale et inscrire le nom du pays dans l’histoire de la Coupe du Monde U-20. Le discours des joueuses rejoint ainsi celui de leur entraîneur. Il ne s’agit plus simplement de savourer la qualification. Les Amazones veulent désormais démontrer que leur présence en Pologne n’est pas le fruit d’un concours de circonstances.
« Beaucoup ont rigolé », se souvient Ouzérou
Le sélectionneur raconte même avoir été pris avec une certaine légèreté lorsqu’il évoquait publiquement, il y a quelques années, la possibilité d’emmener cette équipe en Coupe du Monde. « Beaucoup ont rigolé, mais je savais ce que je faisais. », raconte-t-il à la FIFA. Aujourd’hui, ses anciennes paroles prennent une autre dimension. Le projet annoncé en 2021 est devenu une qualification historique en 2026. Et le technicien ne veut surtout pas que cette réussite soit sans lendemain.
Pas un « one-shot »
C’est probablement l’un des passages les plus importants de l’entretien accordé à la FIFA. Ouzérou Abdoulaye refuse de considérer cette qualification comme un exploit isolé. Son ambition est de construire une véritable continuité et de permettre à d’autres générations béninoises de connaître, elles aussi, les émotions d’une Coupe du Monde. « Notre objectif, c’est de ne pas faire de cette qualification un « one-shot » », explique-t-il. Autrement dit, la Pologne ne doit pas être un aboutissement, mais le début d’une nouvelle histoire pour le football féminin béninois.
Le Mexique arrive samedi
Et cette histoire va désormais entrer dans sa phase la plus concrète. Après plusieurs semaines de préparation, les Amazones sont installées à Katowice et se préparent à leur premier match dans cette Coupe du Monde. Le rendez-vous est fixé à ce samedi 5 septembre, à 17 heures, à la Katowice Arena, face au Mexique. Puis viendront l’Argentine, le 8 septembre, et la Pologne, pays hôte, le 11 septembre. Trois rencontres pour une équipe qui découvre la scène mondiale, mais qui arrive avec une confiance nourrie par son parcours africain et ses dernières prestations de préparation.
De la surprise africaine à la surprise mondiale ?
C’est précisément là que réside toute la portée de l’article de la FIFA. En posant la question « Et si l’équipe surprise du Mondial féminin U-20 2026, c’était le Bénin ? », l’instance mondiale offre aux Amazones une forme de reconnaissance avant même leur premier match. Mais cette considération constitue aussi un défi. Les Béninoises ne sont plus totalement inconnues. Le Mexique, l’Argentine et la Pologne savent désormais qu’elles auront face à elles une équipe ambitieuse, travailleuse et capable de surprendre. La FIFA a lancé la question. Aux Amazones désormais d’apporter la réponse sur le terrain. Samedi, à Katowice, le rêve mondial deviendra réalité. Et peut-être que cette première aventure polonaise sera le début d’une histoire que personne n’avait encore osé imaginer.











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